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Coopérative des pêcheurs : les citoyens de Lamèque inquiets pour l’avenir

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Des résidents rencontrés dimanche à Île-de-Lamèque, au Nouveau-Brunswick, ont partagé leurs inquiétudes pour l’avenir de leur région. L'Association coopérative des pêcheurs de l'Île, un des plus importants transformateurs de fruits de mer de la Péninsule acadienne depuis 1942, vient de se placer à l’abri de ses créanciers.

L’Association coopérative des pêcheurs de l'Île (ACPI), qui se spécialise dans l’achat et la transformation de homard et de crabe, a des dettes qui totalisent 25 millions de dollars et manque de liquidités. Dans un document déposé en cour, elle dit carrément être insolvable.

Une région dépendante

Lyse Léger, pêcheuse qui vend ses captures à la coopérative, estime que la fermeture est très possible. C’est beaucoup de jobs que le monde perd. Ça affecte les familles, puis ça affecte les bills, ça affecte tout, déclare-t-elle.

Une femme et sa fille sont photographiées dans leur voiture.

Lyse Léger est une pêcheuse de la Péninsule acadienne.

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Ça va être un dur coup, prédit Yvon Paulin. C'est la seule industrie qu'il y a ici. Des petites industries, c'est correct, mais c'est la grosse industrie. Si elle ferme, ça va être terrible.

La coopérative emploie 360 travailleurs saisonniers et peut continuer ses activités pendant qu’elle tente de se restructurer. Des citoyens craignent qu’une fermeture signifie un déclin démographique plus rapide de Lamèque.

C'est quand même une grosse machine économique. Qu'est-ce qui va arriver? Ces gens-là, va falloir qu'ils trouvent des emplois ailleurs, ou il y en a certains qui vont devoir déménager, dit John Beaudin, interrogé dimanche.

Un homme photographié devant la coop.

John Beaudin craint que l'usine soit incapable de s'en sortir sans l'aide du gouvernement.

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Le résident de l’île de Lamèque ne travaille pas dans l’industrie, mais il connaît des personnes qui en dépendent. Je sais qu'il y en a qui sont inquiets, à savoir s'ils vont réussir à aller de l'avant, puis trouver des personnes pour les aider.

Comment est-on arrivés là?

Ils engageaient aussi beaucoup de personnes de l'extérieur. Beaucoup de gens du Mexique. Ces personnes-là ne pourront plus venir travailler dans la région, fait que ça va diminuer l'économie locale. C'est quand même une grosse perte de revenus en taxes, etc. Ça sera pas très, très bon pour la région, constate-t-il.

Un homme avec une casquette décorée du mot «Pow Wow» en lettres multicolores affiche un air sérieux.

Fils de pêcheur, Gilmond Duguay a été pêcheur pendant 54 ans, pêchant notamment le hareng et le homard.

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Nous autres, on a vécu avec ça. Mon père y pêchait, puis moi je pêchais avec. Puis quand on avait fini de pêcher, on allait travailler là, à l'usine de poisson, raconte Gilmond Duguay, qui a été pêcheur pendant 54 ans.

Je sais pas si ç’a [été] mal été géré, ose-t-il. Y'avons perdu une grosse production de la morue, y'avons perdu une grosse production dans la crevette. Ça fait que ç’a pas balancé les affaires.

C'est de valeur pour les travailleurs qui travaillaient là, dit-il. C’est une grosse usine, ça là.

Le gouvernement doit intervenir, selon des citoyens

John Beaudin craint que la coopérative ait de la difficulté à sortir du pétrin, puisqu'elle accumule les dettes depuis longtemps.

Je leur souhaite qu'ils réussissent, mais, selon moi, s'ils n'ont pas d'aide du gouvernement, ça va être difficile de trouver des investisseurs qui vont vouloir s'aventurer là-dedans, croit-il. Ça serait la seule solution

Gilmond Duguay pense la même chose.

Si que les [gens] du gouvernement les aideraient un petit peu, peut-être bien qu'ils pourront survivre, dit-il. Si y’a pas d'aide gouvernementale, qui c'est qui va les aider?

Devant l'entrée d'un bâtiment, une sculpture représentant un pêcheur et deux sculptures plus petites de mouettes montées sur des bûches.

La poissonnerie Port Royal, le 16 août 2026 à Lamèque, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Lyse Léger ne veut pas que la coopérative soit vendue à une grande entreprise.

T’aimes mieux supporter quelqu’un comme la coop que quelqu’un qui a une grosse, grosse compagnie, dit-elle.

On prie que ça va aller mieux, hein, soupire-t-elle.

D’après le reportage de Charles-Étienne Drouin

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