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À quelques mois du possible référendum sur l’indépendance de l’Alberta, prévu pour le 19 octobre 2026, les campagnes politiques fédéralistes se multiplient.
L’ancien politicien provincial Thomas Lukaszuk affirme, par exemple, que sa campagne Canadiens pour toujours, dont la pétition a récolté des centaines de milliers de signatures l’an dernier, se transforme désormais en campagne référendaire.
Il appelle à l'unité du mouvement fédéraliste : « On ne veut pas que des partis politiques fassent un travail partisan et collectent des données pour demander des dons plus tard, ou pour leur demander de voter pour eux. »
« Nous voulons être certains que tous ceux d'entre nous qui souhaitent que l'Alberta reste au sein du Canada se rendent aux urnes, car non seulement nous devons remporter ce référendum, mais nous devons le remporter de manière très décisive pour un message fort », résume-t-il.
Pendant ce temps, un autre groupe s’organise pour utiliser ce qu’il reste du moribond Parti libéral de l’Alberta pour lever des fonds et payer des publicités à saveur fédéraliste.
Le stratège politique Stephen Carter, qui a notamment dirigé des campagnes pour Naheed Nenshi et Alison Redford, est transparent sur ses objectifs : Nous travaillons avec le [Parti] libéral de l’Alberta pour utiliser sa plateforme comme véhicule financier.
Contrairement aux groupes tiers, qui ont une limite de dépenses de 607 000 $ lors d’une campagne référendaire, un parti politique n’aurait aucune limite à respecter, explique-t-il.
En prenant ainsi le contrôle d’un parti provincial, des organisateurs politiques pourraient dépenser davantage que les autres
Par ailleurs, Stephen Carter ne s’oppose pas qu’à une question potentielle sur l’indépendance, mais aussi aux neuf autres questions mises de l’avant par le gouvernement de Danielle Smith sur l’immigration et les pouvoirs constitutionnels de la province.
Le chef du Parti libéral de l’Alberta, John Roggeveen, explique ceci à propos de sa formation politique : Elle s'opposerait de toute façon à ce référendum. Alors si d'autres personnes sont prêtes à apporter leur contribution [...] nous n'allons pas les refuser.
Je suis prêt à discuter avec tous les autres groupes [fédéralistes] et à collaborer avec eux, ajoute-t-il.
Un parti moribond
Le Parti libéral de l’Alberta a formé le gouvernement de la province de sa création, en 1905, jusqu’à 1921. Depuis, ses députés ont uniquement siégé sur les banquettes de l’opposition.
Les libéraux provinciaux ont notamment été l’opposition officielle dans les années 1990 et au début des années 2000, face à la dynastie progressiste-conservatrice.
Le Parti libéral n’a pas réussi à faire élire de députés lors des deux dernières élections provinciales, en 2019 et en 2023. En 2023, il a obtenu 0,24 % du vote populaire.

Plusieurs représentants des Premières Nations de l'Alberta ont manifesté le mois dernier devant l'Assemblée législative pour demander à Danielle Smith de mettre un terme à la campagne de récoltes de signatures pour la pétition indépendantiste Stay Free Alberta.
Photo : La Presse canadienne / Jason Franson
Le NPD n’est pas en reste
Le Nouveau Parti démocratique de l’Alberta a lancé sa campagne fédéraliste, intitulée Pour l’Alberta, pour le Canada à la fin de la semaine dernière
Devant ce qu’il décrit comme la bataille de notre époque, le chef du NPD, Naheed Nenshi, soutient que son mouvement n’est pas destiné uniquement aux électeurs néo-démocrates.
Selon lui, la multiplication des campagnes fédéralistes est le résultat de lois extrêmement brouillonnes qui n'encouragent pas la création d’un camp du oui et du non.
S’il reconnait que la campagne Canadiens pour toujours de Thomas Lukaszuk a fait un travail fantastique et incroyable, il considère qu'il y a des choses que seul un parti politique peut faire pour le moment.
Les efforts pour faire campagne contre les indépendantistes n'émanent pas seulement de formations politiques. Par exemple, l’ancien premier ministre conservateur de la province, Jason Kenney, qui souhaite ardemment que l’Alberta reste au sein du Canada, prépare pour sa part une série de débats contre l’avocat constitutionnaliste indépendantiste Keith Wilson. Le premier débat aura lieu à Edmonton le 1er mai.
Une date limite qui se rapproche
Alors que ces différents mouvements font leur apparition, les indépendantistes, eux, continuent leurs efforts pour récolter des signatures pour leur pétition Stay Free Alberta. Ils ont jusqu’au 2 mai pour déposer le tout à Élections Alberta, qui devra les certifier.
Or, les indépendantistes sont présentement devant les tribunaux, où une Première Nation conteste la validité d’une pétition. Cela pourrait donc influer sur les prochaines étapes du processus référendaire.
Avec des informations de Louis-Philippe Trozzo et Colleen Underwood


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