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Le PLQ fait des gains, Milliard élu

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À défaut de former le gouvernement, le Parti libéral du Québec (PLQ) a réussi à faire des gains notables, en plus de faire élire son nouveau chef, Charles Milliard, dans la circonscription d’Orford.

Au moment où ces lignes étaient écrites, le PLQ avait trente-sept élus et était en avance dans trois autres circonscriptions, et était donc assuré de faire élire plus que le double de ceux qu’il avait à la dissolution du Parlement (18).

Quant au chef du parti, Charles Milliard, dont la victoire semblait incertaine, il a été finalement élu sans trop de difficultés dans la circonscription d’Orford, face à son plus proche rival, le péquiste Jocelyn Caron.

« Le Parti libéral est de retour dans plusieurs régions du Québec », a lancé M. Milliard lors d’une mêlée de presse à son arrivée au rassemblement libéral. « On a l’intention d’être une opposition solide, ferme, crédible et intraitable sur certains dossiers. »

« On a doublé la députation, on a du sang neuf, on va rentrer fort quand même à l’Assemblée nationale », s’est réjouie Valérie Assouline, la nouvelle députée libérale de la circonscription de Saint-Laurent (représentée dans le dernier mandat par Marwah Rizqy).

L’élection d’un gouvernement minoritaire est une excellente nouvelle, a avancé la nouvelle députée libérale Madeleine Féquière. L’élue de Chomedey pense déjà aux prochaines élections qui vont permettre aux troupes libérales de prendre le pouvoir. « C’est une bonne chose pour nous. Ça nous laisse le temps de s’installer, de se refaire et ensuite de recommencer la bataille. »

Une percée limitée en territoire francophone

En 2022, le PLQ n’avait fait élire que 21 députés, soit 10 de moins que lors du scrutin de 2018. La vague caquiste l’avait de plus cantonné à la métropole avec une seule circonscription à l’extérieur de la grande région de Montréal : Pontiac, en Outaouais.

Pour les libéraux, la réussite passait nécessairement par des gains à l’extérieur de Montréal et dans des circonscriptions à majorité francophone. Un objectif réalisé seulement en partie lundi.

Au final, les nouveaux élus libéraux sont concentrés à Montréal, Laval, dans l’ouest de la Montérégie, en Outaouais et en Estrie. D’où l’importance pour leur formation politique du gain dans Jean-Talon, à Québec, où la candidate Julie White a défait le député péquiste sortant Pascal Paradis.

Questionnée là-dessus, la nouvelle députée Madeline Féquière concède que le parti a encore du travail à faire. « Il va falloir qu’on fasse beaucoup d’efforts pour aller chercher nos francophones qu’on a perdus. Le Parti libéral les avait avant, alors nous, on va travailler très fort pour les récupérer. »

Durant la campagne, M. Milliard et son équipe ont passé beaucoup de temps à Québec, mais ont fait l’impasse sur presque tout l’est du Québec. À l’exception d’un arrêt à Rivière-du-Loup, ils ne se sont jamais rendus dans l’Est et n’ont pas mis le pied en Gaspésie et sur la Côte-Nord.

La fin d’un cycle douloureux

Pour ce parti autrefois dominant, ces élections marquent donc une nouvelle étape dans une sorte de renaissance, tant les dernières années ont été laborieuses. Ainsi, depuis la débandade de 2022, la vie du PLQ a été marquée par deux courses à la chefferie, les controverses ayant mené au départ de Pablo Rodriguez et à l’entrée en scène d’un nouveau chef, Charles Milliard, peu connu des électeurs.

« On en a fait, du chemin, dans les six derniers mois, puis, même dans mon cas, dans les deux dernières années », notait-il dimanche, lors de son dernier arrêt de la campagne, à Cowansville.

Charles Milliard a fait campagne autour essentiellement de deux thèmes : l’opposition au référendum et la préservation des services publics.

Situé un peu plus à gauche que ses prédécesseurs, il a répété pendant toute la campagne ne pas vouloir « jouer dans le même film » qu’Éric Duhaime et les autres partis qui migrent de plus en plus vers la droite.

Se décrivant lui-même comme le joueur « raisonnable » de la course, il s’est tenu loin des sujets clivants, refusant même de s’engager à modifier les lois adoptées par la Coalition avenir Québec sur la laïcité de peur d’attiser les tensions. « Il faut tasser la marmite du poêle », avait-il dit à cet égard.

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