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Le torchon brûle entre des membres de l’AAAPNB et le conseil d’administration de l’association.
Réuni en assemblée générale annuelle vendredi au Centre culturel Aberdeen à Moncton, le conseil d’administration a présenté un plan de restructuration aux quelque 80 membres qui ont assisté à la rencontre.
D’après le président de l’AAAPNB, Jean-Philippe Raîche, ce plan était nécessaire pour retrouver l’équilibre budgétaire. L’an dernier, l’organisme a présenté un déficit de plus de 125 000 $.
Pour assainir ses finances, l’AAAPNB a notamment remercié deux employés, soit la directrice générale adjointe et la responsable de la comptabilité.
La nouvelle directrice générale de l’organisme, Annik Landry, qui succède à Carmen Gibbs, touchera un salaire annuel de 40 000 $ de moins que sa prédécesseure.
Des membres « muselés »
Plusieurs des membres ont dit être étonnés d’apprendre les problèmes financiers de l’AAAPNB que lors de l'assemblée générale annuelle et auraient souhaité être mis au fait des difficultés avant la rencontre.

Isabelle Cyr s'est dite attristée du peu de reconnaissance accordé à Carmen Gibbs, l'ancienne directrice générale de l'AAAPNB, à la suite de son départ à la retraite. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
C'est notamment le cas d'Isabelle Cyr, celle qui a assuré la direction artistique des Éloizes cette année.
J’avais demandé que le projet des états financiers nous soit envoyé 24 h avant, ce qui a toujours été la coutume pour l’association, et ça m’a été refusé, a-t-elle déploré au micro de Radio-Canada, ajoutant que la rencontre de vendredi avait été chaotique.
L’ancien président de l'association, Philippe Beaulieu, a lui aussi dit regretter le peu d’information qui a été partagé lors de cette rencontre bizarre.

Philippe Beaulieu, ancien président de l'Association acadienne des artistes professionnels du Nouveau-Brunswick. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Selon lui, trop de propositions et de questions soulevées lors l’AGA ont été jugées irrecevables en raison d'une trop grande rigidité des règles procédurales du Code Morin.
En bout de ligne, c’est que les membres sont muselés.
Isabelle Cyr dit elle aussi avoir eu le sentiment d’avoir été réduite au silence.
Je croyais que j’avais le droit de m’exprimer à titre de membre et à titre évidemment de directrice artistique et productrice de l’équipe pour les Éloizes, mais clairement, je n’avais pas le droit.
Mathieu Chouinard dit pour sa part avoir été troublé par le ton de la rencontre.
Je suis un peu inquiet pour l’avenir de notre association. C’était une assemblée un peu déstabilisante, on sent peu de transparence, on sent de l’arrogance, déplore l’homme de théâtre.
Les circonstances entourant le départ à la retraite de l’ancienne directrice générale, Carmen Gibbs, ont aussi fait sourciller.

Des questions ont été soulevées entourant le départ à la retraite de l'ancienne directrice générale de l'AAAPNB, Carmen Gibbs, qui a été à la barre de l'organisme pendant 25 ans. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alain Arseneau
Philippe Beaulieu se demande par exemple pourquoi elle n’a pas été remerciée pour toutes les années qu’elle a porté l’AAANB.
Comment ça se fait qu’elle n'était pas au générique ou dans le programme [des Éloizes]? C’est quoi cette histoire-là? On ne traite pas les gens comme ça, surtout après 25 ans de dévouement. Bon, là, on va lui faire un cadeau, mais il a fallu le proposer [en AGA], le président n’y a pas pensé et le conseil non plus. C’est un peu blessant et je suis déçu de la tournure des choses, a-t-il dit, visiblement ému.
Isabelle Cyr ajoute qu’il y a clairement un truc qui s’est passé et déplore le silence de conseil d'administration.
Le président se fait rassurant
Invité à commenter la réunion houleuse de vendredi, le président de l’AAAPNB ne s’est pas formalisé du ton des échanges, puisqu’il est normal que, dans des périodes de transition, après une direction générale qui a été là pendant 25 ans, il y ait des inquiétudes et des préoccupations.
On va continuer à être à l’écoute, le but dans les prochaines semaines et dans les prochains mois c’est d’arriver à la stabilité financière, parce que, sans stabilité financière, il n’y aura plus d’Association acadienne des artistes professionnels du Nouveau-Brunswick, a dit Jean-Philippe Raîche. Pendant ce temps-là, on va continuer à rester à l’écoute de nos membres parce que c’est notre mandat.
C’est une réunion où les membres ont fait part de leurs inquiétudes et de leurs préoccupations et on a répondu, avec les états financiers vérifiés, avec le plan de restructuration, pour leur dire d’où on arrivait, c’est-à-dire un déficit, et où on s’en allait, une stabilisation financière.
En ce qui a trait à la frustration de ceux qui ont l’impression d’avoir été muselés en raison d’une trop grande rigidité des règles de procédure, l’AAAPNB dit avoir respecté ses obligations, mais promet un accompagnement pour aider ses membres à naviguer le Code Morin.
Les gens ont pu s’exprimer en fonction des paramètres de la loi, les statuts et règlements du Code Morin, a-t-il déclaré. Une membre a proposé qu’on fasse une formation sur le Code Morin pour que les membres puissent comprendre comment on gère une réunion d’affaires d’assemblée générale et je trouve que c’est une excellente idée parce que c’est une lacune dans notre association. Les gens ne comprennent pas nécessairement le fonctionnement de la loi, de nos statuts, du Code Morin et il va falloir qu’on fasse un travail là-dessus.
D'après les informations de Rachel Gauvin


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