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« Narcorama » (France.tv) : une histoire du trafic de drogue à Marseille

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La métropole méditerranéenne a connu en 2023 son année la plus meurtrière avec 49 morts et 118 blessés liés au narcobanditisme.

La métropole méditerranéenne a connu en 2023 son année la plus meurtrière avec 49 morts et 118 blessés liés au narcobanditisme. AMDA PRODUCTION

Cette série documentaire raconte le narcotrafic dans la Cité phocéenne, de la French Connection jusqu’aux guerres de clans actuelles.

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Quarante-neuf morts, 118 blessés. Alors que 2023 s’achève, le procureur de la République de Marseille Nicolas Bessone fait les comptes, et ils sont inquiétants. L’année 2023 est la plus meurtrière à Marseille en matière de narcobanditisme. Comment la deuxième ville de France est-elle devenue le théâtre d’affrontements d’une grande violence liée au narcotrafic ? Et surtout, comment le trafic de drogue a-t-il prospéré au point d’en arriver à cette extrémité ? Dans Narcorama, une série documentaire de six épisodes disponibles sur la plateforme France.tv, Vincent Hérissé plonge dans le passé sombre de Marseille, dont l’histoire semble, au gré des décennies, avoir toujours été ponctuée par le trafic de drogue et ses guerres.

En jetant un regard dans le rétroviseur, le réalisateur rappelle en effet, tristement, que la violence liée au narcotrafic est étroitement liée à la destinée de la deuxième ville de France. « Au cours des entretiens, l’enquête révèle que dès les années 1980, on était confronté à une violence à son paroxysme à Marseille avec l’assassinat du juge Michel, rappelle Vincent Hérissé. Aujourd’hui, on parle de victimes collatérales. Mais quand on regarde dans le passé, avec par exemple la tuerie du bar du Tanagra, il y a eu quatre morts mais seulement une personne visée. En 1986, à un mort près, il y a eu autant de morts à Marseille liés au narcotrafic qu’en 2023. »

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Témoignage rare

Selon Vincent Hérissé, la propagation du narcotrafic à Marseille a d’abord souffert d’une certaine forme « d’aveuglement » et de « laisser-faire » de la part des pouvoirs publics, et ce dès l’époque de la French Connection. « La violence liée au narcotrafic n’est pas nouvelle. Il y a juste eu des recompositions. Aujourd’hui, la drogue est très lucrative, mais elle était déjà l’activité criminelle la plus rentable au moment de la French Connection », affirme le cinéaste, qui souligne que « les jeunes qui mouraient alors étaient des Américains. Mais l’argent était ici ». Il ajoute : « Dans le documentaire, je trouve ça intéressant que des magistrats et des policiers racontent que cette question n’intéressait pas politiquement. Ça ne touche pas la France donc on s’en fiche. Mais, lorsque Marseille est touchée par l’épidémie d’héroïne, arrive également d’un seul coup une loi répressive. »

Tout s’enchaîne alors. « L’attention politique, policière et médiatique a démarré sur les morts. Quand arrivent en France les premiers morts liés à l’héroïne, on se rend compte que dès qu’il y a eu des moyens, on a démantelé en quatre ans les principaux réseaux. Il y a eu un petit manque de volonté politique et judiciaire et on a l’impression de revivre ça de nos jours », constate Vincent Hérissé.

Si le film brosse une fresque du passé, son tournage a été percuté de plein fouet par l’actualité tragique à Marseille, et particulièrement l’assassinat de Mehdi Kessaci. Le 13 novembre 2025, le jeune homme inconnu des services de police a été tué dans les rues de la Cité phocéenne de plusieurs balles. Sa mort a provoqué une onde de choc, alors que son frère aîné, Amine Kessaci, est une figure de la lutte contre le narcotrafic. Ce dernier et sa mère ont été interrogés par le réalisateur quelques mois avant les faits. La famille avait déjà été endeuillée une première fois en décembre 2020, lorsque le frère aîné d’Amine Kessaci, Brahim, avait été tué par des trafiquants. Devant la caméra de Vincent Hérissé, tous deux reviennent sur la trajectoire de Brahim. Dans un témoignage rare, la mère d’Amine Kessaci se dit prête à pardonner aux assassins de son fils. Le procès de l’assassinat de Brahim s’ouvrira devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence le 19 octobre prochain.

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