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Une résidente de Calgary a transformé son jardin en sanctuaire pour le tabac sacré, palliant ainsi la difficulté de se procurer cette plante essentielle aux cérémonies traditionnelles autochtones, comme la purification par la fumée.
Lorsqu'elle a semé ses premières graines en 2024, Julietta Sorensen Kass ne se doutait pas que sa récolte serait si foisonnante. Constatant qu'elle avait bien plus de feuilles séchées que nécessaire pour ses propres prières et cérémonies métisses, elle a choisi de partager son surplus sur les réseaux sociaux.
J'ai reçu de merveilleuses réponses.
L'intérêt a été immédiat. Au-delà de la demande, Julietta a été touchée par la générosité des répondants qui, en retour, lui ont proposé des présents comme de la sauge, une autre plante médicinale utilisée pour la purification.
C'était tout simplement merveilleux de se dire qu'en 2026 on peut encore avoir ces échanges très simples mais profondément ancrés dans nos valeurs, confie la Calgarienne.

Julietta Sorensen Kass est membre de la Fédération des Métis du Manitoba. Comme de nombreux membres des communautés métisses et des Premières Nations, elle considère le tabac comme une plante sacrée et l'utilise lors de cérémonies et de prières.
Photo : Radio-Canada / Colleen Underwood/CBC
Pour Julietta, le tabac est la plante de la gratitude. Elle en offre systématiquement lors de ses interactions avec la nature. Par exemple, avant une excursion familiale en canoë, elle en dépose dans la rivière. Le fait d'avoir quelque chose à offrir donne un peu moins l'impression de toujours prendre : on se sent davantage dans la réciprocité.
Un accès difficile au tabac traditionnel
Avant de se lancer dans la culture du tabac, Julietta éprouvait un certain sentiment d'isolement. Je m'imaginais que j'étais l'exception [en n'ayant pas mon propre tabac], comme si j'étais en dehors du cercle autochtone, raconte-t-elle.
Pourtant, l'engouement suscité par ses publications prouve que le besoin est réel et partagé.

Debra Roulette a offert de la bannique, un pain plat et dense au cœur de l'histoire culinaire autochtone et métisse, en échange du tabac de Julietta.
Photo : Radio-Canada / Colleen Underwood/CBC
Debra Roulette fait partie de ceux qui ont répondu à l'appel. Elle explique que le tabac commercial ne convient pas à son usage spirituel : J'utilise habituellement du tabac à cigarette acheté en magasin pour le brûler pendant les prières, mais malheureusement, tous les produits chimiques ajoutés me donnent mal à la tête. Je voulais donc quelque chose de pur.
Pour elle, l'échange était une évidence. Elle a ainsi préparé une fournée de bannique en suivant la recette de sa mère.
Ce que dit la loi
Il est tout à fait légal de suivre l'exemple de Julietta. Selon la loi fédérale, tout adulte canadien peut cultiver jusqu'à 15 kilogrammes de tabac en feuilles par an pour son usage personnel (environ 150 à 200 plants), à condition qu'il ne soit pas destiné à la vente.
Forte de cette expérience, Julietta Sorensen Kass compte poursuivre sa production. Elle souhaite continuer à offrir ce don sacré à ceux qui l'entourent, consciente que l'accès aux plantes traditionnelles est un pilier fondamental de la réappropriation culturelle.
Avec les informations de Colleen Underwood


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