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Brésil-Maroc : Vinicius «joga bonito», Bouaddi lionceau de l’Atlas, une affiche qui fait «pschitt»... Les tops et flops du premier choc de la Coupe du monde

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DÉCRYPTAGE – Après le match nul entre le Brésil et le Maroc (1-1), samedi soir, dans le New Jersey, pour le compte du groupe C, découvrez ce qui a plu... et déplu à la rédaction du Figaro.

TOPS

Vinicius en mode «joga bonito»

Si la Seleção s’en est sortie dans ce choc face au Lion de l’Atlas, c’est bien grâce à son intenable numéro 7. Pour son 50e match avec le maillot brésilien, Vinicius est venu remettre son équipe dans le bon sens, d’une énorme frappe du droit (32e), alors que ses partenaires vacillaient de plus en plus face à l’agressivité marocaine. Une nouvelle fois, le feu follet auriverde, toujours aussi impactant, a prouvé qu’il était de retour à son meilleur niveau ces derniers mois. Le fer de lance et l’homme providentiel de cette Seleção, accrochée par un beau Maroc samedi soir dans le New Jersey (1-1).

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Ayyoub Bouaddi, jeune lionceau rugit

18 ans et déjà tout d’un grand. Le 15 mai dernier, le football français savait qu’il venait de laisser filer un joyau. En choisissant officiellement de représenter le Maroc sur la scène internationale, plutôt que de jouer pour les Bleus – qui ont perdu (très gros), le jeune milieu de terrain de Lille, véritable «pépite» du championnat de France, a privilégié un rôle immédiat en sélection plutôt qu’un parcours sans doute plus long et plus incertain avec l’équipe de France. Un pari déjà gagnant. Pour sa première apparition en Coupe du monde, le numéro 6 marocain a éclaboussé la rencontre de son talent et exposé son volume de jeu d’une saisissante précocité. Près de 90 % de passes réussies sur ses 66 tentées, 86 ballons touchés, six récupérations ainsi que quatre tacles réalisés : une prestation d’une rare justesse technique et d’une maturité impressionnante dans l’entrejeu pour son âge. Masterclass du lionceau de l’Atlas.

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Brahim Diaz infernal

Il n’a pas arrêté. Le meneur de jeu du Maroc a livré une sacrée prestation avant d’être remplacé (65e). Trois tirs – dont un cadré –, deux occasions créées, ainsi que 38 touches de balle réalisées et 100 % de passes réussies pour le numéro 10 des Lions de l’Atlas. Après le fiasco monumental de sa panenka complètement ratée en finale de la dernière CAN face au Sénégal, le milieu de terrain du Real Madrid s’est bien remis la tête à l’endroit et entame de la meilleure des manières cette Coupe du monde. Un véritable poison pour les défenses adverses.

Saibari brille

Un match abouti de la part du numéro 11 marocain. L’avant-centre des Lions de l’Atlas est venu subtilement et sublimement ouvrir le score d’un ballon piqué face à Alisson Becker peu après le quart d’heure de jeu (20e). Un geste maîtrisé de grande classe pour Ismael Saibari. Digne de la Coupe du monde. Même lorsqu’il s’est mis à dézoner ou à fixer et jouer en pivot, ce dernier s’est montré efficace, percutant et juste techniquement (33 ballons touchés, 24 passes, dont 92 % de réussies). Malgré le changement de sélectionneur et l’arrivée de Mohamed Ouahbi, le joueur du PSV Eindhoven poursuit son ascension au sein de la sélection marocaine et s’affirme, un peu plus encore, comme un élément incontournable.

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Une mi-temps chacun...

Les Lions de l’Atlas, invaincus sur 50 de leurs 52 derniers matches toutes compétitions confondues (sur 90 minutes), avaient parfaitement entamé la rencontre, prenant d’entrée à la gorge des Brésiliens acculés dans leurs 30 derniers mètres. Impressionnants de solidité et d’intensité, les hommes de Mohamed Ouahbi ont pourtant été cruellement punis en plein temps fort par Vinicius, auteur de l’égalisation au terme d’une transition rapide. La seconde période a ensuite offert un tout autre visage : davantage dans la gestion, puis progressivement rattrapés par la fatigue, à l’image de Noussair Mazraoui, en difficulté physiquement.

FLOPS

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... dans un choc qui fait «pshitt»

Au retour des vestiaires, contre toute attente, après 45 minutes dominées par les Marocains, ce sont les joueurs de Carlo Ancelotti qui se sont montrés les plus menaçants. Sans pour autant se procurer d’occasions franches. À l’image de Raphinha et Igor Thiago qui n’auront pesé sur la rencontre. Au final, les deux équipes auront eu leurs moments, sans réellement jouer ensemble. À l’exception du temps additionnel de 10 minutes, le second acte fut long. Très long. Et débouche sur un résultat qui ne fait les affaires d’aucune des deux équipes dans ce groupe C, où l’Écosse et Haïti s’affrontent plus tard dans la nuit (3h, heure française).

Raphinha méconnaissable

Le formidable attaquant du Barça n’est pas le même avec la Seleção. On en a encore eu la preuve. Curieusement et étonnamment replacé dans le cœur du jeu par son sélectionneur Carlo Ancelotti (pourquoi ?), avec un rôle plus central de numéro 10 – alors qu’il n’a pas d’équivalent à son poste dans l’équipe –, l’habituel ailier gauche a semblé totalement perdu au poste de meneur, ne sachant pas réellement où se placer, toujours en décalage avec ses coéquipiers, longtemps hors rythme. Malgré son impuissance offensive, l’international brésilien a tout de même su se procurer trois occasions face au gardien marocain Yassine Bounou. En vain. Si le Brésil veut aller loin dans ce Mondial et retrouver quelque peu de sa superbe, il devra avoir un grand Raphinha. Pour l’instant, ce n’est pas le cas.

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Une Seleção faiblarde...

Nous n’attendions pas le retour du grand Brésil... Nous n’avons pas eu le retour du grand Brésil. Les Auriverde ont vécu une première demi-heure extrêmement délicate, broyés et asphyxiés par l’intensité et le pressing des Lions de l’Atlas. Sans le coup d’éclat de Vinicius à la demi-heure de jeu, il aurait été difficile d’imaginer la Seleção revenir dans le match à tel point le Maroc était solide et bien en place.

À l’image de sa défense – notamment la charnière Gabriel-Marquinhos –, le Brésil s’est montré très laxiste et fébrile, notamment face aux transitions rapides adverses à la suite de ballons perdus dans l’entrejeu. Les coéquipiers de Neymar – forfait mais sur le banc et qui devrait faire son retour à l’entraînement la semaine prochaine – ont prouvé une nouvelle fois pourquoi ils ne figurent pas parmi les principaux favoris de cette compétition. La Seleção, déclassée, peine toujours à retrouver de sa superbe et ne semble pas prête à mettre fin à sa disette de 24 ans au Mondial.

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... Ancelotti contestable

À l’instar de ses joueurs alors au supplice sur la pelouse face à des Lions de l’Atlas affamé, le sélectionneur de la Seleção Carlo Ancelotti, prolongé jusqu’en 2030, semblait à cours d’idées et dépassé sur son banc. Très vite, l’entraîneur de 67 ans a remarqué que son milieu de terrain se faisait perforer dans tous les sens. Bruno Guimarães, Lucas Paqueta et Casemiro ont été essorés et systématiquement transpercés à tout va suite à leurs indénombrables pertes de balle. L’Italien s’est alors quelque peu rattrapé en procédant à certains changements qui ont été bénéfiques à son équipe, renforçant l’entrejeu, sans pour autant peser sur le résultat final. Les entrées en jeu de Fabinho (32 ans) et Danilo (34 ans) – tous deux revenus terminer leur carrière au Brésil – interrogent quant au projet porté par cette Seleção.

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Quelle est réellement l’idée de jeu que souhaite mettre en place «Carletto» avec cette équipe ? La question mérite d’être posée, d’autant plus au sein d’un effectif partagé entre des cadres sur le déclin et une jeune génération bien loin du niveau de talent que le Brésil était capable de produire par le passé.. Il n’est d’ailleurs pas du tout certain que le retour de Neymar, 34 ans également, actuellement blessé, change véritablement la donne pour la Seleção, qui semble, à l’image de son sélectionneur et depuis de longs mois, engagée sur un chemin aussi flou qu’incertain.

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