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Le preneur d'otages venait de se rendre : le jour où une fusillade en plein Paris a fait basculer le mythique 36

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Le 31 juillet 1978, une prise d'otages touche à sa fin à Paris. Mais au moment d'emmener l'homme armé, des tirs éclatent et un policier est tué.

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Le 31 juillet 1978, la prise d'otages à l'ambassade d'Irak, dans le 16e arrondissement de Paris, s'achève dans une fusillade. L'inspecteur Jacques Capela est mortellement touché

Le 31 juillet 1978, la prise d’otages à l’ambassade d’Irak, dans le 16e arrondissement de Paris, s’achève dans une fusillade. L’inspecteur Jacques Capela est mortellement touché (©Ina)

Par Thomas Martin Publié le 27 sept. 2026 à 6h06

La tension est retombée. Après des heures de négociations, les otages sont libres et l’homme armé a finalement accepté de se rendre. Il ne reste plus aux policiers qu’à l’emmener. Quelques secondes plus tard, la rue est balayée par les coups de feu.

Ce 31 juillet 1978, une prise d’otages qui semblait sur le point de connaître un dénouement heureux se transforme en fusillade en plein Paris. L’inspecteur Jacques Capela, de la brigade criminelle, y perd la vie. Le drame va profondément marquer le 36, quai des Orfèvres.

Neuf personnes prises en otage dans le 16e arrondissement

Tout commence dans la matinée au 53, rue de la Faisanderie, dans le 16e arrondissement de Paris. Il est un peu moins de 10 heures lorsque deux hommes armés arrivent à l’ambassade d’Irak.

Des coups de feu sont tirés et une grenade lancée. L’un des deux hommes parvient à prendre la fuite. Le second reste à l’intérieur. Neuf employés de l’ambassade sont pris en otage. L’un d’eux est grièvement blessé.

Le quartier est bouclé et un important dispositif policier se met en place. La brigade criminelle et la brigade antigang sont notamment mobilisées. Des tireurs d’élite du GIGN prennent position sur les toits.

L’intervention est particulièrement délicate. Les policiers français doivent résoudre une prise d’otages à l’intérieur d’une ambassade étrangère, dans un contexte de fortes tensions liées aux organisations palestiniennes.

Commencent alors plusieurs heures de négociations.

À 18 h 25, tout semble terminé

Au fil de l’après-midi, la situation évolue. Le blessé peut être évacué. Les discussions avec le preneur d’otages se poursuivent. Finalement, celui-ci accepte de déposer les armes.

Il est environ 18 h 25 lorsqu’il sort de l’ambassade. Les policiers français l’encadrent et doivent désormais le conduire au 36, quai des Orfèvres. Menotté, le prisonnier est amené vers une Renault 16 de la police stationnée rue du Général-Appert, à proximité immédiate de l’ambassade. À l’intérieur du véhicule se trouve notamment Pierre Ottavioli, alors patron de la brigade criminelle.

Après une journée sous haute tension, l’opération paraît terminée.

C’est à cet instant que tout bascule.

Des dizaines de coups de feu en quelques secondes

Un premier coup de feu retentit. Puis la fusillade éclate.

Des policiers présents sur place mettent en cause des membres des services de sécurité irakiens, qu’ils soupçonnent d’avoir voulu atteindre le Palestinien qui venait de se rendre. L’ambassadeur d’Irak donnera alors une autre version, attribuant les tirs à des hommes venus de l’extérieur.

Les policiers français ripostent.

En quelques secondes, cette rue du très chic 16e arrondissement se transforme en scène de guerre. Des dizaines de coups de feu sont échangés. Robert Broussard, figure de la brigade antigang, présent lors de l’opération, parlera d’une « embuscade ».

Plusieurs hommes sont touchés. Parmi eux : Jacques Capela.

Jacques Capela, inspecteur de la Crim’, est mortellement blessé

L’inspecteur principal de la brigade criminelle est mortellement atteint. D’autres policiers sont blessés. Le preneur d’otages est lui aussi touché et un membre du service de sécurité irakien est tué.

Le contraste avec la situation quelques instants auparavant est terrible : les policiers pensaient avoir réussi à libérer les otages et à obtenir la reddition de l’homme armé.

Quelques mois plus tard, Valéry Giscard d’Estaing rendra hommage à Jacques Capela. Le président de la République rappellera que le policier venait, avec ses collègues, de « sauver la vie de huit otages » lorsqu’il a été mortellement blessé.

Au 36, quai des Orfèvres, la mort de l’inspecteur provoque une immense émotion. Mais rapidement, au deuil va s’ajouter la colère.

Trois membres de la sécurité irakienne renvoyés à Bagdad

Après la fusillade, trois membres des services de sécurité irakiens sont interpellés. L’affaire prend toutefois immédiatement une dimension diplomatique. Deux jours seulement après le drame, le 2 août 1978, trois membres du personnel irakien sont expulsés de France et renvoyés à Bagdad.

Chez les policiers, la décision passe mal.

La colère dépasse bientôt les murs du 36. Les syndicats de police interpellent le gouvernement et réclament des explications. Quelques semaines plus tard, en septembre, leurs représentants doivent être reçus à l’Élysée.

Des policiers manifestent à Paris après la mort de leur collègue Jacques Capela, tué lors de la fusillade devant l'ambassade d'Irak le 31 juillet 1978

Des policiers manifestent à Paris après la mort de leur collègue Jacques Capela, tué lors de la fusillade devant l’ambassade d’Irak le 31 juillet 1978 (©AFP)

Claude Cancès, futur patron de la police judiciaire parisienne et proche de Jacques Capela, racontera bien plus tard le traumatisme provoqué par l’affaire. Selon son témoignage, ce fut la seule fois où l’ensemble des policiers du 36 descendirent dans la rue pour manifester leur colère.

Mais une question essentielle reste alors sans réponse : qui a tiré sur Jacques Capela ?

Les armes qui ont tué et blessé les policiers ne seront pas retrouvées

Une information judiciaire contre X est ouverte. L’enquête va cependant se heurter à de sérieux obstacles.

Deux hommes interpellés après la fusillade étaient bien porteurs d’armes. Problème : leur calibre ne correspond pas à celui des projectiles qui ont atteint les policiers français. Surtout, les armes ayant effectivement servi à tuer et blesser les fonctionnaires ne seront pas retrouvées.

À cela s’ajoute la question du statut diplomatique des personnes présentes dans l’ambassade.

Près de trois ans après la fusillade, le 25 février 1981, le juge d’instruction chargé de l’affaire rend finalement une ordonnance de non-lieu.

La justice française ne parvient pas à déterminer avec suffisamment de certitude qui a tiré sur Jacques Capela.

« Un silence qui m’est insupportable »

Pour la famille du policier, cette absence de procès est particulièrement difficile à accepter. En juillet 1980, près de deux ans après la mort de son mari, Marie Capela prend publiquement la parole dans une lettre publiée par Le Monde.

Elle souligne notamment le contraste entre le sort du preneur d’otages, jugé en France, et celui des membres du personnel irakien repartis à Bagdad. La veuve de Jacques Capela dénonce alors « un silence qui m’est insupportable ».

L’État rendra officiellement hommage au policier. Le 25 janvier 1979, Valéry Giscard d’Estaing dévoile une plaque portant son nom à l’École nationale supérieure de la police de Cannes-Écluse. Un amphithéâtre y reçoit également son nom.

Près d’un demi-siècle plus tard, la mort de Jacques Capela demeure l’un des épisodes les plus marquants de l’histoire de la PJ parisienne.

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