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En dépit de l’ouverture de 18 des cliniques collaboratives promises par le gouvernement de Susan Holt, environ 260 000 Néo-Brunswickois n’ont toujours pas de fournisseur de soins primaires.
À l’aube des élections provinciales qui les ont portés au pouvoir en 2024, la cheffe libérale Susan Holt et son équipe promettaient d’améliorer l’accès aux soins de santé primaires.
Le gouvernement avait fait des cliniques collaboratives sa mesure phare pour tenir cette promesse.
Le concept : regrouper divers professionnels de la santé, tels que des médecins, des infirmières praticiennes, des psychologues, des physiothérapeutes ou des pharmaciens sous un même toit.
Ce système vise à offrir un premier point de contact rapide avec les patients et accélérer les services de soins.
Ça permet de garder un accès aux soins primaires, même lorsqu'un médecin n'est pas exactement dans la bâtisse.
Aujourd’hui, le réseau prend forme à travers la province, avec 18 cliniques collaboratives annoncées sur les 30 promises, mais les résultats tardent à être démontrés.
Des patients qui attendent toujours
Une nouvelle méthode de calcul dévoilée par la province jeudi passé révèle qu’environ 30 % des Néo-Brunswickois n’ont toujours pas de médecin de famille ou d’infirmière praticienne.
Le nombre avancé l'an dernier par le Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick était de 23 %.
Il s’agirait donc d’une hausse de 7 %, mais la province affirme qu'elle s'explique par le fait que ses données des années passées étaient fautives.
Selon Stéphanie Roy, directrice principale des soins de santé primaires au Réseau de santé Vitalité, ce n’est pas une augmentation, c’est d’avoir des chiffres qui s’approchent davantage de la réalité.
Nous savons qu’il y a au-dessus de 40 000 clients qui ont été pris en charge par les équipes.
Un réseau en construction
Selon la Dre Geneviève Côté, dans la 17e clinique collaborative annoncée par le gouvernement Holt, à Memramcook, la mesure gouvernementale a permis d'éviter le pire : elle a sauvé sa clinique.
Il y a deux ans, la médecine de première ligne traversait une période extrêmement difficile, ici, à Memramcook, comme ailleurs dans la province. La clinique manquait d'espace, de ressources, son avenir était incertain, explique la Dre Côté.

Geneviève Côté est heureuse des avancées de la clinique Les Trois-Moulins de Memramcook.
Photo : Radio-Canada / Esther Chaumont-Goneau
Afin d'ajouter la clinique de Memramcook aux cliniques collaboratives, le gouvernement lui a octroyé 1,1 million $, ce qui lui a permis d'ajouter à son équipe un phlébotomiste et une infirmière praticienne. Le montant a aussi servi à transformer une partie de la salle d'attente en salles d'examen.
L'organisation des cliniques, le réel défi
Cependant, Stéphanie Collin, professeure à l'École des hautes études publiques de l'Université de Moncton, indique que l'implantation de ces cliniques ne suffit pas à elle seule : tout repose sur l'organisation interne du travail.
Elle note que, pour être efficaces, les cliniques doivent être bien organisées.
Il faut que ces personnes-là réfléchissent à leur rôle. Il faut qu'elles jouent des rôles complémentaires. Ceci va permettre de renforcer la capacité du système. Donc voyons comment on va être capable d'organiser les soins pour mieux répondre aux besoins des patients, déclare-t-elle. Ça va être le réel défi à venir.
La première ministre Susan Holt maintient toutefois le cap sur l'objectif fixé pour la fin de son mandat : que 85 % de Néo-Brunswickois rattachés aux soins primaires d'ici la fin de 2028.
Pour l'instant, les patients orphelins demeurent dans l'attente d'améliorations tangibles.


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