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La circonscription de Taschereau, au cœur de Québec, sera chaudement disputée lors de la présente élection. Radio-Canada a rencontré quatre candidats en lice qui s'affrontent dans ce comté marqué par des profils socioéconomiques éclatés et séparés entre la Haute-Ville et la Basse-Ville de Québec.
Portrait de la circonscription de Taschereau
Population : 64 045
Nombre d'électeurs inscrits : 47 998
Âge moyen : 46,1 ans
Personnes vivant seules : 22 125
Nombre de familles (2 personnes minimum) : 13 935
- Couples sans enfant : 61,7 %
- Couples avec enfants : 23,1 %
Type de logement dominant : Appartement dans un immeuble de moins de cinq étages (65,7 %)
Revenu moyen : 47 720 $
Taux de chômage : 9,5 %
Langues parlées :
- Français (93,9 %)
- Langues non officielles (3,7 %)
- Anglais (2,4 %)
Sources : Élections Québec, d'après les données du recensement de 2021
J'habite en Haute-Ville, mais mon cœur est en Basse-Ville, lâche Christian Savard, candidat péquiste et ancien DG de l'organisme Vivre en ville.
Nommé après les désistements de Jeanne Robin et Vincent Marissal, Christian Savard se dit bien conscient des deux réalités qui cohabitent au centre-ville. Cette circonscription est d'ailleurs bien connue du PQ, puisque Agnès Maltais l'a occupée sans interruption pendant 20 ans, entre 1998 et 2018.

Le candidat péquiste Christian Savard fait campagne sur la rue Saint-Jean, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, à Québec.
Photo : Radio-Canada
L'équipe du candidat conservateur dans Taschereau, Eliot Estévez-Verville, a décliné nos demandes d'entrevue.
Sur le terrain, c'est la question du logement qui est sur toutes les lèvres. Et elle est plus vive dans le nord de la circonscription, en Basse-Ville, selon lui.
Ce n'est pas pour rien qu'on a décidé de mettre notre local électoral en Basse-Ville, ajoute le péquiste. Le prix des loyers a explosé. Tout le monde me parle de ça, constate Christian Savard, dont le parti doit dévoiler prochainement son plan en matière de logement.
Le profil du péquiste ressemble d'ailleurs à celui du député sortant, le solidaire Etienne Grandmont, aussi un ancien de Vivre en ville. La différence avec QS, c'est qu'un gouvernement du PQ va pouvoir mettre des choses en œuvre, pas seulement en parler, croit Christian Savard.

Le quartier Saint-Roch, dans la Basse-Ville de Québec (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Un 3e mandat solidaire?
Mais pour Etienne Grandmont, même si QS n'a jamais été porté au pouvoir au Québec, il est possible de tirer son épingle du jeu dans l'opposition. J'ai quatre ans d'expérience comme député, des commissions parlementaires avec le gouvernement. J'ai montré que j'étais capable de travailler de façon transpartisane et comme porte-voix pour la population, croit le député sortant, qui amorce sa deuxième campagne.

Etienne Grandmont avait gagmé avec près de 40 % des suffrages en 2022, loin devant le PQ et la CAQ. Il succédait à l'époque à la solidaire Catherine Dorion, élue en 2018. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Ce dernier avait gagné avec près de 40 % des suffrages en 2022, loin devant le PQ et la CAQ. Il succédait à l'époque à la solidaire Catherine Dorion, élue en 2018.
Tout comme son adversaire péquiste, Etienne Grandmont fait aussi campagne sur la priorité du logement. Le prix des maisons a doublé depuis huit ans [...], le prix des logements a augmenté de près de 70 % dans la grande région de Québec. Il faut y voir, croit-il.
Locataires
Sept habitants sur 10 sont locataires dans Taschereau, note pour sa part la candidate caquiste Brigitte Martin, qui se présente pour une première fois. Le coût des loyers, le prix des aliments, c'est la grande priorité de l'Équipe Christine Fréchette, lance celle qui a passé 22 ans à l'Université Laval et qui a mis en place de nombreux partenariats à l'international avant de devenir cheffe de cabinet pour l'opposition à l'hôtel de ville de Québec.

Brigitte Martin est la seule femme candidate dans la circonscription Taschereau.
Photo : Radio-Canada
Elle défend le bilan de son gouvernement, qui est parvenu à permettre la construction de beaucoup de logements, selon elle. Seule femme candidate dans la circonscription, Brigitte Martin l'habite depuis 24 ans. On est le microcosme, on est le reflet de la société québécoise, illustre-t-elle en parlant de la circonscription.
J'apporte beaucoup d'humilité en politique et ça, ça va être ma marque de commerce à moi.Je veux travailler avec tout le monde, ajoute la caquiste.
Itinérance
Le candidat libéral Farnell Morisset est aussi bien conscient de la diversité qui habite Taschereau. On a la rue des Braves, mais on a la rue Saint-Joseph, illustre-t-il. On peut presque s'imaginer que presque toute la société québécoise au complet se trouve un peu représentée dans Taschereau.

Farnell Morisset en est lui aussi à sa première élection. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Mais ce sont les plus démunis, particulièrement les personnes en situation d'itinérance, qui seront sa priorité. L'itinérance visible est en hausse à Québec, principalement au centre-ville.
La marginalisation de plus en plus de gens est le résultat de huit ans de décisions qui n'ont pas été dans l'intérêt de tout le monde, mais de certains groupes de personnes, ce qui a mené à une plus grande utilisation des banques alimentaires, l'explosion des loyers [...], la santé mentale. Trop de personnes se retrouvent dépourvues dans la rue ou ailleurs, insiste-t-il.

Une personne en situation d'itinérance se tient devant la façade de Lauberivière, un organisme qui accueille des dizaines de personnes dans le besoin. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Bien présent sur les réseaux sociaux, l'ingénieur et avocat de formation, diplômé de la London School of Economics, croit qu'il faut investir massivement dans le tissu social.
On a besoin de fermer l'entonnoir en haut, tous les problèmes qui mènent à la marginalisation et, après ça, il faut appuyer nos organismes communautaires qui sont stables, prévisibles, pour ceux qui, malheureusement tombés dans les mailleurs du filet, peuvent être rattrapés.
Autant les candidats de QS, de la CAQ et du PQ veulent aussi réinvestir dans les organismes communautaires.
Mobilité
Taschereau sera aussi au cœur de la construction du réseau de tramway. Le système de transport lourd circulera autant en Haute-Ville qu'en Basse-Ville.

La section du boulevard René-Lévesque près du Grand Théâtre de Québec sera inaccessible à partir du mois d'octobre pour les travaux du futur tramway de Québec. Ici, le boulevard vu à la fin août 2026
Photo : Radio-Canada / Claude Bellemare
Les nombreux allers-retours de la CAQ concernant le financement du projet ne seront pas un obstacle, croit la candidate du parti. Brigitte Martin note d'ailleurs que c'est Christine Fréchette qui a réglé le dossier avec Ottawa.
Je sais que, dans Taschereau, il y a eu beaucoup de controverse à cet effet-là, mais la majorité le veut, lâche la caquiste. Il faut qu'il s'insère pour le mieux, travailler avec les commerçants pour que ça se fasse dans le meilleur des mondes.Je veux être près d'eux, ajoute-t-elle.

Christine Fréchette a rencontré le maire Bruno Marchand lors d'une rencontre avec les élus de la Communauté métropolitaine de Québec.
Photo : Radio-Canada
De son côté, le solidaire Etienne Grandmont a multiplié les sorties en faveur du tramway lors des quatre dernières années. Le transport, c'est toujours un poste budgétaire important pour la population québécoise. On a toujours proposé davantage de transport en commun collectif et actif. Pendant les huit dernières années, il y a très peu de choses qui ont été faites, affirme-t-il. La CAQ a retardé le projet [de tramway], nous a fait perdre sept ans, critique-t-il.

La co-porte-parole de Québec solidaire Ruba Ghazal s'exprime sur le transport en commun lors d'une activité de campagne à Québec le 29 août. À sa droite, Etienne Grandmont et, à sa gauche, Sol Zanetti (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot
La mobilité c'est un incontournable, croit aussi le péquiste Christian Savard. On a vu les coupes faites par le dernier gouvernement pendant qu'il y a des défis de transport, avec les travaux du tramway, le RTC a moins de moyens pour livrer le service. [...] Ça va être une de mes priorités, prévient Christian Savard.

Christian Savard s'exprime sur la mobilité à Québec lors d'un point de presse alors qu'il occupait le poste de directeur général de Vivre en ville. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Olivier Lemieux
Les électeurs sont conviés aux urnes le 5 octobre.
Avec les informations de Marie-Pier Mercier


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