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Alors que le Canada serait en proie à une vague de vols dans les commerces de détail, le service de police de Toronto annonce avoir procédé à 546 arrestations et au dépôt de 4033 chefs d’accusation depuis la création d’une unité spéciale dédiée au crime organisé visant les commerces de détail.
Il ne s’agit pas de crimes mineurs. Le vol dans les commerces de détail coûte des milliards aux entreprises chaque année, précise d’entrée de jeu le surintendant Ron Taverner à la division 23 au sein de laquelle l’unité a été formée.
Il souligne également que plusieurs des personnes arrêtées par son unité n’en sont pas à leur première arrestation. En fait, de toutes les arrestations que nous avons faites, 259 personnes l’ont été pour plus d’un incident, confirme M. Taverner.
En raison des procédures judiciaires en cours, les détails concernant l’identité des personnes accusées et les chefs d’accusation précis ne peuvent être divulgués. Toutefois, une seule enquête a permis l’arrestation de 20 personnes et le dépôt de plus de 400 chefs d’accusation.
À la lumière de ces chiffres, M. Taverner rappelle que la distribution et la revente des biens volés profitent souvent à des organisations criminelles plus vastes.
C’est pour cela que s’attaquer à ses crimes est si important, insiste-t-il en ajoutant que chaque enquête complétée par son unité déstabilise ces organisations, rend les accusés imputables et les quartiers plus sécuritaires.
C’est d’ailleurs à la suite de la hausse des incidents criminels touchant les commerces d’Etobicoke Nord que la police de Toronto a mis sur pied l’unité ayant pour mission de centraliser les enquêtes, de renforcer les partenariats avec les détaillants et d’intensifier les mesures d’application de la loi.
Un phénomène à la grandeur du pays
Rui Rodrigues est conseiller de direction pour la prévention des pertes et la gestion des risques au Conseil canadien du commerce de détail (CCCD). Il confirme que la hausse des vols dans les commerces de détail n’est pas un phénomène unique à Toronto.
Il ne s’agit pas d’un simple vol à l’étalage. Il est faux de dire que ce crime ne fait pas de victime.
Nous sommes confrontés à la forme de méfaits publics évoluant le plus rapidement et elle affecte nos travailleurs, nos détaillants et nos communautés plus largement, indique-t-il.
À Toronto comme ailleurs au pays, nous pouvons voir des tendances troublantes : une montée de la violence vers le personnel, des groupes organisés travaillant rapidement à travers de multiples juridictions, des biens volés qui se retrouvent sur des plateformes Internet, dans des réseaux clandestins et même au-delà de nos frontières, raconte M. Rodrigues, qui rappelle que le tout a non seulement des conséquences sur les commerçants, mais également sur les consommateurs qui feront ultimement les frais de ses pertes.

Rui Rodrigues, conseiller de direction pour la prévention des pertes et la gestion des risques au Conseil canadien du commerce de détail, en compagnie du chef de police de Toronto, Myron Demkiw, et du surintendant Ron Taverner, lors de la conférence de presse de mercredi.
Photo : Radio-Canada
Le service de police de Toronto indique d’ailleurs que plus de 1,6 million de dollars de marchandises volées ont été liés aux enquêtes de son unité jusqu’ici.
Le représentant du CCCD souhaite d’ailleurs voir l’approche de collaboration entre commerçants et policiers priorisée par la police torontoise se mettre en place ailleurs en Ontario et au pays.
Les commerçants ne peuvent pas régler ce problème seuls. La police ne peut régler ce problème seule. Les procureurs et les gouvernements ne peuvent pas régler ce problème seul. Nous avons besoin de travailler ensemble en tant que communauté, affirme M. Rodrigues en ajoutant que seul un travail coordonné de l’ensemble des parties permettra de vrais progrès.

Après avoir volé de la marchandise dans un Wal-Mart de Toronto, cette femme a aspergé de poivre de cayenne les clients et les gardiens de sécurité qui tentaient de l’arrêter.
Photo : Radio-Canada
Pour le chef de police de Toronto, Myron Demkiw, la création et le travail de l’unité sont la preuve de l’agilité de son service face à l’évolution constante du crime. L’unité spécialisée […] illustre parfaitement notre capacité à rester agiles et prêts à agir grâce à des solutions adaptées, confirme-t-il.
Malgré l’annonce faite mercredi, le service de police de Toronto insiste sur le fait que le travail continue et que l’unité continue de mener des enquêtes. Il y a d’autres arrestations à venir, indique d’ailleurs le surintendant Taverner en invitant le public à rapporter tous crimes liés au commerce de détail à la police.


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