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Les membres de la Coopérative des pêcheurs de l'île, à Lamèque, conviennent de faire un ultime effort pour tenter de sauver l'entreprise endettée d'environ 25 millions de dollars et qui se protège de ses créanciers.
Quelques dizaines de membres sont arrivés préparés à une réunion, lundi soir, à Lamèque. Ils avaient reçu à l'avance des documents et la résolution qui allait leur être présentée.

L'usine de l'Association coopérative des pêcheurs de l'Île.
Photo : Radio-Canada / Denis Mazerolle
La réunion a été expéditive. Elle a pris fin en un peu moins d'une demi-heure. Le vote, unanime, permet de faire deux choses en parallèle.
La résolution adoptée autorise la firme Ernst and Young à entreprendre un processus public d'appel d'offres pour vendre les actifs de l'organisation. En même temps, elle ratifie les démarches du conseil d'administration dans le but d'établir un plan de relance.
Il reste à voir laquelle des deux options va conclure l'histoire de la Coopérative des pêcheurs de l'île.
En sortant du sous-sol de l'église où ils étaient réunis, des membres de la Coopérative semblaient avoir un air léger. D'autres, par contre, avaient la mine basse.
L'anxiété vécue par les membres au cours des dernières semaines est palpable.
Denise Chiasson, la seule membre qui a accepté d'accorder une brève entrevue après cette réunion fermée au public, a reconnu qu'elle trouvait la situation stressant même si elle affichait un sourire.
On attend, laisse-t-elle simplement tomber. Tout est comme en suspens. On espère que tout ça va aboutir à quelque chose de bon.
Sur le respirateur artificiel
Rien n'est encore gagné pour les dirigeants. L'avocat de la Coopérative, Basile Chiasson, a pu conclure en discutant avec des membres du comité de relance que les pêcheurs de homards doivent rentrer au bercail.
Des démarches extrêmement intéressantes ont déjà été entreprises avec des crabiers, explique-t-il. D'autres démarches sont en cours de route avec des homardiers.

C'est l'avocat Basile Chiasson, originaire de la Péninsule acadienne, qui représente la Coopérative des pêcheurs de l'île
Photo : Radio-Canada / François Lejeune
Le manque d'accès à la ressource a maintes fois été présenté comme un des éléments qui ont fait très mal à l'entreprise. L'avocat doit présenter le plan de relance à la cour le 9 octobre.
Qu'est-ce qui va se produire? se demande-t-il. Tout dépend de la qualité du plan de relance qui est en train d'être élaboré. La décision que la cour va devoir prendre ne sera aucunement motivée par des considérations sentimentales, mais strictement par des considérations d'affaires.
Aujourd'hui, la Coopérative est dans un état où elle regarde la communauté tout entière en disant : c'est un appel à l'aide, on a besoin de vous tout de suite, pas en janvier, ni en février, mais maintenant.
Il rappelle que les objectifs du plan de relance sont à la fois de préserver l'avoir des membres et l'argent qui est dû aux pêcheurs.
Mais, il souligne que tous doivent donner un coup de main.

Les dirigeants de la Coopérative des pêcheurs de l'île, à Lamèque, lancent un appel aux homardiers pour qu'ils vendent leurs prises à cette entreprise.
Photo : Radio-Canada / Nicolas Bougeard
Il s'agit non seulement de faire revenir à l'usine les pêcheurs et leurs prises, mais aussi de trouver des investisseurs.
Il va falloir aller s'asseoir très rapidement avec la Banque de développement du Canada, le créancier garanti, l'Agence de promotion économique du Canada atlantique et le Fonds des pêches de l'Atlantique pour négocier des baisses de dettes, explique-t-il.
L'importance de la coop des pêcheurs
Selon Basile Chiasson, si ces choses peuvent être réalisées en même temps et qu'il y aurait une mise de fonds, il pourrait être extraordinaire de raconter un jour comment la Coopérative des pêcheurs de l'île a été sauvée.
Puis, l'avocat originaire de Shippagan fait une longue tirade sur l'importance de la Coopérative des pêcheurs de l'île, qui fait travailler de 250 à 350 personnes.
Il se demande s'il a fallu cette débâcle financière pour que la communauté réalise à nouveau toute l'importance de cette entreprise.
La Coopérative, c'est une organisation communautaire qui a fourni de l'emploi à plusieurs générations de l'île de Lamèque et de la Péninsule acadienne, affirme-t-il. Elle a garanti des prêts pour un nombre incroyable de pêcheurs pour leur permettre d'acquérir de nouveaux bateaux, des agrès et des permis de pêche.


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