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FIGAROVOX/TRIBUNE - À la lumière de la pensée du philosophe anglais, le maître de conférences analyse les conséquences des incendies qui ravagent notre territoire. Il pointe la mise en scène de la gestion de la catastrophe par l’État, qui camoufle l’absence d’une véritable stratégie de sa part.
Passer la publicitéLaurent Frémont est maître de conférences à Sciences Po et cofondateur du Collectif démocratie, éthique et solidarités.
La France brûle, encore. En Gironde, quarante-deux mille hectares consumés, deux cent vingt mille évacués, le feu aux portes de Bordeaux, l’Europe appelée en renfort. Et la liturgie, qui elle ne souffre aucun retard : cellule de crise, ministres sur zone, compteurs d’hectares en bandeau. Il ne manque à la cérémonie qu’un détail, le résultat. Jamais l’État ne fut si visible ; jamais il ne servit si peu. Posons la question que tout le monde retient : à quoi sert-il ?
Elle n’a rien de séditieux : elle vient du moins séditieux des philosophes. Hobbes, peureux de génie, haïssait le désordre plus que le péché ; il a offert au souverain le contrat le plus avantageux jamais conçu : toute la force des hommes contre un unique service, la protection. Je protège, donc j’oblige, traduira Carl Schmitt. Le sel de l’affaire : c’est ce dévot de l’obéissance…


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