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Implantée sur 3 sites à Toulouse, la division Defence and Space d'Airbus se métamorphose… Le groupe mène une vaste opération de modernisation pour attirer les talents de demain.
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Par Guillaume Laurens Publié le 27 sept. 2026 à 6h08
Dans un écosystème du spatial qui se révolutionne sans cesse et voit atterrir de nouveaux acteurs à Toulouse, marqué il y a quelques années par l’arrivée du gigantesque B612, et plus récemment par celles du Commandement de l’espace, antenne de l’armée de l’Air, ainsi que celle, plus discrète, du centre spatial d’excellence de l’OTAN, Airbus accélère plus que jamais la modernisation des différents sites de sa division Defence and Space, où travaillent environ 5 000 salariés au sud de la Ville rose. On vous dévoile ce qui se trame.
Des installations en pleine transformation à Toulouse
Les différents sites d’Airbus Defence and Space à Toulouse ont connu des transformations tous azimuts ces derniers mois. Les plus marquantes ? Le nouveau bâtiment AL30 tout juste construit sur le site d’Astrolabe, et bien sûr le retour de l’usine d’assemblage de OneWeb. « Ce sont les premiers fruits d’un programme d’investissement », qui porte selon nos informations sur plusieurs dizaines de millions d’euros et vise à « moderniser le site toulousain sur plusieurs années », avance Airbus, qui l’assure : « L’entreprise va continuer à investir pour adapter et moderniser l’expérience de travail ainsi que l’identité de l’établissement ».

Les trois sites d'Airbus D&S à Toulouse
Les activités d'Airbus Defence and Space sont réparties sur trois sites à Toulouse : celui dit des Cosmonautes, implanté dans la rue éponyme, qui était le fief historique de Matra. Aujourd'hui encore, il héberge le siège de la division Defence and Space ainsi que la salle blanche de OneWeb. Il se murmure (sans aucune confirmation à ce jour) que ce pourrait être le siège du futur géant né du projet Bromo. Secundo, le site d'Astrolabe, le long du canal, où Airbus procède à l'assemblage des satellites dans des installations très spectaculaires. Et tertio, le site dit du Canal, rue des Satellites, qui est davantage dévolu à l'utilisation des images.
Alors qu’Airbus enchaîne les gros contrats
Alors que la division Defence and Space a annoncé de jolis coups commerciaux ces derniers mois, « cette modernisation est d’autant plus importante au regard des contrats récemment remportés par Airbus pour des constellations commerciales et militaires (OneWeb, IRIS², Cassiopée) », glisse un porte-parole du groupe.
Car si le géant aérospatial revendique « investir de manière constante en France et partout en Europe pour préserver ses capacités industrielles », l’enjeu est aussi « d’améliorer la qualité de vie au travail » et « de continuer à attirer les talents de demain ».
Un ‘hub constellation’ créé autour de la salle blanche de OneWeb
Exemple tout trouvé de cette métamorphose à Toulouse : la salle blanche, où sont fabriqués les satellites de la constellation en orbite basse OneWeb pour Eutelsat. En 2025, Airbus a rapatrié de Floride la ligne d’assemblage en série développée pour les satellites OneWeb. Au-delà d’une installation industrielle beaucoup plus moderne et adaptée à la production de masse, l’ensemble du bâtiment a été repensé, réorganisé.
Comme l’explique un porte-parole, « cela permet aux équipes spécialisées dans les constellations (qui faisaient auparavant partie de la coentreprise Airbus OneWeb Satellites) de revenir au plus près de la production, de répartir leurs bureaux et salles de réunion autour de la salle blanche dans le même bâtiment, créant ainsi un véritable ‘hub constellations’.
Des personnalisations similaires sont en cours pour donner une identité plus forte aux différents pôles du site (plateaux d'ingénierie, bâtiments dédiés aux télécommunications, à l’observation de la terre, etc.).

Pas seulement « une logique de gestion de mètres carrés »
Cette batterie d’investissements ne se résume pas aux seules installations industrielles. Outre les sites de production, Airbus dit mener une réflexion globale pour disposer chez D&S d’une « infrastructure complète pour fonctionner de manière fluide ».
Suppression de préfabriqués, création de parking silos… D’autres aménagements colossaux sont dans les tuyaux, mais ce que « souhaite » surtout Airbus dans le cadre de ce plan d’investissement, c’est « passer d’une logique de gestion de mètres carrés à une logique de création de valeur, en investissant là où cela compte vraiment : des espaces de travail modernisés qui s’adaptent aux besoins des projets ; des lieux de collaboration et de convivialité qui favorisent l’échange et la créativité ; des environnements de travail conçus pour améliorer l’expérience sur site ».
Et le porte-parole d’Airbus d’assurer : « L’objectif est de créer un site spatial durable, performant et tourné vers l’avenir à Toulouse », alors même que certaines installations devenaient un brin désuètes dans ce marché en pleine croissance.
Bornes de recharge, vélos et nouvelles stations de métro
Une part significative du plan concerne les enjeux de mobilité des salariés, avec notamment la multiplication des bornes de recharge électrique installées sur chacun des trois sites.
Sans oublier bien évidemment l’arrivée des nouvelles stations de métro, dont l’implantation va desservir la plupart des sites d’Airbus à Toulouse. Chez D&S, le quotidien de nombreux salariés va changer fin 2028 avec l’arrivée de la station Aerospace Campus sur la ligne C, et dès la fin 2027 pour les salariés du site du Canal, qui pourront profiter de la nouvelle station Parc du Canal, dans le cadre du prolongement de la ligne B.
Bientôt un lieu de restauration par site
Autre changement notable : chacun des trois sites de l’établissement disposera à l’avenir de son propre lieu de restauration. Une sacrée évolution pour les Airbusiens de l’espace, qui ne disposaient il y a quelques années que d’un seul site, rue des Cosmonautes.
Il y a peu, les salariés du site Astrolabe devaient en effet s’inviter… à la cantine du Cnes, avant qu’Airbus ne leur aménage une cantine sur place. Baptisée « La Boussole », en clin d’œil à M. de la Pérouse, elle a été ouverte fin 2018. Et ce n’est donc pas fini : un troisième lieu de restauration va être construit en 2027 sur le plus petit des trois sites, à proximité du Bikini. Un bol d’air pour ces salariés qui, aujourd’hui, doivent prendre une navette pour se rendre au restaurant d’entreprise.
Rendre le travail chez Airbus plus attractif
Avec de tels investissements, Airbus cherche-t-il à rendre la corbeille du mariage plus belle, avant la fameuse union qui se profile avec Thalès Alenia Space et Leonardo dans quelques mois ? Alors que le constructeur européen travaille à la fusion de ses activités spatiales avec les deux autres géants dans le cadre du fameux projet Bromo, pour mieux rivaliser avec Elon Musk et SpaceX, un porte-parole du groupe l’assure : « Ces chantiers auraient été menés, Bromo ou pas Bromo ».
Dans un contexte où les jeunes talents du secteur rêvent pour beaucoup de traverser l’Atlantique pour travailler chez les fleurons américains, tout l’enjeu pour Airbus est en effet d’améliorer l’attractivité de l’emploi, de retenir les pépites, et ainsi d’être le mieux armé afin de répondre à de besoins de croissance du spatial.
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