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FIGAROVOX/TRIBUNE - Dans une ville marquée par l’attentat antisémite du 19 mars 2012, il est particulièrement déshonorant pour le PS de s’allier à La France insoumise, dénonce la ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations.
Aurore Bergé est ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations.
Il y a quatorze ans, le 19 mars 2012, la France basculait. Pour la première fois, une école était prise pour cible. Trois enfants et un enseignant sont exécutés à bout portant parce qu’ils étaient juifs. Myriam Monsonego avait 7 ans. Arié Sandler, 5 ans. Gabriel Sandler, 4 ans. Jonathan Sandler, 30 ans. Quelques jours plus tôt, à Montauban, trois militaires - Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf, Mohamed Legouad - étaient assassinés parce qu’ils représentaient la France, en portaient l’uniforme et les valeurs.
Ce jour-là, ce n’est pas seulement Toulouse, Montauban, nos compatriotes juifs ou l’armée qui ont été frappés. C’est la République elle-même, dans ce qu’elle a de plus essentiel et d’irréductible, qui a été visée par le terrorisme islamiste. Et depuis, rien ne s’est arrêté. L’antisémitisme n’a pas disparu. Il a mué, muté et il est toujours là. Il s’est diffusé, insinué, banalisé dans les mots, dans les slogans, dans les silences.
LFI entretient, excuse et alimente l’antisémitisme. Jean-Luc Mélenchon banalise l’outrance, cultive les ambiguïtés les plus toxiques et attise les braises.
Il désigne «les Juifs» comme un bloc. Il les enferme dans une identité figée, les rend comptables d’événements, de décisions qui ne sont pas les leurs. Il les met à part et les expose. Et de cette désignation à la mise en cause, de la mise en cause à l’hostilité, de l’hostilité à la violence, il n’y a qu’un pas. Depuis le 7 octobre 2023, depuis les massacres perpétrés par les terroristes du Hamas en Israël, ce pas a été franchi, encore et encore.
L’antisémitisme s’est à nouveau déchaîné. Brutal, décomplexé, revendiqué. Dans la rue, à l’école et à l’université, sur les réseaux sociaux ou les boucles WhatsApp. Il y a l’antisémitisme qui insulte, frappe, tronçonne les arbres en hommage à Ilan Halimi, viole une enfant de 12 ans, tue. Et il y a «l’antisémitisme d’atmosphère» auquel on voudrait nous habituer.
Nous devons regarder cette réalité en face. Car l’antisémitisme n’est pas une opinion. C’est un poison qui fracture, désigne, menace, harcèle, incendie, agresse, viole et finit toujours par tuer. Et la République ne tremble pas. Elle nomme, protège, agit. Elle forme. Elle le combat au sein de l’enseignement supérieur. Elle change la loi pour mieux le caractériser et le sanctionner.
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D’autres pays ont payé dans leur chair le prix du renoncement. Et nous savons, nous, Français, où mènent les petites lâchetés qui deviennent toujours de grandes complicités. On ne transige pas avec l’antisémitisme. Jamais. On ne compose pas avec lui. Et on ne s’allie pas avec LFI qui l’entretient, l’excuse et l’alimente. Un chef de clan qui banalise l’outrance, cultive les ambiguïtés les plus toxiques et attise, sans relâche, les braises. Une meute qui a fait de l’insinuation et de la violence un mode d’action politique et hystérise sur des estrades avec des noms juifs dont on écorche volontairement la prononciation.
Ce n’est pas un accident, encore moins un dérapage ; c’est une stratégie. Et s’y associer, ce n’est pas un détail ; c’est une faute. Il y a des lignes qui ne se franchissent pas. Il y a des principes qui ne se marchandent pas. La lutte contre l’antisémitisme est de ceux-là. Toulouse est à l’épreuve de la mémoire et de la dignité.


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