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Alors que la campagne provinciale est déjà à mi-chemin, selon des experts, plusieurs défis se dressent devant les petites formations politiques depuis le déclenchement hâtif de la campagne électorale par le gouvernement du NPD, le 22 septembre dernier.
On avait besoin de temps pour s'organiser et on pensait que l'élection surviendrait dans deux ans et non pas immédiatement, résume Frédéric Boily, professeur de science politique au Campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta.
Selon le politologue, au-delà du calendrier électoral bousculé, les défis des plus petits partis sont nombreux. Le déclenchement d'une élection anticipée a un impact clair sur l’organisation sur le terrain des partis, des communications en passant par le recrutement des candidats.
Cela devient extrêmement difficile, d'abord de présenter une liste de candidats dans toutes les circonscriptions, de trouver des candidats et de se faire connaître également puisque les chefs ne participeront pas aux débats télévisés, explique-t-il. Il croit que les petits partis peuvent jouer les troubles-fête sur l'échiquier politique, mais qu'un déclenchement anticipé réduit fortement cette possibilité.
Le contexte particulier de cette élection minimise le rôle des petits partis.
La taille restreinte des équipes politiques et la nécessité de recruter rapidement des candidats avant une date limite ont pu peser sur le processus de vérification des antécédents des candidats, selon l’analyste politique Serge Corbeil. Le nombre de personnes qui peuvent effectivement faire ce travail-là est aussi réduit, juge-t-il.
Engagé dans la course provinciale, le parti CentreBC a présenté 35 candidats, OneBC 34, et 29 candidats sont indépendants ou sans affiliation politique.
Une division du vote dans certaines circonscriptions
Si, pour Frédéric Boily, les chances de remporter des sièges sont très faibles pour ces plus petits partis, certains anciens stratèges conservateurs, comme Hamish Telford, estiment que les plus petites formations politiques ont des chances de se tailler une place dans certaines circonscriptions, comme à Surrey qui en compte 10.
Je pense que tout dépendra des résultats obtenus par les petits partis dans certaines circonscriptions, croit M. Telford.
Un avis que partage Lauren Touchant, professeure de sciences politiques à l’Université de l’île de Vancouver, qui entrevoit une lutte à venir dans l’agglomération de Surrey pour grappiller des votes .
Entre OneBC et CentreBC, ils ont une opportunité d'avoir un impact sur les résultats des élections. Alors c'est pour ça que vous allez voir de plus en plus les candidats y aller et y retourner. Ce sont vraiment des circonscriptions extrêmement stratégiques.
À deux semaines du scrutin provincial, la cheffe de CentreBC et députée de Surrey-Cloverdale, Elenore Sturko, a jeté les bases du programme de la formation politique dans une usine manufacturière de Surrey.
Elle y propose de doubler un fonds provincial de soutien aux employés du secteur et mise sur une approche du fait en Colombie-Britannique.

La cheffe de CentreBC, Elenore Sturko, a tenu sa première conférence de presse depuis le lancement de la campagne électorale fin septembre, dans une usine manufacturière à Surrey.
Photo : Radio-Canada / Annie Verreault
Je n'ai pas l'impression qu'on soit en retard, on avance clairement à notre rythme, parce qu'on a dû passer par des élections anticipées, croit Mme Sturko, qui accuse le chef du NPD, David Eby, d’avoir déclenché une élection pour en tirer avantage.
Elle avait repris les rênes de CentreBC après le départ de députés conservateurs retournés au sein du Parti conservateur, à la suite de la démission de Kerry-Lynne Findlay.
Si elle admet que l'élection surprise a accéléré le pas, le parti fait toutefois preuve de pragmatisme sur ses chances de réussite.
Nous ne voulons pas induire les habitants de la Colombie-Britannique en erreur. Nous ne demandons pas aux gens de croire que nous formerons le prochain gouvernement simplement parce que nous présentons 35 candidats. Ce que nous posons, en réalité, c’est une autre question : qui veillera à ce que le prochain gouvernement rende des comptes ?, confie Mme Sturko.
Le parti OneBC, qui a présenté 34 candidats, n'était pas disponible pour une entrevue.


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