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Une nouvelle étude ontarienne portant sur le métier des victimes de surdose d'opioïdes fait état de centaines de morts liées à ces substances chez des travailleurs de la construction de 2018 à 2024. Les chercheurs s'inquiètent aussi des ravages des opioïdes dans les secteurs de l'agriculture et des ressources naturelles.
Plus du tiers des morts causées par une intoxication aux opioïdes entre 2018 et 2024 en Ontario pour lesquelles l’emploi de la victime était connu sont survenues chez des personnes qui travaillaient en construction ou avaient un métier spécialisé, selon le réseau de recherche de l'Ontario Drug Policy Research Network.
C’est l’équivalent d’environ 1340 victimes.
Dans l’ensemble, les décès liés aux opioïdes durant cette période totalisaient 16 000, mais le coroner n’a confirmé l’emploi des victimes que dans environ 22 % des cas.
Tara Gomes, épidémiologiste et responsable principale des enquêtes pour l'Ontario Drug Policy Research Network, affirme que la recherche confirme des conclusions précédentes selon lesquelles les travailleurs de la construction sont touchés de manière disproportionnée par la crise des opioïdes.
Les chercheurs disent que les emplois où les ouvriers ont plus de risque de se blesser, ceux plus précaires, ainsi que le travail par quart sont des facteurs pouvant rendre les gens vulnérables.
Mme Gomes souligne également que certaines victimes avaient d’autres substances dans leur corps au moment de leur décès. Parmi les ouvriers de la construction et des métiers, 49 % des victimes avaient de la cocaïne dans leur système, tandis que 23 % avaient des amphétamines.
Ces deux drogues sont des stimulants, ce qui est lié aux emplois fonctionnant selon des quarts de travail avec de longues heures, dit Mme Gomes. Les gens les utilisent, dit-elle, afin de neutraliser l’effet sédatif des opioïdes.
Le secteur agricole aussi touché
La chercheuse Gomes note que cette nouvelle étude montre aussi que le taux de décès liés aux opioïdes est élevé chez les travailleurs dans les domaines des ressources naturelles et de l’agriculture.
Les données recensent environ 32 décès liés aux opioïdes par 100 000 travailleurs dans le secteur des ressources naturelles en 2024, contre 54,5 dans la construction.
Le nombre total de travailleurs en ressources naturelles et en agriculture qui sont morts des suites d’une surdose aux opioïdes est cependant bien inférieur à celui des ouvriers en construction et dans certains métiers, ce qui signifie que cette population pourrait avoir été négligée, pensent les chercheurs.

Le milieu de l'agriculture est aussi touché par la crise des opioïdes. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld
Le taux de décès liés aux opioïdes chez les travailleurs de l’industrie de la restauration et de l'hébergement est lui aussi élevé, à 8,9 par 100 000 travailleurs en 2024.
Je pense que beaucoup de gens ont une image dans la tête concernant la crise de toxicité des opioïdes, de qui en est victime, dit Mme Gomes, ajoutant que, dans certains cas, il peut y avoir un lien entre les surdoses et les conditions de travail.
Le bénéfice des avantages sociaux
La chercheuse Gomes note que la plupart des emplois les plus touchés par les morts liées aux opioïdes n’offrent pas de sécurité d’emploi ou des avantages sociaux. Si vous n’avez pas de médicaments prescrits et que vous avez des douleurs, allez-vous être en mesure de payer pour des opioïdes prescrits? demande-t-elle.
Et si vous ne pouvez pas, allez-vous vous tourner vers le marché des drogues illicites pour traiter votre douleur? C’est certainement une préoccupation dans la construction et les métiers, mais cela pourrait aussi être le cas dans le commerce de détail, la restauration et l’hébergement, ajoute-t-elle.
La Dre Leslie Buckley, responsable de la division des dépendances du Centre de toxicomanie et de santé mentale de Toronto (CAMH), estime que l’étude est une étape importante dans le travail visant à approfondir notre connaissance des facteurs contribuant au problème des surdoses des opioïdes dans les métiers spécialisés.
Comme prochaine étape, nous devons penser à comment parvenir à réduire le risque élevé, en explorant de nouvelles solutions innovantes, conseille-t-elle par courriel.
Avec les informations de La Presse canadienne


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