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Les conséquences des restructurations budgétaires de Rio Tinto IOC ne se limitent pas qu’aux travailleurs de la minière. Plusieurs entreprises sous-contractantes en subissent elles aussi les contrecoups. Certaines témoignent d'un léger ralentissement des commandes, et d'autres, plus affectées, d’une diminution très marquée des contrats.
Plus d'une trentaine de travailleurs sont à l’emploi de Normec industrie, une usine spécialisée dans la fabrication et la réparation industrielles, à Sept-Îles.
Le directeur d’usine, Jean-Philippe Dubois, explique que dans une année normale, il reçoit une à deux demandes de soumissions par mois de la part d’IOC. Or, la dernière remonte à avril.
Pour compenser ce ralentissement, la PME diversifie ses activités vers le secteur de l'or et vers d'autres régions, comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean ou l'Abitibi-Témiscamingue. On a besoin de développer notre marché, indique Jean-Philippe Dubois.

Dans une année normale, l'entreprise reçoit une à deux offres de contrat par mois de la part de Rio Tinto IOC. Ce n'est pas le cas cette année.
Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau
Mais les coûts de transport sont élevés, ce qui rend les entreprises septiliennes moins compétitives. Il faut être plus agressif sur nos prix, acheter les matériaux en gros pour faire des économies. Le coût de transport affecte grandement nos soumissions, on se fait battre par des gens plus proches des industries.
Le président d'une autre entreprise affectée, Techno-Soude, verra bientôt son dernier contrat avec IOC arriver à terme. André Charbonneau estime la baisse des contrats miniers de 20 à 30 %. On s’adapte, mais c’est difficile. On doit descendre nos marges de profit, se résigne-t-il.
Avant, on savait où on allait, mais après novembre, on n’a rien devant nous

Le président de Techno-Soude estime que d'autres compagnies minières ont elles aussi diminué leur nombre d'appels d'offres.
Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau
Jusqu'où ira Rio Tinto IOC?
La minière IOC confirme qu'elle réduit son recours aux entrepreneurs et aux services contractuels dans le cadre de sa restructuration financière. Récemment, elle a enregistré une baisse des ventes de minerai de fer de 33 % par rapport au même trimestre de l’année dernière.
C’est majeur, insiste le conseiller en gestion de patrimoine à la Financière Banque Nationale, Bastien Poirier, qui rappelle que Rio Tinto IOC a commencé sa restructuration il y a bientôt un an. Quand tu as une perte de revenu de 30 %, tu dois couper autant dans tes dépenses.

Rio Tinto IOC a enregistré une baisse des ventes de 33 % par rapport au même trimestre, l’année dernière. Elle évoque l'état de santé de la fosse et des actifs, et un coût élevé des matières premières. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau
La minière a aussi licencié des cadres, instauré un programme d’incitation à la retraite pour les syndiqués, et gelé les embauches. Des options qui pourraient éviter des mises à pied sont disponibles, fait valoir une porte-parole.
Les syndiqués sont épargnés pour l’instant, mais cela pourrait changer, pense Bastien Poirier, qui se demande quand s'arrêteront les restrictions budgétaires.
On ne connaît pas de façon détaillée leurs intentions, mais IOC semble avoir fait une grosse partie de l’exercice de restructuration. Pour rentabiliser les tâches et sauver des coûts, il trouve logique que la minière favorise sa propre main-d’œuvre.
C’est aux sous-traitants de prouver à IOC qu’ils sont capables d’être compétitifs et de présenter des coûts intéressants, recommande-t-il.

Bastien Poirier, conseiller principal en gestion de patrimoine à la financière Banque Nationale du Canada de Sept-Îles. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Il faut que les syndiqués et les sous-traitants travaillent ensemble pour faire passer les prochaines années. Il faut réussir à virer le bateau de bord, revenir à la rentabilité qu’il y avait il y a quelques années.
Le conseiller estime qu'il faudra de deux à trois ans pour que Rio Tinto IOC retrouve sa rentabilité et son volume de production habituel de 21 millions de tonnes par année.


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