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Les pédiatres pour la vaccination de tous les nourrissons contre le virus respiratoire

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Les pédiatres de l’Alberta exhortent le gouvernement provincial à proposer gratuitement le vaccin préventif contre le virus respiratoire syncytial (VRS) à tous les enfants de moins de 6 mois, à compter de l’automne prochain.

Selon eux, cela permettrait d’éviter que de nombreux bébés tombent gravement malades et, par conséquent, d’alléger la pression sur les services pédiatriques.

L’Alberta offre actuellement des doses de nirsevimab aux tout-petits, mais seulement à ceux qu’elle considère comme à haut risque, notamment des prématurés et les bébés admis dans des unités de soins intensifs néonatals.

Le nirsevimab n’est pas un vaccin à proprement parler. C’est ce qu’on appelle un anticorps monoclonal, comme l’explique la Dre Isabelle Chapados, pédiatre à Edmonton. C’est un anticorps préformé, qui est bon pour 6 mois, dit-elle à l’émission La croisée, sur les ondes de Radio-Canada. Ça réduit l’incidence de 83 %.

Le nirsevimab a été approuvé par Santé Canada en 2023. Celui-ci a approuvé, en février dernier, une autre injection préventive, le clesrovimab. Tous les deux contiennent des protéines synthétiques qui agissent comme celles produites par le système immunitaire.

Plus de 500 hospitalisations

Mercredi, le tableau de bord du gouvernement provincial recensant les cas indiquait que, depuis le début de la saison des virus respiratoires, 516 bébés de moins de 1 an ont été hospitalisés, dont 59 en soins intensifs. Aucun décès n'a été signalé à ce jour.

Chaque année, nous recevons à l’hôpital des enfants qui ont besoin d’oxygène, et certains finissent en soins intensifs, affirme le Dr Sam Wong, pédiatre à Edmonton et, par ailleurs, président de la section pédiatrique de l’Association médicale de l'Alberta (AMA).

La Dre Isabelle Chapados ajoute que, à cause du nombre important d’hospitalisations, certains enfants malades ont dû être hospitalisés dans des lieux qui ne sont pas destinés à cela, comme des anciennes salles de physiothérapie ou encore des endroits prévus pour des activités récréatives.

Selon elle, l’état de certains patients a nécessité qu’ils soient mis sous oxygène et nourris grâce à un tube artificiel. Cela montre que le VRS peut entraîner des maladies graves, comme la pneumonie et la bronchiolite.

Le Dr Sam Wong sourit sur l'image.

Le Dr Sam Wong est le président de la section de pédiatrie de l'Associatioin médicale de l'Albertra. (Photo d'archives)

Photo : Fournie par Dr. Sam Wong

Au nom de la prévention

Veiller toute la nuit, regarder un bébé lutter pour respirer, essayer de trouver ce qu’on peut faire de plus pour l’aider… C’est quelque chose que j’aimerais beaucoup laisser derrière moi, souligne le Dr Sam Wong.

Pour voir ce vœu se réaliser, la section de pédiatrie de l’AMA a adressé une lettre à la ministre provinciale des Soins primaires et préventifs, Adriana LaGrange, au début de ce mois.

Dans leur missive, les pédiatres demandent également que l’accès à la couverture vaccinale soit élargi à tous les bébés qui naîtront au cours de la prochaine saison des infections respiratoires.

La Dre Chapados estime que la couverture actuelle, qui est limitée aux tout-petits considérés comme plus à risque, n’est pas suffisante, car, explique-t-elle, les enfants normaux sont tout aussi exposés au VRS.

Et quand ils tombent malades, ils peuvent, en même temps, attraper d’autres infections, comme l’influenza. C’est ce qu’on appelle des co-infections, précise la Dre Chapados.

Une pédiatre témoigne de l'importance de la continuité des soins de ses patients.

Le Dre Isabelle Chapados souligne que le virus respiratoire peut mener à des complications graves. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) vient de publier une mise à jour dans laquelle il recommande vivement la mise en place de programmes universels de vaccination saisonnière contre le VRS pour les nourrissons.

Il précise que cela pourrait consister, soit en l'administration d'anticorps monoclonaux aux nouveau-nés, soit en une combinaison entre un vaccin administré pendant la grossesse et des doses d'anticorps pour les nourrissons à haut risque.

À l'heure actuelle, en Alberta, les femmes enceintes doivent payer de leur poche le vaccin contre le VRS, connu sous le nom d’Abrysvo.

La province temporise

Malgré les exhortations des pédiatres, le gouvernement de l'Alberta ne s'engage pas à étendre le programme de vaccination contre le VRS à tous les nourrissons.

La province explique que, en la matière, elle a une approche basée sur les preuves, afin, dit-elle, de s’assurer que des programmes financés par des fonds publics apportent le plus grand bénéfice pour la santé.

À l’heure actuelle, aucune décision n’a été prise au sujet de la couverture universelle.

Les critères d’admissibilité pour la saison 2026-2027 seront déterminés sur la base des avis d’experts, ajoute le Ministère.

Pauwlina Cyca et Adriana LaGrange lors d'une conférence de presse à Calgary, le 9 octobre 2024.

Le gouvernement de l'Alberta n'a pas encore décidé de rendre le vaccin contre le VRS universel pour tous les nourrissons. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette

Le gouvernement a ainsi demandé à l’Institute of Health Economics de réaliser une étude sur l’efficacité financière et la faisabilité sur un accès universel de tous les bébés au vaccin contre le VRS.

La Dre Chapados l'invite à prendre en compte dans les calculs le fait que, si l’on ne s’emploie pas à briser la chaîne de contagion par de la prévention, cela a des répercussions économiques importantes.

Elle donne l'exemple d'un enfant malade qui pourrait transmettre le virus à ses camarades de garderie. Cela donnerait lieu à un absentéisme de masse des parents, ceux-ci devant manquer le travail pour s’occuper de leurs enfants à la maison.

Avec les informations de Jennifer Lee et de l’émission La croisée

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