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Les fortes chutes de neige présagent un bon début de saison pour les agriculteurs

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En Alberta, la quantité importante de neige tombée cet hiver sera bénéfique pour le début de la saison agricole, permettant globalement un bon niveau d'humidité des sols. Le niveau de précipitations du printemps et du début de l'été reste tout de même déterminant pour la santé des cultures.

La majeure partie de la région des Prairies a enregistré des précipitations proches ou supérieures à la normale en mars, une grande partie de la région ayant reçu entre 85 % et 150 % des précipitations habituelles, selon l’Outil de surveillance des sécheresses au Canada, dans son dernier rapport datant du 31 mars.

Ce niveau élevé de précipitations a ainsi permis une amélioration à court terme de l'humidité dans certaines régions de l'Alberta explique le rapport.

Les experts constatent aussi que les chutes de neige sur les bassins versants ont pu largement approvisionner les réservoirs et cours d’eau, ce qui sera utile pour les fermiers qui pratiquent l’irrigation, particulièrement dans le sud de la province.

Un bon niveau d’humidité pour les semis

François Côté est fermier dans la région de Rivière-la-paix. Il estime que le niveau d’humidité des sols est plutôt normal à cette période de l’année dans la région, mais tranche avec celui des dernières années.

Les derniers cinq ans, on était dans le champ vraiment de bonne heure. Mais c'était plus sec aussi. Là, on va avoir de la bonne humidité pour commencer les semences, se réjouit-il.

Plus au sud, le laboratoire associatif CARA (Chinook Applied Research Association) situé à Oyen, près de la frontière avec la Saskatchewan, constate aussi que les nombreux épisodes neigeux auront certainement amélioré l’humidité du sol, mais il est encore trop tôt pour mesurer le niveau des réserves en profondeur.

Je pense que les puits peu profonds et les nappes phréatiques situées juste sous la surface devraient avoir augmenté, affirme Dianne Westerlund, agronome et responsable du laboratoire.

Si cet hiver était particulièrement neigeux en Alberta, le niveau d’humidité des sols varie selon les secteurs.

Des conditions de sécheresse persistent dans certaines parties du centre, notamment autour de Red Deer, ainsi que dans les zones situées au sud de l'autoroute n° 1, en particulier autour de Brooks et de Medicine Hat, souligne Trevor Hadwen, spécialiste en agroclimatologie à Agriculture et Agroalimentaire Canada.

Il ajoute que le sud de la province a connu d’importantes fluctuations de températures, et que les épisodes neigeux ont été suivis de périodes de redoux.

L'humidité qui s'est déposée a rapidement été éliminée par des températures supérieures à la normale, l'évaporation et la sublimation, déclare-t-il.

Trevor Hadwen

Trevor Hadwen étudie les données hydriques et climatiques dans les Prairies à Agriculture et Agroalimentaire Canada. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Will Draper

Pour François Côté, il faut déjà se satisfaire de ce qu’a pu prendre le sol :ça va beaucoup nous aider à mesure que les sécheresses de l'été vont venir, soutient-il.

L’hiver n’est pas la meilleure saison pour capter l’eau

Dans son dernier point sur la situation hydrique agricole, le 27 mars dernier, la province rappelle que l'hiver est généralement une période sèche en Alberta, et même des précipitations supérieures à la moyenne pendant ces mois compensent rarement les déficits hydriques cumulés.

Elle ajoute que 50 % des précipitations annuelles tombent aux mois de mai, juin et juillet. Cette période est donc cruciale pour les agriculteurs.

L'année passée, la première pluie a été très tardive, donc on va espérer cette année que ce soit un petit peu plus normal, raconte François Côté.

Il espère une bonne petite pluie là à mi-juin.

Je pense qu'on a assez d'humidité pour garder les plantes en vie jusque-là. Mais c'est sûr que ça va prendre de l'humidité au courant de l'été.

AAC prévoit d’ailleurs un été plus chaud et plus sec que la normale.

Enfin, au-delà du niveau de précipitation, les techniques culturales sont un facteur important pouvant influencer le niveau d’humidité des sols.

Lorsqu'un sol présente une bonne agrégation, il retient et absorbe mieux l'eau que s'il est fortement compacté ou s'il comporte des couches argileuses, explique Dianne Westerlund.

Elle conseille ainsi aux agriculteurs de laisser une végétation de surface, avec une variété de structures racinaires pour décompacter le sol, et d’éviter le surpâturage pour favoriser l’infiltration de l’eau et préserver au maximum l’humidité.

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