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Les policiers « ne sont pas au-dessus des lois », dit une présumée victime

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L’audience dans l’affaire du policier Clinton Duquette a été reportée pour la cinquième fois. Ce policier de Regina a été sanctionné par une journée de suspension sans solde pour avoir accédé illégalement à la base de données de son employeur à plus de 67 reprises. Sa victime dénonce un manque d'action de la part de la justice, alors qu’une nouvelle audience est prévue pour le 19 octobre prochain.

La victime dans cette affaire a demandé l’anonymat par crainte de représailles et est connue sous le pseudonyme Jane Doe.

Clinton Duquette est accusé d’avoir fouillé illégalement la base de données de la police à 67 reprises pendant trois ans pour obtenir des informations privées sur son ex-conjointe et sa famille.

Jane Doe interpelle la justice saskatchewanaise.

Ils doivent commencer à prendre en compte l’impact de cela sur les victimes et les survivants. Deux ans, c’est beaucoup de temps pour se battre pour toute forme de justice, dit-elle.

La plaignante souhaite toujours mener ce combat, pour elle et pour les autres victimes de violence conjugale.

En tant que survivantes de violences conjugales, nous comprenons que ces violations de la vie privée sont beaucoup plus profondes qu’on le croit.

Elle pointe du doigt également les dysfonctionnements au sein de la police de Regina.

Vous comptez sur ces policiers pour intervenir dans les cas de violence conjugale et venir en aide à d’autres victimes, alors que ce sont eux qui commettent ces actes, affirme Jane Doe. Elle affirme qu’ils ne sont pas au-dessus de la loi.

Trish Elliot.

Trish Elliot, une membre de la communauté venue soutenir la victime dans l'affaire Clinton Duquette.

Photo : Radio-Canada / Germain Wilson

Trish Elliot, une membre de la communauté, est venue soutenir la victime dans cette affaire. Elle fait partie d’un groupe de femmes qui demandent des changements. Elle accuse les retards dans la prise de responsabilité envers la victime.

Elle explique que c’est grâce à une pétition de la part de citoyens que des accusations légères ont été portées contre l'accusé cinq ans après les faits et deux ans après leur découverte.

Trish Elliot dénonce également les lacunes dans le système policier, notamment pour ce qui est de la prise en compte de la parole des femmes.

Le processus est terrible pour les femmes. Ils leur donnent une raison de ne pas porter plainte parce qu'elles ne sont pas prises au sérieux, explique-t-elle.

Selon la victime et la militante, des réformes et de nouveaux mécanismes doivent être mis en place.

Cela commence par une tolérance zéro avec les auteurs de ces délits. Elles souhaitent également un meilleur système pour les dénonciations contre les membres de la force de police.

Trish Elliot exige également le lancement d'une enquête privée, qui, selon elle, est le seul moyen qui nous aidera à comprendre la gravité de la situation. Elle évoque un problème omniprésent et profond, que nous ne découvrirons qu’en parlant aux femmes.

L’affaire Clinton Duquette

Un rapport de la police a dévoilé que Clinton Duquette, qui compte plus de 10 ans de carrière, a consulté la base de données confidentielle de la police à 67 reprises entre 2021 et 2024. Le policier avait utilisé des moyens pour contourner les mesures de sécurité.

Suite à la découverte de ces fouilles illégales, l’agent a été suspendu pour une journée sans paye. Il est actuellement toujours en poste et bénéficie encore de l’accès au système de données.

À part sa journée de suspension, M. Duquette, a dû suivre une formation sur l’éthique et fait l'objet d’audit aléatoire.

La commissaire à l'information et à la vie privée de la Saskatchewan, Grace Hession David, a décidé de renvoyer le dossier au procureur général de la Saskatchewan pour d'éventuelles poursuites pénales.

Le cas de Clinton Duquette fait écho à deux autres affaires similaires au sein de la force de police.

Récemment, une employée s’est vu retirer l’accès à la base de données, après que des accusations de mauvaise utilisation ont été portées contre elles. Robert Eric Semenchuck, un ancien policier de Regina, a plaidé coupable pour utilisation de la base de données personnelles pour avoir des relations intimes avec des femmes.

Avec les informations de Campbell Stevenson

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