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Au Nunavut, l’Association inuit de Qikiqtani (QIA) redoute les effets négatifs du projet de centrale hydroélectrique près d’Iqaluit. Bien qu’à la tête de cette initiative, l’organisation estime que le barrage pourrait avoir des “impacts négatifs significatifs” sur l’environnement et le mode de vie traditionnel des populations locales.
Dans un document transmis à la Commission du Nunavut chargée de l'examen des répercussions, la QIA estime que la chasse, la nourriture traditionnelle et la sécurité durant les voyages sont des sujets qui requièrent plus de considération.
Le projet le long de la rivière Kuugaluk, située à environ 60 kilomètres au nord-ouest de la capitale nunavummiut, a pour ambition de réduire la dépendance au diesel du territoire avec une production hydroélectrique de 15 à 30 mégawattheures.
Le coût total du projet est estimé entre 400 millions et 500 millions de dollars.
S’il va de l’avant tel que proposé, environ 73 kilomètres carrés de terres seraient inondés.
Pour cette raison et d'autres, le projet divise depuis plusieurs années, notamment du côté de la communauté de Pangnirtung, située à environ 300 kilomètres au nord-est d’Iqaluit.
Cette rivière est l’une des zones les plus sensibles en termes de répercussions environnementales, argue Johnny Mike, le député territorial de la communauté. Selon lui, il y aura des effets sur les populations de poissons et de caribous, mais aussi sur les propriétaires de chalet de la région.
Deux organisations inuit qui s’affrontent
La première pelletée de terre est encore lointaine néanmoins, selon Harry Flaherty, président et chef de la direction de la Nunavut Nukkiksautiit Corporation, une entité de la QIA.
Son organisation est encore en attente des résultats des évaluations environnementales pour identifier les conséquences sur la faune, les oiseaux, les plantes et les caribous.
Harry Flaherty l’assure, tant que ces évaluations ne sont pas terminées, ainsi que les consultations communautaires, les travaux ne débuteront pas.
Mais il remet du même souffle en question la pertinence de la QIA pour évaluer ce projet hydroélectrique.
La direction de QIA ne sait pas ce que nous savons en termes de faune, soutient-il.
Ils sont là pour promouvoir et protéger nos droits, mais je me retrouve à me battre contre QIA, déplore Harry Flaherty, c’est comme si c’était Inuit contre Inuit désormais.


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