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On pensait le trésor de Charles Ier définitivement perdu dans les eaux écossaises : une simple carotte de sédiment vient de relancer toute l’enquête

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Imaginez une carotte de sédiment, à peine plus grosse qu’un tube de rouge à lèvres, capable de faire vaciller un mystère vieux de presque quatre siècles. C’est pourtant exactement ce qui vient de se produire au large des côtes écossaises, dans les eaux froides du Firth of Forth. Depuis plus de trente ans, une association locale traque l’épave d’un navire ayant transporté une partie de la fortune du roi Charles Ier, disparue en une seule nuit de tempête en 1633. Alors que les recherches semblaient s’enliser dans le silence des archives et l’opacité des fonds marins, un simple prélèvement pourrait bien avoir relancé toute l’enquête.

À retenir

  • La Blessing of Burntisland, transportant une partie du trésor de Charles Ier, a coulé en 1633 dans le Firth of Forth, ne laissant que 2 survivants sur 35.
  • Le Burntisland Heritage Trust a localisé une épave possible à 1,6 km du rivage grâce à des radars, scans sous-marins et plongées, et une carotte de sédiment pointe vers son identification.
  • Un échantillon de bois a été signalé au Receiver of Wreck et une datation au carbone est attendue pour confirmer officiellement qu'il s'agit bien du navire.

Un roi, une tempête, et un trésor qui disparaît en une nuit

Un roi, une tempête, et un trésor qui disparaît en une nuit Charles Ier a probablement dissimulé le naufrage par crainte d'un embarras politique.
Crédit : © Domaine public

Nous sommes le 10 juillet 1633. Charles Ier effectue sa tournée du couronnement écossais, un déplacement fastueux qui mobilise plusieurs navires chargés de transporter sa cour, ses biens et surtout son trésor. Parmi cette flotte se trouve la Blessing of Burntisland, un bâtiment qui embarque bijoux royaux, textiles précieux, pièces de monnaie et vaisselle en métaux nobles. La valeur de cette cargaison est estimée à environ 100 000 livres de l’époque, soit l’équivalent d’environ 27 millions de dollars actuels. Certaines sources historiques évoquent même la présence à bord d’un service de table en or et en argent initialement commandé pour Henri VIII, bien qu’aucun inventaire officiel ne permette de le confirmer avec certitude.

Alors que le roi voyage lui-même sur un autre navire, celui-ci survit à la tempête qui s’abat sur le Firth of Forth. La Blessing, elle, n’a pas cette chance. Sur les 35 personnes présentes à bord, seules deux survivent au naufrage. En quelques heures, un pan entier de la fortune royale sombre dans les eaux écossaises, emportant avec lui hommes, richesses et souvenirs d’une époque.

Pourquoi personne n’a cherché l’épave pendant des décennies

On pourrait penser qu’un naufrage d’une telle ampleur, impliquant directement les biens du souverain, aurait immédiatement déclenché des recherches acharnées. Il n’en fut rien. Le drame aurait été dissimulé, probablement par crainte d’un embarras politique pour la couronne, retardant considérablement toute tentative de retrouver la cargaison perdue. Ce silence institutionnel a eu des conséquences durables : pendant des décennies, voire des siècles, l’emplacement exact du naufrage est resté flou, presque effacé de la mémoire collective.

Il faudra attendre des années pour que des équipes s’intéressent sérieusement au dossier. Une société américaine tente d’ailleurs sa chance avant de se retirer en 1996, laissant le champ libre au Burntisland Heritage Trust, qui reprend alors le flambeau. Les recherches menées depuis se heurtent à des obstacles bien concrets : des courants marins puissants, des sédiments profonds qui recouvrent tout indice matériel, et une visibilité sous-marine souvent quasi nulle. Autant de conditions qui expliquent pourquoi, plusieurs siècles après le drame, l’épave n’a toujours pas été formellement identifiée.

Une carotte de sédiment qui change tout

C’est dans ce contexte de patience et de frustration que l’affaire prend soudain une tournure inattendue. Des échantillons de carottes prélevées sur le site pointent fortement vers l’identification de l’épave comme étant celle de la Blessing of Burntisland, selon un rapport cité par la revue spécialisée Divernet. Une carotte de sédiment, ce petit cylindre de matière extrait du fond marin, agit ici comme une véritable capsule temporelle : elle conserve les traces, les strates et parfois les débris qui permettent de reconstituer l’histoire d’un lieu.

Ian Archibald, qui dirige l’équipe de recherche, se montre néanmoins prudent : l’identification n’est pas encore confirmée. Un échantillon de bois a été prélevé sur place, une étape déterminante puisqu’elle ouvre la voie à une datation au carbone.

Ce que révèlent les scanners sous-marins après 30 ans de traque

Au-delà de la carotte de sédiment, c’est toute une panoplie technologique qui a permis d’en arriver là. Le Burntisland Heritage Trust affirme avoir localisé une épave possible à environ 1,6 kilomètre du rivage, mesurant approximativement 16,7 mètres de long. Cette détection repose sur une combinaison de techniques : un radar à pénétration de sol adapté au milieu sous-marin, des méthodes de scan avancées, et enfin des plongées d’examen direct venues confirmer les données recueillies à distance.

La prochaine étape qui pourrait enfin authentifier le Blessing of Burntisland

L’échantillon de bois prélevé sur l’épave a été officiellement signalé au Receiver of Wreck, l’autorité gouvernementale britannique chargée de superviser la gestion des épaves maritimes. Cette démarche administrative marque une étape importante : elle place la découverte sous un cadre officiel, tout en ouvrant la voie à des analyses complémentaires. La datation au carbone reste désormais l’élément central attendu par toute l’équipe, celui qui pourrait transformer une hypothèse solide en certitude historique.

  • Naufrage survenu en 1633 dans le Firth of Forth
  • Épave potentielle localisée à environ 1,6 km du rivage
  • Échantillon de bois transmis au Receiver of Wreck
  • Datation au carbone à venir pour confirmer l’identification

Rappelons que Charles Ier, dont le trésor repose peut-être depuis près de quatre siècles au fond de ces eaux, connaîtra lui-même une fin tragique : jugé et condamné pour haute trahison, il sera exécuté en 1649. Une ironie de l’histoire qui donne à cette quête sous-marine une résonance particulière, entre richesse engloutie et destin royal brisé.

Trente ans de recherches, des plongées rendues difficiles par des courants tenaces, et voilà qu’une simple carotte de sédiment redonne espoir à toute une équipe. Il faudra encore patienter avant d’obtenir la confirmation tant attendue, mais l’affaire de la Blessing of Burntisland rappelle à quel point les mystères maritimes peuvent ressurgir là où on ne les attend plus. Reste à savoir si, une fois authentifiée, cette épave livrera enfin les trésors qu’elle abrite depuis 1633.

Brice L.

Rédigé par Brice L.

Brice est un journaliste passionné de sciences. Il collabore avec Sciencepost depuis plus d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.

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