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L’entreprise Bridger Pipeline a démarré le processus réglementaire pour construire un oléoduc de la frontière canadienne jusqu’au Wyoming. Le tracé est bâti sur les ruines du projet Keystone XL qui a été abandonné en 2021.
Des rencontres publiques ont été organisées dans les États sur le tracé de la canalisation, à savoir le Montana et le Wyoming.
Le Bureau of Land Management des États-Unis et le Department of Environmental Quality du Montana recueillent les commentaires du public jusqu’au 1er mai. Ils prévoient de publier une ébauche d’évaluation d’impact environnemental à l’automne prochain.
Selon les différents documents déposés par Bridger Pipeline, l’oléoduc transportera 550 000 barils par jour de la frontière canadienne jusqu’au centre de stockage de Guernsey, au Wyoming. Il aura toutefois une capacité maximale possible de plus de 1,1 million de barils par jour.

Le projet est proposé en plusieurs segments de l'Alberta jusqu'à l'Oklahoma.
Photo : Radio-Canada
Si la compagnie américaine mentionne seulement la connexion avec des infrastructures existantes en amont au Canada, il est clair pour le fondateur de Plainview Energy Analytics, Matthew Lewis, que le segment de Bridger Pipeline fait partie d’un plus grand tracé reliant les sites de production albertains aux raffineries des États-Unis.
En mars, l’entreprise South Bow, née de la scission de TC Énergie, a ainsi sondé l’intérêt des producteurs à signer des contrats de transport pour un nouveau pipeline d’Hardisty, en Alberta, jusqu’aux États-Unis. Cette portion de l’oléoduc utiliserait des infrastructures mises en place pour le projet Keystone XL.
Un autre oléoduc appelé Pony Express, qui relie Guernsey au carrefour du pétrole Cushing, en Oklahoma, a aussi mené un tel sondage d’intérêt, appelé open season.
Selon Matthew Lewis, les trois segments sont un seul et même projet.
À cause du passé de Keystone XL, ils ne veulent probablement pas utiliser ce nom. [...] C’est compréhensible quand on voit à quel point ce projet a été une source de division par le passé. Je pense qu’ils veulent en quelque sorte minimiser un peu le projet pour rester discrets, souligne-t-il.
Bridger Pipeline n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue. Selon les documents déposés, sa portion d’oléoduc pourrait coûter près de 3 milliards de dollars.
Bataille de pipelines
Dans les raisons justifiant le projet, la compagnie cite la déclaration d’urgence nationale lancée par Donald Trump au début de son second mandat. Le projet est nécessaire pour répondre aux défis critiques en matière d'approvisionnement énergétique auxquels les États-Unis font face, augmenter l'offre de pétrole vers les États-Unis afin de soutenir la production croissante des raffineries et faire baisser les prix à la pompe, dit-elle.
Matthew Lewis rappelle toutefois que, bien que plusieurs analystes prédisent un engorgement des pipelines dans les prochaines années, South Bow et Bridger Pipeline devront faire face à une concurrence accrue dans le transport du pétrole.
La compagnie Enbridge a également annoncé des investissements pour accroître la capacité de son réseau vers les États-Unis. La société d’État Trans Mountain travaille aussi sur plusieurs projets pour pouvoir acheminer plus de pétrole de l’Alberta vers la côte britanno-colombienne.
Le gouvernement albertain souhaite aussi la construction d’un nouvel oléoduc vers la côte ouest.
[South Bow et Bridger Pipeline] vont devoir prouver que leur projet est le meilleur, souligne Matthew Lewis.

Le premier ministre, Mark Carney, s'est fixé comme objectif de doubler les exportations en dehors des États-Unis, mais il a aussi abordé la question d'un oléoduc vers le sud avec le président américain.
Photo : AFP/Getty Images / Andrej Ivanov
Selon un sondage réalisé par ATB Cormark Capital Markets auprès d’investisseurs et d’entreprises énergétiques, les répondants sont plus optimistes au sujet de la réalisation du projet de Bridger Pipeline que de la proposition de la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith.
Nous constatons une volonté, tant de la part des partenaires canadiens qu'américains, de continuer à accroître notre capacité d'acheminement des barils sur l'axe nord-sud, a déclaré Patrick O'Rourke, d'ATB Cormark. Les défis liés à leur transport d'est en ouest sont probablement plus importants.
Inquiétudes environnementales

Des équipes travaillent pour contenir un déversement de pétrole provenant du pipeline brisé de Bridger Pipeline près de Glendive, dans le Montana, le 19 janvier 2015.
Photo : Associated Press / Larry Mayer
Cependant, le projet américain devra aussi faire face à des objections environnementales. Les documents déposés soulignent des risques d’érosion des sols et de perturbations de plusieurs espèces menacées.
L’organisation Honor the Earth a ainsi déjà appelé à la mobilisation de ses membres contre le projet. Elle rappelle que l’entreprise mère de Bridger Pipeline a déjà été en proie à des fuites d’hydrocarbures et a payé une amende de 12,5 millions de dollars.
Bridger Pipeline devra aussi obtenir une longue liste d'autorisations américaines ainsi qu'un permis présidentiel avant que son projet puisse voir le jour.
Avec les informations de Presse canadienne


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