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Paul Mirabel se raconte avec Paul, la série : «Je n’ai pas de souci dans le fait d’être impudique»

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ENTRETIEN - L’humoriste joue un artiste en mal d’inspiration pour son nouveau spectacle dans une fiction en 6 x 30 minutes, qu’il a coécrite et interprétée pour Prime Video.

« T’as vu ta dégaine ? On dirait Mark Zuckerberg qu’a pas inventé Facebook… » On pourrait aimer Paul, la série pour cette seule réplique ! Paul Mirabel  se prête brillamment au jeu de l’autofiction, comme coauteur et interprète principal de Paul, la série, 6 x 30 minutes sur Prime Video. Le pitch ? L’artiste a vendu à Amazon l’enregistrement de son spectacle et un documentaire sur sa vie façon Orelsan, filmé par son meilleur pote (Abraham Wapler). À quelques semaines de la première, il n’a pas écrit une ligne… Ajoutez un amour de jeunesse qui refait surface (Enya Baroux) et laissez-le partir en vrille de Paris à Ibiza, en passant par Montpellier dont l’humoriste est originaire.

Comédie pure, comédie romantique, plongée dans son intimité entre son jeune frère autiste travaillant dans un restaurant inclusif et sa mère qui se désole – « Tu cours après quelque chose et ta famille n’existe pas » –, Paul Mirabel mêle le vrai au faux pour mieux se livrer et susciter le rire. La crudité des dialogues ajoute à la jubilation. « Allez, on porte ses couilles et on affronte le public, comme Jérémy Ferrari  ! », lui lance son agent (Marine Leonardi). Ce dernier joue d’ailleurs les guests, à l’instar d’Alexandre Kominek et Éric Judor. 

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Décryptage avec l’humoriste qui se livre sur sa série et son parcours.

TV MAGAZINE. - L’autofiction d’humoristes en panne d’inspiration est presque devenue un genre en soi, avec Florence Foresti ou Blanche Gardin, en êtes-vous spectateur ?
PAUL MIRABEL. - Oui, j’ai regardé, mais plutôt des autofictions au sens large, pas forcément autour des humoristes. Des Américaines aussi. Et également en mode documentaire.

Pour Paul, la série, aviez-vous envie d’en respecter les codes ou de vous démarquer ?
En l’écrivant avec les autres auteurs, nous trouvions original de faire une autofiction dans le cadre de vie de quelqu’un de 30 ans, avec des problématiques plus jeunes. Les précédentes concernaient plutôt les quadras ou quinquas. La meilleure façon de raconter de bonnes histoires, pour moi, reste de partir du réel.

Quelles ont été les principales difficultés en passant d’un spectacle à une série ?
Concernant le stand-up, j’écris seul et c’est très direct avec le public. On écrit une blague, on la joue le soir, et on a le résultat instantanément. Pour une série, je ne parlerai pas de difficulté mais d’abord l’écriture a été collégiale. Et, entre ce qu’on écrit et ce qu’on tourne, certaines choses que l’on croit très drôles ne fonctionnent pas. Ça peut aussi être rattrapé au montage. Ce n’est pas le même process. J’avais noté plein d’idées qui ne rentraient pas dans des spectacles en me disant qu’elles avaient peut-être leur place ailleurs et ça a été le cas.

« On n’a jamais la certitude que ce soit marrant mais si ça fait rire à l’écriture et sur le plateau de tournage, c’est déjà un indice. »

Paul Mirabel

Est-ce que cela a laissé place à l’improvisation ?
Oui nous avons gardé cette liberté. Je parle en tant que comédien, j’ai eu la chance d’avoir de formidables partenaires de jeu. Comme c’était ma première expérience de fiction, ils m’ont bien accompagné.

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Lorsque vous écrivez, quand savez-vous qu’un gag, une réplique est bonne ? Avez-vous une personne référente ?
On n’a jamais la certitude que ce soit marrant mais si ça fait rire à l’écriture et sur le plateau de tournage, c’est déjà un indice. Le temps est une bonne épreuve pour une blague. Si ça nous fait rire six mois après ou lors de la dixième fois que l’on regarde, c’est bon signe. Mais le propre de nos métiers est de n’avoir jamais aucune certitude. On tente de suivre nos convictions. J’ai beaucoup fait confiance aux réalisateurs qui sont des amis.

« Le fait de travailler avec des gens de confiance m’a permis d’accepter d’aller loin dans ce que je disais de moi »

Paul Mirabel

Les dialogues sont assez crus, ce qui n’est pas le cas dans vos spectacles…
Pour que Paul existe, il faut du relief autour ! Pour pimenter la série, nous avons caractérisé certains personnages. Comme il s’agit d’une fiction, on peut mettre plus de choses à l’intérieur.

Qu’avez-vous voulu raconter de vous ?
L’idée était aussi, si je suis vraiment transparent, d’alterner. La fiction est une autre façon de raconter des histoires que la scène. Et j’ai plein d’histoires et d’idées de blagues qui ne rentraient pas dans mes shows ou mes chroniques.

Comment trouver un équilibre entre ce qu’on dévoile et ce qu’on a envie de garder ?
Le fait de travailler avec des gens de confiance, dans un projet dont je suis à l’origine, m’a permis d’accepter d’aller loin dans ce que je disais de moi. Je ne me suis pas trop posé la question, je n’ai pas de souci dans le fait d’être impudique et de raconter des choses personnelles. C’est finalement plus dur sur scène quand on est seul en face des gens. J’étais à l’aise.

Dans la série, quand votre maman dit : « Tu cours après quelque chose, ta famille n’existe pas » , est-ce du vécu ? Avez-vous pu être ingrat ?
Je n’ai pas été confronté à ça, c’était plus une façon de se rendre compte que, dans nos métiers, on peut être très centré sur sa carrière et soi-même alors que la vraie vie compte tout autant.

Paul Mirabel entouré d’Eva Huault et Abraham Wapler. RVZ Prime Video

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Parler de votre frère autiste, est-ce aussi une façon de rendre le handicap plus visible à l’écran pour le normaliser ?
C’est vrai que ça fait partie de ma vie et que j’en parlais dans mon premier spectacle. À partir du moment où c’est une autofiction, même si elle mêle le vrai et le faux, il était important que ce personnage existe. Mon petit frère a vraiment travaillé dans un restaurant inclusif, ça comptait pour moi de le montrer.

En revanche, on voit finalement peu les affres de la création. Dans la vie, vous créez-vous aussi des expériences pour trouver l’inspiration ?
Oui, j’ai un peu cette tendance. J’ai déjà fait des choses que je n’aurais pas faites spontanément . Dans le meilleur des cas c’est une bonne expérience, dans le pire c’est un sketch ! C’est l’avantage du métier.

Comment travaillez-vous quand vous travaillez seul ?
Je note beaucoup, après c’est assez scolaire, je me mets à mon bureau, j’essaye de développer ces idées, les étirer, voir ce que je peux creuser. Pour le stand-up, cela n’a de valeur que lorsque c’est confronté à un public ; pour la fiction on essaye de se faire confiance, de se dire que si ça fonctionne toujours quand on le relit quelques jours plus tard, ce doit être bien.

Diriez-vous toujours comme à vos débuts que l’humour est une forme de protection ?
C’est vrai que ça permet de se cacher mais il ne faut pas trop théoriser l’humour. J’aime le postulat que ce soit marrant parce que c’est marrant. De rire gratuitement.

Qu’est-ce qui vous avait donné l’envie de faire des études de commerce ?
Je ne savais pas trop quoi faire. Je voulais travailler dans le foot et cette école proposait un master de sport qui a fermé l’année où je suis arrivé !

« J’ai grandi dans une époque où l’on avait la chance de ne pas avoir de téléphone »

Paul Mirabel

Vos parents vous ont-ils soutenu quand vous avez choisi la comédie ?
Au début, pour moi l’humour n’empiétait pas sur autre chose. Je le faisais sur mon temps libre. Et tant que je continuais mes études, c’est comme si j’étais inscrit au ping-pong le soir ! Ensuite les choses se sont bien imbriquées, de telle sorte qu’à la fin de mes études j’ai pu continuer sérieusement. Et je me suis toujours senti soutenu, avec des précautions de parents, bien sûr.

De quoi êtes-vous le plus fier dans votre parcours ?
Le fait de pouvoir me lever le matin et faire ce que j’aime. C’est une chance immense. Et le fait aussi que ce soit ce que j’avais envie de faire quand j’étais petit. Je mesure de jour en jour à quel point c’est précieux. Ce sont des métiers exigeants et prenants. Mais les rencontres, les voyages, les expériences, ce que ça nous apprend de nous et des autres est formidable. Je ne me verrai pas faire autre chose.

Quel est votre rapport aux réseaux sociaux ? 
Je ne les ai pas sur mon téléphone, ce n’est pas moi qui m’en occupe. J’ai un rapport assez éloigné à ça, d’autres choses valent plus le coup. J’ai grandi dans une époque où l’on avait la chance de ne pas avoir de téléphone. J’ai lu, j’ai regardé des films. J’essaye de garder ça car ça aspire un peu le cerveau et il faut s’en préserver le plus possible. Même si j’ai la contrainte de m’en servir pour le travail. J’aimerais vous dire que je remplis les salles avec juste quelques affiches mais je n’ai pas ce luxe !

Mais quand il y a des photos de votre vie privée sur les réseaux – des images avec Laury Thilleman aux États-Unis ou à Monaco -, ça relève forcément de votre choix ?
Je le vois un peu comme un carnet de voyage…

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