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Il y a quelques années, Kate Walker sentait que quelque chose n’allait pas dans son corps, mais ses démarches auprès du système de santé ne lui permettaient pas de comprendre ce qui lui arrivait.
On m’a dit encore et encore : ''Vous êtes trop jeune, vous n’êtes pas à risque. Ce ne sont probablement que des hémorroïdes'', raconte-t-elle.
Mme Walker s’est finalement tournée vers le secteur privé et, après des examens, elle a reçu un diagnostic de cancer du côlon de stade 3. Elle n’avait alors que 37 ans.
Le fait d’avoir dû traverser tout ça pour obtenir ce diagnostic m’horripile, parce que j’ai pu tirer parti d’un privilège que la plupart des gens n’ont pas, déplore-t-elle.
À partir du 1er juillet, l’Ontario abaissera l’âge du dépistage préventif du cancer du côlon (nouvelle fenêtre) de 50 à 45 ans.
Des groupes comme la Société canadienne du cancer ont milité en faveur de ce changement, en s’appuyant sur des données qui montrent que les personnes de moins de 50 ans courent deux à deux fois et demie plus de risques d’avoir un diagnostic de cancer du côlon que les générations précédentes.
Des patients et des gens qui ont perdu des proches à cause de cette maladie affirment qu’il s’agit d’un pas dans la bonne direction, mais certains espèrent voir l’âge abaissé encore davantage.
Quarante-cinq ans, c’est un bon début, mais je ne pense pas que ce soit l’âge idéal, croit Kate Walker.
Les conséquences tragiques d'un diagnostic tardif
Carlito Parra, 20 ans, a perdu son père Nickolas des suites d'un cancer du côlon l'année dernière. Après le diagnostic de son père, il avait remis à Queen's Park une pétition comportant plus de 30 000 signatures pour réclamer l'abaissement de l'âge de dépistage.
Ils auraient pu détecter le cancer quand il avait une trentaine d'années, et il serait peut-être encore avec nous aujourd'hui, affirme M. Parra. Il raconte que son père se plaignait de problèmes d'estomac depuis plus de 15 ans.
Mais à cause d'un dépistage tardif, il est malheureusement décédé aujourd'hui.

Le père de Carlito Parra, Nickolas, a milité, dans les derniers mois de sa vie, pour que le dépistage préventif soit offert plus jeune.
Photo : Radio-Canada / Talia Ricci
Le ministère de la Santé indique qu’une personne assurée est orientée vers une coloscopie en raison de signes ou de symptômes de la maladie, et qu’une coloscopie est couverte par l’Assurance-santé de l’Ontario, quel que soit l’âge du patient
De plus, les personnes présentant un risque accru de cancer du côlon en raison d’antécédents familiaux ou de la présence de troubles intestinaux prédisposant à une tumeur maligne sont également admissibles aux services de coloscopie couverts par l’Assurance-santé de l’Ontario , a expliqué la porte-parole du ministère, Ria Yadav, dans une déclaration écrite.
La province précise que les personnes présentant un risque familial devraient également commencer à subir des coloscopies à 40 ans ou 10 ans avant l'âge auquel un membre de leur famille immédiate a reçu un diagnostic de cancer du côlon, selon la première éventualité.
Mais le ministère n'a pas voulu dire s'il envisageait d'abaisser encore l'âge du dépistage.
Miser aussi sur l'information et la prévention
Le Dr Sami Chadi, chirurgien colorectal au Réseau universitaire de santé à Toronto, affirme que les cliniciens et les chirurgiens ont constaté une augmentation du nombre de cas de cancer colorectal chez des patients plus jeunes au cours de la dernière décennie.
La semaine dernière, j'ai vu deux patients d'une trentaine d'années chez qui le cancer avait été diagnostiqué, ainsi qu'un patient d'une vingtaine d'années, a-t-il déclaré.
Le Dr Chadi croit qu'avant d'apporter de nouvelles modifications au processus de dépistage, les responsables de la santé observeront d'abord l'impact des changements qui sont sur le point d'entrer en vigueur sur les patients et le nombre de cas.
Je ne serais pas surpris si l'âge du dépistage était encore abaissé dans l'avenir, compte tenu de ce que nous observons, mais je pense également que nous devons nous concentrer un peu plus sur la prévention et sur l'information, a-t-il déclaré.
Certains patients sont mal à l'aise à l'idée de parler de symptômes liés à des changements dans leurs selles ou à la présence de sang dans celles-ci, explique-t-il.
Kate Walker, aujourd’hui âgée de 42 ans et guérie, est du même avis.
Elle espère que le changement suscitera davantage de discussions sur les symptômes et rendra les jeunes plus conscients des risques.
Les gens sont au courant, mais nous devons continuer à faire pression, dit-elle.
De son côté, Carlito Parra prévoit de continuer à se battre pour sensibiliser les gens et pour rendre les dépistages plus accessibles, afin d’honorer la mémoire de son père.
D’après les informations de Talia Ricci, de CBC


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