Le 20 janvier 2025, à Lima, des paléontologues péruviens ont présenté un fossile presque complet de Cosmopolitodus hastalis, un requin disparu considéré comme un ancêtre présumé du grand requin blanc. Dans son estomac, des restes de sardines : son dernier repas, resté en place environ 9 millions d’années.
Le fossile vient du bassin de Pisco, en plein désert.
À retenir
- Un fossile de requin vieux de 9 millions d’années a été découvert au Pérou avec ses sardines intactes dans l’estomac
- Le bassin de Pisco, actuellement désertique, était un fond de mer à l’époque du requin Cosmopolitodus hastalis
- L’espèce mesurait environ 7 mètres à l’âge adulte, avec des dents tranchantes dépassant 8,9 centimètres
Sommaire
Un désert qui fut un fond de mer
Ce bassin se trouve à quelque 235 km au sud de Lima, dans une région chaude et aride. Les paléontologues la connaissent pour la fréquence de ses découvertes d’espèces marines anciennes. Le décor actuel trompe : à l’époque du requin, ce sable brûlant était un fond de mer.
Chez les requins, la règle est cruelle : le squelette est en cartilage, il se conserve mal, et on ne retrouve le plus souvent que des dents isolées. Ici, l’INGEMMET, l’institut géologique, minier et métallurgique du Pérou, a exposé dans des vitrines une mâchoire géante garnie de dents tranchantes. Ces dents mesurent jusqu’à 8,9 cm, soit un peu plus que la largeur d’une carte bancaire. L’ingénieur César Augusto Chacaltana, de l’institut, a présenté l’ensemble devant la presse.
À l’âge adulte, l’espèce atteignait environ 7 mètres.
Ce chiffre, rapporté par Reuters, vaut pour l’espèce et pas forcément pour l’individu exhumé, dont la taille n’a pas été communiquée. Les vitrines montraient la mâchoire, mais aussi d’autres restes du squelette, ce qui reste rarissime pour un requin de cette époque.
Des sardines, faute d’anchois
Le contenu de l’estomac raconte le menu de ce prédateur : des sardines, en nombre. Le paléontologue Mario Urbina explique que ces poissons constituaient sa nourriture de base parce que les anchois n’existaient pas encore, une affirmation qui lui appartient et qu’il faut lire comme telle. Aujourd’hui, l’anchois domine les eaux péruviennes, si bien que le plat d’alors aurait de quoi surprendre un pêcheur de Callao.
Un premier squelette de la même espèce avait déjà livré ce genre de secret. Décrit en 2017 par Collareta et ses collègues dans la Rivista Italiana di Paleontologia e Stratigrafia, il provenait lui aussi de la formation de Pisco, dans le désert d’Ica. Il s’agissait d’un individu juvénile, et des restes de poisson, identifiés comme une sardine du genre Sardinops, se trouvaient dans sa région abdominale. Les auteurs y voyaient la première preuve d’un régime de poissons chez un jeune C. hastalis.
Ce n’est pas le même animal que celui présenté en 2025.
Ancêtre du grand blanc, vraiment ?
Les dépêches parlent d’un ancêtre du grand requin blanc, mais la parenté fait débat. Certains chercheurs rattachent la lignée du grand blanc au requin de la famille de C. hastalis, d’autres la rapprochent des makos, ces requins rapides aux dents en lame. Les mots « ancêtre présumé » ou « proche parent » sont donc les plus honnêtes.
Le fossile a été présenté lors d’une cérémonie officielle, pas dans une revue scientifique, et aucune publication détaillée sur ce spécimen n’a été consultée pour cet article. Reste à voir ce que les analyses de la mâchoire et des sardines diront de la vie de ce requin, une fois publiées.
Sources : riviste.unimi.it | deepnewz.com


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