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Il est souvent dit dans le langage commun que l’art « nous fait du bien », mais qu’en est-il réellement quant à son usage dans les parcours thérapeutiques en santé mentale?
À Edmonton, la psychologue et travailleuse sociale Charity Lui utilise l’art comme outil pour libérer la parole des patients quand [elle sent] un blocage.
D’après elle, la pratique artistique durant les séances permet d’explorer l’inconscient et d’exprimer autrement les émotions ou les éléments intangibles pour lesquels les mots ne sont plus les meilleurs moyens.

Charity Lui mobilise la pratique de l'art dans certaines de ses séances pour débloquer la parole chez ses patients, anglophones et francophones.
Photo : Radio-Canada / Jules Bonnet
Par exemple, je peux demander à la personne de se représenter dans un cercle. Puis d'y placer autour ses ressources, ses sources de stress ou les choses importantes pour elle. Cela amène souvent à prendre du recul, à visualiser les émotions que l'on ressent.
L'utilisation de ses outils de création en arts visuels lui permet de travailler autrement avec certains clients, quelles que soient les raisons de leur venue, souligne-t-elle.
Des prescriptions pour aller au musée
Depuis un an, le Musée des beaux-arts de Vancouver propose la gratuité aux visiteurs munis d’une prescription médicale. Paula Toledo, consultante en bien-être au Musée, avait salué cette initiative dans un article paru au moment de l’annonce (nouvelle fenêtre), car, selon elle, quand ils viennent dans le musée, les gens disent qu’ils peuvent se contenter d’être.
C’est le Musée des beaux-arts de Montréal qui avait lancé la dynamique en 2019. Un rapport du Centre de recherche de l'institut universitaire de gériatrie de Montréal (nouvelle fenêtre) avait d’ailleurs mis l'accent, en 2022, sur les bons résultats de ce programme et noté une amélioration de la santé des personnes suivies.
En attendant que ces initiatives arrivent en Alberta, l’art-thérapie commence aussi à être reconnue par la science et l’enseignement.
Une pratique qui se structure, un savoir qui s’enseigne
Depuis plusieurs années, des formations universitaires se sont développées à travers le Canada, notamment au Québec, en Ontario, en Colombie-Britannique et en Alberta.
À Edmonton, l’Université de l’Alberta propose, avec le Collège St. Stephen’s, une maîtrise en psychologie et spiritualité (nouvelle fenêtre) avec une spécialisation en art-thérapie. Il s'agit d'une occasion pour les étudiants d’en apprendre davantage sur la thérapie par la musique, le théâtre ou encore le dessin.
Enseigner l’art-thérapie dans le cadre du parcours universitaire des futurs thérapeutes, c’est aussi ce que propose l’Université du Québec à Montréal (UQAM) depuis l'automne 2025. Son Diplôme d’études supérieures approfondies en art-thérapie (nouvelle fenêtre) veut octroyer aux futurs thérapeutes de nouveaux outils dans le cadre de leurs activités.
Sophie Boudrias, art-thérapeute et responsable du programme, estime que l'acquisition de ce genre d’expertise comme thérapeute représente une véritable valeur ajoutée pour les professionnels qui cherchent des outils nouveaux pour leurs séances.
Toutefois, Sophie Boudrias rappelle que la pratique de l’art-thérapie est assez récente dans le secteur de la santé.
Elle conseille aux personnes qui souhaitent suivre une thérapie par l’art de vérifier les qualifications des pratiquants.
On voit de plus en plus des formations en ligne de 15 heures seulement et qui octroient ensuite une certification en art-thérapie. Tout cela n'est pas suffisant pour être vraiment art-thérapeute et compétent en la matière.


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