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« La vitesse tue » : la mairesse de Toronto exige le retour des radars photo

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Un rapport qualifié d’« effrayant » par la mairesse Olivia Chow et publié par les services de transport de Toronto révèle une explosion des excès de vitesse là où les radars photo ont été retirés. Un constat alarmant qui relance le débat sur la sécurité routière dans la métropole.

Les données parlent d’elles-mêmes : une fois les radars retirés, la proportion de conducteurs en grand excès de vitesse — roulant à au moins 11 km/h au-dessus de la limite — a quadruplé, bondissant d’une moyenne de 2 % à 8,1 % dans les secteurs autrefois couverts par les radars automatiques.

Les données analysées couvrent la période allant de l’automne dernier au printemps 2026, mesurant l’impact direct du retrait des radars photo par le gouvernement du premier ministre Doug Ford en novembre 2025.

Le premier ministre provincial avait alors justifié cette décision par des coûts jugés excessifs, mais le calendrier s’était accéléré après le vandalisme de 16 appareils en une seule nuit. Une décision politique controversée, prise, à l’époque, contre l’avis des municipalités, des experts et des forces de l’ordre qui défendaient l’efficacité du dispositif.

Un ouvrier répare un radar photo qui a été décapité.

2:00

Le radar photo en bordure du parc Dufferin Grove est un de ceux qui ont été vandalisés.

Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell

Pour dresser ce bilan qui a été présenté ce mercredi au conseil municipal, les services techniques de la ville ont passé au crible 104 anciens sites de contrôle. L’analyse cible des zones autrefois limitées à 30, 40 et 50 km/h. Si la tendance globale est à la hausse, le rapport nuance toutefois que l’impact du retrait des radars varie considérablement d’un quartier à l’autre.

 Je l’ai dit à maintes reprises : la vitesse tue, a insisté Mme Chow auprès des journalistes avant la réunion du conseil municipal de mercredi.

 Il faut remettre en service les radars de vitesse ; c’est inadmissible, nous disposons maintenant de données.

Les deux pires augmentations en pourcentage concernent les automobilistes roulant à 16 km/h au-dessus de la limite, dans les zones à 30 km/h et celles à 50 km/h.

Dans les zones à 30 km/h, le pourcentage des conducteurs en excès de vitesse est passé de 1,4 % lorsque les radars étaient en service à 7,2 % après leur retrait. Dans les zones à 50 km/h, ce pourcentage est passé de 0,5 % à 2,9 %.

Avant l’entrée en vigueur de la loi provinciale, Toronto comptait 150 radars automatiques et prévoyait d’en installer davantage, notamment près des écoles et dans d’autres zones critiques pour la sécurité des piétons.

Le ministre juge les ralentisseurs plus efficaces

Du côté du gouvernement Ford, on suggère qu’une meilleure solution serait d’aménager des infrastructures, telles que des ralentisseurs, des ronds-points, des passages piétons surélevés et des élargissements de trottoirs.

Prabmeet Singh Sarkaria s’exprime lors d’une conférence de presse à Queen’s Park, à Toronto, le lundi 20 octobre 2025.

Le ministre des Transports de l’Ontario, Prabmeet Singh Sarkaria, croit que l’aménager des infrastructures est une meilleure solution pour réduire la vitesse que les radars photo. (Photo d’archives)

Photo : La Presse canadienne / Laura Proctor

Cependant, un rapport municipal publié en février indiquait qu’il faudrait 13 ans et 52 millions de dollars à la Ville pour installer de telles infrastructures sur les routes situées dans les zones scolaires.

Le ministre des Transports, Prabmeet Sarkaria, a réagi au rapport municipal lors d’une conférence de presse de mercredi matin, où il a annoncé que l’Ontario relevait la limite de vitesse sur certaines autoroutes. M. Sarkaria a réitéré le message de son gouvernement concernant les infrastructures.

 À tous les coups, si vous avez un ralentisseur, vous ne pourrez pas rouler vite. 

Le rapport municipal de février soulignait également que 244 kilomètres de routes principales traversent les zones scolaires de Toronto, des axes où les ralentisseurs ne seraient pas adaptés en raison de la vitesse de circulation.

Une augmentation prédite des chercheurs

Au cœur des tensions qui ont marqué l’année 2025, les partisans des radars photo s’appuyaient sur une étude de l’hôpital SickKids de Toronto publiée en juillet 2025. Ces travaux pédiatriques démontraient que la seule présence des radars photo avait permis de faire chuter de 45 % le nombre de véhicules en excès de vitesse aux abords des écoles en zone urbaine.

Alison Macpherson, professeure à l’École de kinésiologie et des sciences de la santé de l’Université York, avait participé à l’étude. Elle indique que les données de la ville sont cohérentes.

C’est plutôt décevant, en fait, mais pas surprenant. 

Mme Macpherson a expliqué que l’excès de vitesse allonge non seulement la distance de freinage, mais augmente également la gravité de l’impact en cas de collision.

Le rapport de la Ville indique qu’une personne heurtée par une voiture roulant à 40 km/h a 70 % de chances de survivre, contre seulement 5 % pour une personne heurtée par une voiture roulant à 60 km/h.

 C’est l’une des raisons pour lesquelles nous accordons autant d’importance à la vitesse : elle est associée à la fois à un plus grand nombre d’accidents et à des conséquences plus graves, conclut Mme Macpherson.

Avec l’information de Lane Harrison, CBC News

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