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Le vendredi 14 août, des policiers sont dépêchés par les services de secours à une adresse de Battersea, au sud-ouest de Londres. En arrivant sur place, ils découvrent un homme dans un état inconscient. Il s'agit de Jason Arday, le plus jeune professeur noir de l'histoire de l'université de Cambridge (Grande-Bretagne), âgé de 41 ans. L'homme était alors au cœur des accusations dans une affaire de plagiat. La semaine précédente, celles-ci l'avaient d'ailleurs poussé à démissionner de son poste de professeur de sociologie de l'éducation à Cambridge.
Des accusations de plagiat
Tout débute lorsque l'universitaire américain Nathan Cofnas affirme avoir trouvé de nombreuses preuves de plagiat dans les travaux de Jason Arday. Les médias britanniques et les commentateurs de droite emboîtent alors le pas à Nathan Cofnas, affirmant que Jason Arday – qui conteste ces accusations – a indûment bénéficié des politiques en matière de diversité, d'égalité et d'inclusion.
Chercheur à l'UGent, Nathan Cofnas s'autodéfinit comme un "réaliste racial". Il est connu pour son opposition aux politiques d'égalité des chances et estime qu'il existe d'importantes différences biologiques, notamment en termes de quotient intellectuel (QI) entre les "races" humaines. En 2024, il avait été licencié de son poste à Cambridge, entre autres suite à des accusations de racisme. Jeudi dernier, ce fut au tour de l'université de Gand (UGent) de le suspendre de ses activités de recherche post-doctorale "à titre préventif". Une "enquête disciplinaire préliminaire" à l'encontre du chercheur a aussi été ouverte par l'institution gantoise.
Jason Arday, l'ex-professeur à Cambridge mêlé à un scandale de plagiat, a été retrouvé mortUne décision saluée par certains, mais condamnée par d'autres. L'ambassadeur américain en Belgique Bill White a par exemple dénoncé "les mesures de rétorsion prises par l'université de Gand à l'encontre d'un universitaire américain à la suite de ses signalements exacts, en tant que lanceur d'alerte, sur des fraudes académiques. […] Le but ultime de la liberté d'expression est de renverser les mensonges, la fraude et les idéologies fausses. C'est précisément ce que Cofnas faisait, et c'est précisément la raison pour laquelle son institution d'attache veut le réduire au silence", s'est-il ainsi offusqué sur le réseau social X.
Où s'arrête la liberté d'expression ?
Cette polémique suscite en effet une question : où s'arrête la liberté d'expression d'un académique dans nos universités ? À l'UCLouvain, par exemple, il existe une "charte pour des partenariats responsables". Elle tente d'articuler au mieux le droit au respect de la liberté académique et le devoir "d'œuvrer à la paix et au respect effectif des droits humains, dans et hors les frontières nationales". Ces "droits humains" concernent par exemple ceux consacrés par la convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale du 21 décembre 1965 ou encore ceux consacrés par la convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes du 18 décembre 1979.
Derrière les accusations qui ont poussé le plus jeune professeur noir de Cambridge à démissionner, on retrouve un philosophe controversé de l'UGentDe son côté, l'université de Liège dispose d'une "charte éthique", qui repose sur trois principes. En premier lieu, elle requiert l'intégrité, soit le fait "d'agir en accord avec certains principes et valeurs, et de faire preuve d'honnêteté dans leur application". Elle suppose aussi le respect de la personne, qui implique "le traitement équitable et digne de chaque personne, dans le respect de la diversité de la communauté". Enfin, elle impose la responsabilité pour chaque prise de décision importante de "rendre compte de ses actes, de ses résultats et des implications de ceux-ci".
L'université libre de Bruxelles a quant à elle adopté un "code de déontologie et d'intégrité". Elle dispose aussi de plusieurs comités d'éthique permettant d'émettre des avis.
En d'autres termes, même si la défense d'une liberté académique inébranlable est prônée par de nombreuses institutions, celles-ci rappellent dans le même temps qu'elle reste soumise aux principes légaux tels que l'interdiction d'émettre des appels à la discrimination, à la haine ou à la violence, de diffamer ou de pratiquer le négationnisme, par exemple.
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