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Des relations de plus en plus tendues entre enseignants et parents d’élèves

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Des enseignants de l’Alberta témoignent de relations tendues avec les parents d’élèves. Selon une enquête de CBC menée auprès du personnel scolaire, la méfiance et l’hostilité des parents sont devenues des préoccupations croissantes ces dernières années.

Plus de 6000 personnes ont répondu à un questionnaire en ligne en janvier dernier. De nombreux commentaires mentionnent une détérioration des relations avec les parents d’élèves.

Dans certains établissements, les enseignants ne rencontrent presque plus les parents en tête à tête, pour éviter un affrontement.

De l’autre côté, certains parents se sentent de plus en plus éloignés du système éducatif.

Un contexte particulier dans la province

Parmi les répondants, un directeur d’établissement a indiqué ne plus vivre dans la petite ville où il travaille à force d’être constamment interpellé à l’épicerie. Il affirme que, depuis la grève des enseignants de la province, en octobre dernier, les membres du personnel scolaire sont traités de baby-sitters surpayés lorsqu’il assure la surveillance des autobus.

D’autres témoignages évoquent aussi le climat politique en Alberta : les discours de certains politiciens, le manque de respect envers les enseignants qui a précédé la grève, ainsi que les influenceurs sur les réseaux sociaux qui attisent la haine.

Une enseignante a déclaré qu'elle craignait d'être jugée comme une personne horrible si elle exprimait son opinion à l'école. Plusieurs ont affirmé que les enseignants devaient s'abstenir de toute discussion sur l'identité de genre ou l'orientation sexuelle, une situation qu'ils qualifient de woke.

Le woke n’a pas sa place dans nos salles de classe. Cela rebute les parents et c’est là qu’ils perdent le respect qu’ils ont pour les enseignants, a écrit une assistante pédagogique du centre de l’Alberta.

Les réponses mentionnent également la question du financement et de la complexité des classes. Le financement par élève est en baisse depuis 2015 en Alberta.

Quand on nous demande ce qui nous aiderait, eh bien!, ce serait davantage d’enseignants, a répondu le directeur d’établissement cité plus haut.

Méthodologie :

En janvier 2026, CBC News a envoyé un questionnaire par courriel à quelque 23 000 enseignants et membres du personnel scolaire albertain dont les adresse égaient disponibles publiquement. Plus de 6000 personnes ont répondu à l'appel. Ce genre d'échantillonnage non probabiliste ne permet pas d'établir une marge d'erreur.

Un problème systémique

Brian Dijkema, président de l’Institut Cardus, un groupe de réflexion en Ontario, dit que la méfiance des parents à l’égard du système éducatif a des causes antérieures et plus vastes.

Il évoque un système de plus en plus bureaucratique et une professionnalisation de l’enseignement qui exclut les parents.

Dans le domaine de l’éducation, ce qui s’est développé, c’est une forteresse composée des écoles normales, des syndicats d’enseignants, du ministère de l’Éducation et des grands conseils scolaires publics, et au fil du temps, les parents se sont de plus en plus retrouvés hors des murs de cette forteresse, affirme-t-il.

Quant au fait que les enseignants ne choisissent plus de vivre ou ne se sentent plus à l’aise dans la ville où ils enseignent, c’est un signal d’alarme majeur qui indique que le problème est réel, selon lui.

Le personnel scolaire constate aussi une dégradation des relations avec les parents depuis la pandémie de COVID-19.

Nous avons constaté des situations de déconnexion, et cela dure depuis la COVID. Nous avons également connu une année scolaire très difficile, explique Nancy Close, membre du conseil d'administration des écoles publiques à Calgary.

Elle précise que le conseil d'administration réfléchit à la manière de mieux communiquer non seulement avec les parents, mais aussi avec l'ensemble de la communauté, pour plus de transparence.

Même constat du côté d’une directrice adjointe du centre de l’Alberta qui a répondu au questionnaire de CBC. Elle explique qu’avant la pandémie une dispute violente pouvait survenir une fois par an. Aujourd’hui, cela arrive cinq à dix fois par an.

Elle déplore aussi un manque de reconnaissance et de respect vis-à-vis de la profession.

J'ai le sentiment de savoir ce que je fais et je pense que mon avis devrait être pris en compte. Je déteste utiliser le mot "experte", mais j'ai suivi une formation et j'ai beaucoup d'expérience. Mais les parents ne nous font pas confiance pour prendre les meilleures décisions éducatives pour leurs enfants, conclut-elle.

D'après un texte (nouvelle fenêtre) d'Elise Stolte

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