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Une mère raconte le parcours de son fils qui a reçu l’aide médicale à mourir

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La mère d’un homme qui a reçu l’aide médicale à mourir (AMM) il y a quelques mois s’inquiète de la réforme de ce programme annoncée la semaine dernière par le gouvernement de Danielle Smith.

Judy McPherson est la mère de Brian McPherson. À la suite d’un accident de la route, son fils est devenu paraplégique à l’âge de 17 ans. Son handicap ne l’a toutefois pas arrêté : il est devenu para-athlète sur les équipes nationales de basket-ball en fauteuil roulant, en parahockey, et il a même été un pionnier de la discipline du parabobsleigh.

Rien ne pouvait l’arrêter, il aimait la vie, raconte sa mère.

Cependant, dans les dernières années, la condition de Brian McPherson s’est détériorée. Il a progressivement perdu l’usage de ses bras, usés par une vie passée à se déplacer en fauteuil roulant. À cela se sont ajoutés des problèmes urinaires, et des opérations à répétition.

Face à des souffrances qu’elle décrit comme insoutenables, au début de l’année 2025, le fils de Judy a demandé l’aide médicale à mourir. Il l’a reçue le 12 novembre.

« Il nous a dit : "Je ne sais pas combien de temps je vais encore pouvoir tenir" et il nous a avisé qu'il envisageait d’avoir recours à l'aide médicale à mourir [...] nous étions dévastés. »

Est-ce qu’il était mourant? Pas vraiment, mais il vivait dans une telle souffrance. Je ne souhaiterais même pas ça à mon pire ennemi, relate-t-elle.

J’attends encore ses appels … Il y a beaucoup de choses qui me manquent, mais la souffrance, elle, ne me manque pas.

Si la réforme avait été en place à ce moment, son fils n’aurait pas eu accès à l’AMM, parce que son décès n’était pas raisonnablement prévisible dans les 12 mois suivant sa demande.

Sur le sujet, Judy McPherson est catégorique : Le gouvernement ne devrait pas s’en mêler. Laissons les professionnels, les médecins et, surtout, laissons la personne décider de son sort.

Elle ne peut s'empêcher de penser que la fin de vie de son fils aurait sans doute pris une tournure différente s'il n'avait pas eu droit à l'aide médicale à mourir. « Il s'en serait probablement chargé lui-même », dit-elle avec émotion.

Besoin d'aide?

Si vous pensez au suicide ou vous inquiétez pour un proche, des intervenants sont disponibles en tout temps au 1 866 APPELLE (1 866 277-3553), par texto (535353) ou par clavardage à suicide.ca.

En Alberta, vous pouvez également appeler ou texter le 988 : cette ligne d'aide est ouverte 7 jours sur 7, jour et nuit.

Si vous ou un proche êtes en danger immédiat, composez le 911.

La photo d'un parahockeyeur.

Brian McPherson était un para-athlète accompli.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Ça va laisser beaucoup de gens dans une souffrance intolérable

Selon le gériatre Adrian Wagg, qui a procédé à des centaines d’évaluations de patients qui ont demandé l’aide médicale à mourir depuis sa légalisation en 2016, la réforme du gouvernement Smith est une mauvaise nouvelle pour l’autonomie des patients.

Ça va laisser beaucoup de gens dans une souffrance intolérable pendant plus longtemps, sans accès à l’aide médicale à mourir, explique le médecin qui est aussi professeur à l’Université de l’Alberta.

Il s’oppose notamment à l’abolition de l’AMM pour les gens dont la mort n’est pas raisonnablement prévisible, comme c’était le cas pour Brian McPherson.

Une grande partie de ces demandes [...] concernaient des maladies neurodégénératives chroniques, comme la SLA, la maladie de Parkinson avancée ou la sclérose en plaques, chez des personnes très handicapées qui, selon eux, n'ont aucune qualité de vie, et souffrent au quotidien.

Une personne dans son bureau.

Dans le cadre de sa pratique médicale, Adrian Wagg est un « évaluateur » indépendant pour des patients qui ont demandé l'aide médicale à mourir.

Photo : Radio-Canada

Adrian Wagg croit aussi que les nouvelles règles proposées par le gouvernement provincial sur la pratique médicale ajoutent une bureaucratie inutile au processus.

Par exemple, après la réforme, un médecin devra contacter tous les professionnels de la santé qui ont vu un patient dans les 12 mois précédents sa demande d’AMM.

Pour un adulte plus âgé qui n'a pas de médecin de famille, qui dépend des cliniques sans rendez-vous et qui a consulté plusieurs médecins dans les dernières années, une telle exigence serait irréaliste et excessivement contraignante.

Face aux critiques, le ministre de la Justice de l’Alberta, Mickey Amery, défend sa réforme : Nous savons que les gens ont des discussions très intimes et personnelles avec leurs médecins, mais l'aide médicale à mourir doit être une option de dernier recours.

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