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Malgré aveux et preuves matérielles, la justice libère un tueur en série

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Entre 1981 et 1986, dans la seule ville de Pontcharra en Isère, trois femmes disparaissent. Cela fait beaucoup dans une petite commune d’alors 5500 habitants. Une seule affaire de meurtre a été résolue, celle de Marie-Thérèse Bonfanti, plus de 35 ans après les faits. Mais l’assassin ne sera pas condamné. Ainsi en a décidé la Cour de cassation avec des arguties qui font jouir les médias de gauche et d’ultra-gauche. Les assassins sont aussi des électeurs potentiels.

La liste des victimes connues

Liliane Chevènement, secrétaire de 41 ans, disparue le 30 juillet 1981. Retrouvée morte le 5 octobre 1981, étranglée avec un fil de fer.

Marie-Ange Billoud, 19 ans, disparue le 9 mai 1985 alors qu’elle s’apprête à quitter Pontcharra pour se rendre à Chambéry en auto-stop.

Marie-Thérèse Bonfanti, 25 ans, disparue le 22 mai 1986 alors qu’elle distribue des journaux dans la ville de Pontcharra. « Elle est sûrement partie avec un amoureux », c’est vite dit. L’affaire est classée sans suite en novembre 1987 et un non-lieu est prononcé en juin 1988.

L’assassin est connu depuis le début de l’enquête, mais les juges ne veulent pas le voir !

Le principal suspect s’appelle Yves Chatain. C’est un voyou précoce et dangereux. À 14 ans, il avait agressé sexuellement une femme puis l’avait tabassée parce qu’elle avait porté plainte contre lui. Et en 1985, il avait tenté d’étrangler une automobiliste. Condamnation : 8 mois avec sursis. Pourquoi se gêner ? Depuis Badinter, c’est open bar pour les criminels.

Comme par hasard, les trois femmes ont été aperçues à proximité de la maison de Chatain juste avant leur disparition. Cela aurait mérité une large commission rogatoire et des investigations poussées pour des enquêteurs pugnaces. Mais la décision est à la discrétion d’un juge omnipotent réputé infaillible. Qui ne voit pas l’intérêt d’investiguer.

L’affaire traîne… malgré les demandes réitérées des familles de rouvrir l’enquête. Il n’y a pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre. Et en 1991, la maison du suspect est démolie à l’initiative du maire avec l’accord du procureur « parce que ça attire des curieux et que ça perturbe la vie de Chatain ». Sans écouter les familles de Marie-Ange Billoud et Marie-Thérèse Bonfanti qui demandent que des fouilles soient effectuées dans le vide sanitaire et le jardin. Requêtes rejetées. « Ces femmes sont folles ! »

Les familles des victimes s’en mêlent et ça déplaît aux juges

La mère de Marie-Ange Billoud, tel un personnage d’Agatha Christie, décide alors de fouiller elle-même les décombres et y trouve des restes humains, des fragments de hanche et de tibia qu’elle demande à faire analyser. Malgré ces découvertes, aucune enquête n’est rouverte, rien n’est transmis aux labos judiciaires. « Une affaire classée, on ne revient pas dessus ! »

En janvier 1992, la mère de Marie-Ange Billoud écrit dans une lettre publique placardée dans plusieurs endroits de Pontcharra sa conviction que Yves Chatain a tué sa fille. Celle-ci avait l’habitude de faire du stop devant sa maison. L’assassin l’attaque en diffamation et gagne son procès ! De mieux en mieux ! Elle écope de quinze jours de prison et d’une amende de 6000 francs, soit 915 euros. Tout commentaire exprimant une quelconque critique serait passible d’une condamnation pour outrage à magistrat.

Puisque la police et la justice de l’État français ne s’intéressent pas à leur détresse, au début des années 2000, les familles des victimes engagent un ancien enquêteur de la Gendarmerie devenu détective privé. Celui-ci conclut que les trois disparitions sont forcément liées à un tueur en série, tout désignant Yves Chatain en raison de la proximité entre sa maison opportunément démolie et le dernier endroit où ont été vues les disparues. Cela n’avait pas échappé aux premiers enquêteurs mais les juges n’avaient rien voulu entendre.

34 ans après le crime, on trouve enfin un magistrat qui s’intéresse aux victimes. Mieux vaut tard que jamais !

Finalement, 34 ans après la disparition de Marie-Thérèse Bonfanti, sa famille obtient en 2020 une relance de l’enquête par le procureur de la République de Grenoble. En juin 2021, une information judiciaire contre X est ouverte pour « enlèvement et séquestration ». Pas meurtre ? « Mais non, vous savez bien qu’elle est partie avec un coquin ! »

Yves Chatain, désormais âgé de 57 ans, est interrogé en mai 2022, et il avoue le meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti. Le secret de l’instruction interdit de développer les méthodes employées pour le faire craquer, mais rassurez-vous n’en déplaise à LFI, les flics ne torturent pas leurs clients. On peut tout de même révéler que la ruse et la persévérance l’ont emporté, à coups de questions insidieuses et de pièges l’amenant à se contredire et à perdre le self control dont il avait toujours fait preuve.

Durant sa garde à vue, Yves Chatain donne des indications sur le lieu où le corps de Marie-Thérèse Bonfanti se trouve. Le 26 octobre 2022, un crâne est retrouvé ainsi qu’un bouton pression et un bout de tissu. Les expertises ADN effectuées démontrent qu’il s’agit bien du crâne de Marie-Thérèse. Concernant le mobile du meurtre, Yves Chatain indique que la voiture de sa victime le gênait pour se garer. « Elle l’a contrarié, tant pis pour elle ! »

Après ses aveux et les preuves déterrées, on hésite encore à l’incarcérer. Au nom de la présomption d’innocence !

Finalement, il va en détention provisoire et trois mois plus tard, en novembre 2022, le présumé serial killer demande sa remise en liberté. Celle-ci est refusée par la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Grenoble qui estime que le meurtre n’était pas prescrit, la prescription ayant été interrompue du fait des relances de l’affaire. Après tout ce temps, et ces souffrances pour les familles, enfin des juges qui ne marchent pas sur la tête. Mais la victoire amère est éphémère.

En janvier 2023, les bavards de Chatain saisissent la Cour de cassation qui annule, en novembre 2023, la décision de la Cour d’appel de Grenoble, estimant que le crime est prescrit. Le tueur est libéré, le 7 décembre 2023, en attendant que la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Lyon, à qui le dossier a été renvoyé, l’examine.

Lors de l’audience du 24 mai 2024, une « question prioritaire de constitutionnalité » est posée afin de déterminer s’il y a réellement prescription. Le 16 janvier 2026, la cour de cassation qui a pris son temps confirme la prescription des faits concernant Marie-Thérèse Bonfanti. Le criminel est libre ! Ne commentez surtout pas, ce serait un outrage aux plus hauts magistrats français. On n’est pas en Amérique où les cold cases ne sont jamais refermés.

La famille Bonfanti est dévastée, surtout après les aveux du tueur et les preuves apportées par la criminalistique, mais personne en France n’a le droit de critiquer les décisions des juges.

Réouverture des autres cold cases

Le 24 mai 2022, dans la foulée des aveux d’Yves Chatain, le procureur de la République de Grenoble annonce la réouverture de l’enquête dans l’affaire de la disparition de Marie-Ange Billoud ainsi que la reprise du dossier judiciaire concernant le meurtre de Liliane Chevènement. Plus de quarante ans après. Pour savoir. Puisqu’on ne peut pas condamner.

De nombreuses zones d’ombre planent sur le suspect, étant donné le nombre important de disparitions non élucidées non seulement à Pontcharra, mais aussi dans les alentours depuis 1981 comme si l’élection de Mitran avait été le fait déclencheur. Sept ou huit femmes évaporées ! Coïncidences peut-être mais ce ne serait pas la première fois que des crimes en série s’insèrent dans l’air du temps.

Landru pendant la Première Guerre mondiale, Petiot lors de la Seconde et Eugen Weidmann grand admirateur d’Hitler qui venait tuer en France, comptant sur la frontière pour assurer son impunité. Et dans les années 1980 et suivantes, les socialauds, leurs juges, leurs sociologues, leurs psychiatres et leurs journaleux se relaient dans les médias pour expliquer que les assassins sont des victimes de la société. Il faut les comprendre. Les excuser. Leur donner une deuxième chance. Et que les familles des victimes arrêtent un peu d’importuner la justice !

Pétition pour le rétablissement de la peine de mort

Christian Navis

https://climatorealist.blogspot.com/

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