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Après le Manitoba, la mairesse de Toronto, Olivia Chow, veut s’attaquer à la tarification algorithmique personnalisée, afin de lutter contre l’inflation du prix des aliments.
La tarification personnalisée ou algorithmique personnalisée consiste à utiliser les données personnelles d’un client pour fixer le prix d’un produit qui lui est offert. Elle est parfois aussi appelée tarification par surveillance.
En avril dernier, le gouvernement de Doug Ford avait fermé la porte à une motion déposée par le NPD de l’Ontario à ce sujet, soutenant qu'il s'agirait d'une attaque contre le libre marché.
À Toronto, une motion a été présentée mardi au comité exécutif, présidé par la mairesse Olivia Chow.
En tant que mairesse, je n'accepterai pas la hausse abusive des prix.
Nous allons lutter contre le coût croissant de l'épicerie et protéger les Torontois contre les abus des géants de l'entreprise qui cherchent à maximiser leurs profits sur le dos des gens ordinaires, assure-t-elle.
Le Manitoba a dit vouloir s’attaquer à ce qu’il qualifie de prix abusifs sur les produits alimentaires.
Ce que dit la motion
La motion torontoise indique que les fonctionnaires municipaux devront proposer des pistes d'action dès le premier trimestre de 2027 pour s’attaquer au problème.
On ne définit pas ce que ces actions seront, mais la mairesse Chow assure que tous les mécanismes possibles pour interdire [la] tarification algorithmique sont sur la table.
La conseillère municipale Alejandra Bravo, qui appuie la motion, estime qu’il s’agit d’une question de transparence. Les gens doivent y avoir accès en sachant, en toute transparence, que leurs informations personnelles ne sont pas utilisées contre eux pour se livrer à des pratiques de tarification prédatrices, explique-t-elle.
Le conseil municipal débattra de la motion la semaine prochaine. Il s’agit de la dernière rencontre des conseillers avant les élections municipales du 26 octobre prochain. Si la motion est adoptée, la tâche de se prononcer sur le contenu du rapport incombera au nouveau conseil municipal.

La motion doit être approuvée par le conseil municipal à la rencontre du 29 juillet. (Photo archives)
Photo : Radio-Canada / Oksana Shtohryn
Toronto a-t-elle le pouvoir d’agir?
Selon la motion déposée auprès du comité exécutif, la Loi sur la cité de Toronto fournit le pouvoir de réglementer à des fins de protection des consommateurs et pour le bien-être économique des Torontois. Interrogée pour savoir si Toronto a le pouvoir de s’attaquer à cette question, la mairesse Chow est catégorique : c'est oui.
La Loi sur la cité de Toronto nous donne le pouvoir de réglementer pour protéger les consommateurs et le bien-être économique de nos résidents, assure-t-elle.
Vass Bednar, directrice générale de l'Institut Canadian Shield et coauteure de The Big Fix, croit que les municipalités sont aux premières lignes quant à la lutte contre la tarification algorithmique.

La directrice générale de l'Institut Canadian Shield et coauteure de « The Big Fix », Vass Bednar, voit d'un bon œil la volonté d'agir de Toronto. (Photo d'archives)
Photo : CBC
Tout ce que la Ville de Toronto peut faire pour faire avancer l'analyse et apporter du matériel qui enrichit le débat public au Canada est un pas dans la bonne direction, note-t-elle.
Les municipalités sont aux premières lignes lorsqu'il s'agit de grandes questions de réglementation numérique. [...] Je ne trouve pas extravagant que la Ville de Toronto veuille étudier cela de plus près.
En avril dernier, le NPD fédéral a déposé une motion à la Chambre des communes pour s’attaquer à la question. La motion a toutefois été défaite.


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