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Jardin expérimental : en Seine-et-Marne, 6 000 m² dédiés aux abeilles et à la biodiversité

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Une ancienne friche de 6 000 m2 à Mouroux pourrait devenir un refuge pour les abeilles et la biodiversité. Au programme : jardin expérimental, ruches et ateliers pédagogiques.

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Un jardin pour faire bourdonner la biodiversité

La Maison des abeilles va faire bourdonner la biodiversité. ©Illusutation/Pixabay

Par Vanessa Aspe Publié le 26 août 2026 à 6h10

Un essaim d’idées pour la biodiversité ! Un terrain délaissé pourrait bientôt changer de visage, à Mouroux (Seine-et-Marne).
En bordure de la voie ferrée, autour d’une ancienne petite maison de garde, près de 6 000 m² de friche doivent devenir un lieu consacré aux abeilles, aux plantes et, plus largement, à la biodiversité.
Porté par une nouvelle association, La Maison des abeilles et de la biodiversité, ce projet entend faire de cet espace un jardin expérimental, pédagogique et coopératif. Un laboratoire à ciel ouvert, où l’on pourra observer, planter, apprendre… et agir.

L’abeille est un insecte à la fois familier et mystérieux.

À l’origine du projet, Denis Tournoux. Aujourd’hui retraité, cet ex-professeur de sculpture, sensible à la nature, ne vient pourtant pas du monde de l’apiculture. C’est précisément la découverte du terrain en déshérence qui a déclenché l’idée.

Plutôt que de laisser disparaître cet espace, Denis Tournoux imagine donc ici « une maison des abeilles et de jardin coopératif ». « J’ai parlé du projet au maire qui a toute de suite été emballé par l’idée », explique-t-il.

Production de miel

Pour le président de l’association, l’abeille constitue un formidable point de départ pour parler de nature et de biodiversité. « L’abeille est un insecte à la fois familier et mystérieux, qui peut inquiéter parce qu’il pique mais qui reste largement associé à une image positive », estime-t-il.

L’insecte devient alors le trait d’union entre l’homme et son environnement : on lui offre un milieu favorable et, en retour, il participe à la pollinisation et produit du miel.

Le projet part aussi d’un constat : les conditions dans lesquelles évoluent les plantes et les insectes changent. Manque de diversité, pesticides, monocultures, sécheresse : l’association veut réfléchir à la manière dont un jardin peut s’adapter à ces nouvelles contraintes. Le futur espace ne sera donc pas seulement un jardin d’agrément. Il doit véritablement servir de terrain d’expérimentation.

Un jardin pour s’adapter au climat

Sur les 6 000 m², l’association souhaite donc créer un véritable jardin de biodiversité, avec notamment des arbres présentés comme résistants à la chaleur : cèdres, magnolias ou encore eucalyptus. « Dans ce jardin qui va devenir un parc, on va avoir des plantations adaptées aux nouvelles conditions climatiques, explique Denis Tournoux. Toutes les plantations ne réussiront pas nécessairement. Certaines pourront dépérir, d’autres s’acclimater et se développer. »

Le jardin doit ainsi devenir une sorte de modèle grandeur nature pour les particuliers. Chacun pourra y trouver des pistes pour composer son propre espace vert avec des végétaux mieux adaptés aux conditions climatiques.

Des fleurs presque toute l’année

L’autre particularité du futur jardin sera sa vocation nourricière pour les abeilles. L’association souhaite une végétation florifère sur une très longue période, afin d’éviter le traditionnel trou de floraison qui suit le printemps.

Le but ? Parvenir à « plusieurs mois de floraison permanente, avec une période qui commencerait en avril et pourrait se prolonger jusqu’à la fin octobre, début novembre », annonce Denis Tournoux.

L’idée est de permettre aux abeilles de trouver de quoi se nourrir sur une période beaucoup plus longue que d’ordinaire. L’association rappelle aussi qu’un environnement favorable aux pollinisateurs ne se résume pas à quelques fleurs au printemps : il faut penser le jardin dans sa durée, en fonction des besoins des insectes.

Par ailleurs, si le nombre de ruches sera d’abord limité, le temps que la végétation s’installe, à terme, l’association estime qu’une dizaine pourrait trouver leur place sur le site. Leur gestion sera encadrée par un spécialiste des abeilles et des frelons.

Apprendre en faisant

La Maison des abeilles et de la biodiversité veut enfin être un lieu où l’on apprend en mettant les mains dans la terre ou en ouvrant une ruche, lorsque les conditions de sécurité le permettent.

Des animations pédagogiques doivent être proposées autour de la diversité végétale, de la gestion d’un jardin avec un minimum d’eau et du fonctionnement des abeilles. Les enfants auront également leur place dans le projet. Parmi les activités envisagées : la récolte du miel, son traitement et son extraction.

La ruche pédagogique vitrée doit notamment permettre d’observer les abeilles sans avoir à intervenir directement dans leur environnement. « On peut aller voir ce qu’il se passe à l’intérieur », souligne Denis Tournoux.

Mais le projet veut surtout créer un espace où les habitants deviennent eux-mêmes acteurs. Planter, apporter une bouture, observer une plante, participer à un atelier ou découvrir le fonctionnement d’une colonie : chaque activité doit contribuer à créer une culture commune autour du vivant.

Une approche collaborative

Cette dimension collective est au cœur de la démarche. La Maison des abeilles n’a pas vocation à être uniquement un lieu consacré à la production de miel. Elle veut montrer, à partir d’un terrain concret et accessible, les liens qui unissent plantes, insectes, climat et activités humaines.

Le pari de Denis Tournoux tient finalement en une idée simple : faire de l’abeille une porte d’entrée vers une compréhension plus large de la nature. « C’est cet animal dont on a besoin, cet animal qui nous rappelle que la nature, en fait, c’est quelque chose d’essentiel mais fragile », résume-t-il.

Un projet qui ne manque pas de piquant !

Association à but non lucratif présente lors du forum des associations, dimanche 6 septembre, de 10 h à 17 h, au complexe sportif de Mouroux.

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