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L’organisme torontois le 519, dédié à la santé, au bien-être et à la pleine participation des personnes 2SLGBTQ+ célèbre cette année ses 50 ans d’existence, un moment pour l’organisation de souligner le passé et d’entrevoir le futur.
Ces anniversaires sont des moments importants qui nous permettent de réfléchir à notre histoire commune, mais nous ne devons pas nous arrêter au passé , rappelle d’ailleurs Tom Spence, président du conseil d’administration du 519, alors que l’organisme recevait mardi les élus, membres et sympathisants afin de dévoiler une plaque soulignant ses cinq décennies.
Le 519 fait partie intégrante de l’histoire de Toronto. C’est un véritable carrefour communautaire qui a transformé notre pays et notre ville en mieux. Il a assurément changé ma vie, avoue d’entrée de jeu la mairesse de Toronto, Olivia Chow, présente au dévoilement.
À l’été 1985, Kenneth Zeller, un enseignant et bibliothécaire de 40 ans, a sauvagement été battu à mort par un groupe d’adolescents sous l’emprise de l’alcool qui s’était rendu à High Park dans le but précis d’agresser un homme homosexuel.
L’événement fut l’élément déclencheur de l’engagement politique de Mme Chow, élue conseillère au Conseil scolaire du district de Toronto à la fin de la même année. Grâce au 519, elle avait alors pu rencontrer de jeunes homosexuels et discuter avec eux.

La nouvelle plaque remplacera celle en place depuis 40 ans sur la bâtisse du 519 et qui commémorait l’annexe du Granite Club, la première utilisation du bâtiment.
Photo : Radio-Canada
Ils ont parlé de ce qu’ils avaient vécu à l’adolescence, à l’école. Leurs témoignages étaient terribles. Ils étaient harcelés, agressés, tabassés, se souvient-elle. Ils m’ont ensuite emmené visiter d’autres écoles du système scolaire de Toronto. J’ai recueilli les témoignages de ces jeunes sur leur vie scolaire, et c’est ainsi qu’est né le premier projet.
Aujourd’hui mairesse, elle le reconnaît, sans le 519, elle n’aurait jamais rencontré ces jeunes. Cette collaboration fut d’ailleurs la première de plusieurs.
Le 519 a servi de tremplin pour impulser le changement, et je suis fier de l’avoir soutenu pendant toutes ces années, depuis le début de mon parcours politique jusqu’à aujourd’hui.
Le conseiller du quartier Toronto Centre, Chris Moise, représente la Ville sur le conseil d’administration de l’organisme qu’il qualifie de cœur de notre communauté.
Quand on parle du cœur d’un quartier, on ne parle pas simplement d’un carrefour ou d’un ensemble de commerces sur une carte. On parle des gens et de l’esprit qui fait de notre village notre foyer, reconnaît-il. Il est la pierre angulaire sur laquelle reposent la vie et l’identité de notre village.
Depuis 50 ans, le 519 est bien plus qu’un simple axe de transit. Il a été un refuge, un véritable moteur de mobilisation et une bouée de sauvetage pour des milliers de personnes. […] C’est pourquoi ce quartier demeure un phare de justice sociale pour le monde.
Avec le recul, M. Moise confirme que l’histoire du 519 est à bien des égards celle du mouvement 2SLGBTQ+ dans la Ville Reine.
Un fait que l’organisme Heritage Toronto et la présidente du conseil d’administration, Liza Chalaidopoulos, ont décidé de reconnaître.
Notre programme de plaques, qui en est à sa 57e année, raconte l’histoire des personnes, des lieux et des événements qui ont contribué à façonner Toronto, souligne-t-elle. Nos plaques sont des témoins vivants de l’histoire.

Le 519 se trouve à un demi-pâté de maisons au nord de l’intersection de Church et Wellesley, au 519, rue Church.
Photo : Avec l’autorisation du 519
La nouvelle plaque remplacera celle en place depuis 40 ans sur la bâtisse du 519 et qui commémorait l’annexe du Granite Club, la première utilisation du bâtiment.
Cette nouvelle plaque conserve les informations de la plaque originale tout en ajoutant l’histoire du 519 et de ses cinq décennies au cœur de la communauté LGBTQIA+ de Toronto, explique Mme Chalaidopoulos. Elle raconte comment ce lieu a été menacé de démolition, sauvé en 1975 grâce à la mobilisation de la communauté et transformé en centre communautaire de la Ville de Toronto.
On y retrouve d’ailleurs divers objets provenant des nombreux clubs, organisations et groupes de défense des droits qui ont élu domicile à cette adresse de la rue Church.
La plaque sera installée dans quelques semaines.


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