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La tenue d'une conférence anti-immigration suscite des tensions à Hamilton. D'ailleurs, la police met en garde les salles qui envisagent d’accueillir à la dernière minute samedi l’événement d’un groupe qui prône des expulsions massives du Canada.
Dans un communiqué, la police de Hamilton dit qu’elle continue d'encourager les lieux d'accueil à réfléchir à l'impact que cet événement et son message pourraient avoir sur l'ensemble de la communauté.
Le corps policier affirme que le regroupement Dominion Society of Canada cherche toujours un lieu pour sa conférence DomCon après que deux réservations distinctes ont toutes les deux été annulées.
Sur son site, le groupe dit pour sa part que son événement aura bien lieu samedi dans la région de Hamilton.
Les messages associés à DomCon sont une source de division et d’exclusion et peuvent nuire au sentiment de sécurité et d’appartenance au sein de notre communauté. Nous avons pris connaissance de ces préoccupations exprimées par des membres de la communauté et nous les prenons très au sérieux.
Ce communiqué intervient après d’autres sorties en ce sens plus tôt cette semaine, comme celle du Hamilton Anti-Racism Resource Centre et de la mairesse de Hamilton Andrea Horwath.
Une manifestation contre cette conférence, baptisée Hope Not Hate (L’espoir et non la haine, traduction libre), est prévue samedi devant l'hôtel de ville.
La porte-parole de la police de Hamilton, Jackie Penman, précise que les messages du regroupement ne constituent pas une activité criminelle ou illégale. Cela dit, la police se dit prête à réagir de manière appropriée si les circonstances venaient à changer.

Une manifestation se tient samedi devant l'hôtel de ville de Hamilton contre la conférence de la Dominion Society.
Photo : Radio-Canada / Lauren Kuivenhoven
Un groupe qui prône les expulsions massives
La Dominion Society se présente comme un groupe nationaliste, avec pour objectif de promouvoir le patrimoine canadien et une réforme de l’immigration.
Le groupe prône un plan visant à expulser entre cinq et neuf millions de personnes, notamment des travailleurs étrangers temporaires, des résidents permanents et des personnes nées au Canada de parents non canadiens.
Sur son site, elle affirme que la conférence payante accueillerait des intervenants tels que le nationaliste blanc autrichien Martin Sellner, qui fait l’objet d’une interdiction définitive de séjour au Royaume-Uni. Cependant, M. Sellner a publié jeudi une vidéo dans laquelle il affirme que les autorités canadiennes ne l’ont pas autorisé à entrer au pays.
Une sortie qui fait réagir
Dans une déclaration publiée jeudi sur X, le fondateur de la Dominion Society, Daniel Tyrie, affirme que le groupe agit dans le respect de la loi et qu’il devrait être autorisé à s’organiser pacifiquement. Il qualifie d’ailleurs les messages de la police d’abus évident de pouvoir.
Il ne s'agit pas seulement de la Dominion Society, ajoute-t-il. Il s'agit de défendre l'ensemble de nos droits garantis par la Charte.
Le député conservateur Andrew Lawton soutient que la réaction de la police à l'égard de ce groupe s'apparente à de la censure.
C’est ainsi que la liberté d’expression légale (aussi contestable ou déplaisante soit-elle) est muselée et que l’État exerce une censure sans porter la moindre accusation , a-t-il écrit jeudi sur X.
I have significant issues with the Dominion Society but I am unaware of any criminal allegations against them or any credible suspicion their conference would be illegal.
It is not for police to target venues who may wish to rent space out to a group who is breaking no laws.… https://t.co/0dAFwbFRjv
Nous reconnaissons que les gens peuvent avoir des opinions divergentes et qu’ils ont le droit d’exprimer ces préoccupations, soutient la porte-parole de la police, Mme Penman.
De son côté, l’ancien chef du Parti conservateur, Erin O’Toole, déclare sur X que des groupes comme [la Dominion Society] peuvent présenter des similitudes avec des groupes extrémistes violents à motivation idéologique que nos agences de sécurité doivent surveiller pour assurer la sécurité publique [...] Cela dit, je trouve les opinions du groupe Dominion immatures et répugnantes, mais ses membres sont libres de les avoir et de les exprimer.
Avec les informations de Saira Peesker de CBC


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