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FIGAROVOX/TRIBUNE - Un texte visant à renforcer le rôle de la police municipale en matière de sécurité et un autre visant à s’opposer aux mises en cause de l’ordre public, sont actuellement étudiés par le Parlement. Ces deux initiatives vont dans le bon sens, argumentent 15 maires, à condition de faire davantage confiance aux édiles dans ce domaine.
Nous sommes des élus du quotidien. Nous sommes maires ou maires-adjoints. Les Français ont choisi de nous faire confiance il y a quelques semaines. La sécurité, ou tranquillité publique, est un axe fort de notre projet de territoire. Elle affecte le quotidien des habitants de nos communes ; elle affecte directement le bien-vivre ensemble.
Marchés parallèles, trafics et points de deal s’installent au cœur de nos villes. Ils permettent à des réseaux criminels de prospérer et de s’assurer une emprise sur ce qu’ils estiment être leur territoire. Vente de drogue bien sûr, mais aussi de produits de contrefaçon comme les médicaments ou les cigarettes, de protoxyde d’azote ou de mortiers d’artifice, etc., toutes les communes et intercommunalités sont touchées. Des plus grandes aux plus petites, qui jusqu’à maintenant étaient assez épargnées.
Et les Français ne s’y trompent pas... Le sondage Odoxa/Verisure/Le Figaro publié le 3 mars 2026 indique que la sécurité est de loin l’enjeu qui comptera le plus aux municipales, à 52 % (+14 points par rapport à 2020).
Deux projets de loi sont en cours d’étude au Parlement. L’un sur la police municipale, pour renforcer son rôle face aux problèmes de sécurité du quotidien. L’autre pour répondre plus fermement aux troubles qui perturbent la vie de nos villes en renforçant les outils donnés aux forces de sécurité et à la justice.
Deux initiatives que nous saluons. Mais il faut aller plus loin, plus vite, et faire confiance aux maires ! Les maires gèrent le « dernier kilomètre » de la sécurité. Mais vient la question des moyens. Les moyens financiers d’abord. Nous supportons seuls, la plupart du temps, une part croissante des coûts liés à cette insécurité du quotidien. L’État doit en être conscient lorsqu’il réduit régulièrement nos dotations de fonctionnement.
Le maire, élu au suffrage universel, doit des résultats aux habitants.
Les moyens d’agir avec efficacité ensuite. Dans nos communes, nous travaillons en bonne intelligence avec tous les acteurs au travers du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance. Le préfet, les services de police, les douanes, la justice, sont garants de l’autorité de l’État. Et le maire, élu au suffrage universel, doit des résultats aux habitants.
Mais le maire est encore le parent pauvre de la sécurité, alors qu’il pourrait être un acteur plus fortement engagé, en lien étroit avec son plan de mandat. Le maire, par exemple, devrait disposer de pouvoirs de police accrus, en coordination étroite avec le préfet et le procureur de la République, pour mieux traiter la gestion quotidienne de la petite délinquance qui perturbe la vie des habitants. La police nationale et la gendarmerie pourraient ainsi se concentrer sur le démantèlement des réseaux.
Le maire devrait disposer de pouvoirs renforcés pour mieux encadrer les baux commerciaux et fermer administrativement les commerces qui vendent illégalement des produits de contrebande, du protoxyde d’azote, des puffs ou des mortiers d’artillerie, qui blanchissent de la drogue ou y organisent des trafics. La police municipale devrait pouvoir, en lien étroit avec les services de l’État, disposer d’officiers de police judiciaire en son sein.
Les maires, et la police municipale, devraient pouvoir constater l’infraction d’achat et verbaliser, vendeurs et acheteurs de produits du trafic, avec une amende forfaitaire délictuelle. Ils devraient pouvoir faire saisir et détruire, si nécessaire, les marchandises sans dépendre de la police nationale, trop souvent débordée.
Le maire devrait pouvoir disposer du droit d’utiliser des dispositifs de surveillance comme les drones, les recherches par occurrences algorithmiques, ainsi que la vidéo-verbalisation. Le Beauvau de la Police municipale a permis une large écoute des maires. Il faut que cette initiative de terrain ne reste pas au rang de belle intention.
les 15 signataires :
Frédéric Aguilera, maire de Vichy (Les Républicains)
Sébastien Cote, 1er adjoint en charge de la sécurité de Montpellier (Parti socialiste)
Julien Bony, maire de Clermont-Ferrand (Les Républicains)
Jérémie Bréaud, maire de Bron (Les Républicains)
Patrick Casagrande, maire d’Aurillac (divers droite)
Alain Chrétien, maire de Vesoul (sans étiquette)
Benoit Faivre, maire de Moulins, divers droite
Camille Galtier, maire de Manosque, divers droite
François Grosdidier, maire de Metz
Gérald Gordat, maire-adjoint de Charolles
Guillaume Guérin, maire de Limoges (Les Républicains)
Franck Louvrier, maire de La Baule (Les Républicains)
Bertrand Malquier, maire de Narbonne (sans étiquette)
Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse (sans étiquette)
Renaud Pfeffer, maire de Mornant (Les Républicains)


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