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Une étude de Statistiques Canada menée entre juillet 2024 et mars 2026 a permis de mettre en lumière les tendances de consommation de drogue dans des villes canadiennes, comme Prince Albert et Saskatoon. Selon les données, les deux villes saskatchewanaises enregistrent les niveaux les plus élevés de méthamphétamine et de cocaïne dans leurs eaux usées comparées aux différentes métropoles participantes, dont Toronto et Montréal.

La collecte des données s’est faite grâce à des échantillons d’eaux usées prélevés dans les usines de traitement des villes, où vivent plus de 9,2 millions de personnes. La collecte s’est faite pendant une semaine, tous les deux mois entre 2024 et 2026.

Les scientifiques ont réussi à tirer leur conclusion grâce à l'analyse de la concentration des drogues dans les métabolites de l’urine et des selles dans les stations d’épuration, explique Sianne Kuang, analyste chez Statistiques Canada.

Alors que l’étude s’est portée sur plusieurs types de drogue, Prince Albert et Saskatoon ont enregistré les concentrations les plus élevées de méthamphétamine et de cocaïne parmi huit villes à travers le pays et occupent les premières places dans ses classements.

À titre indicatif, la charge de méthamphétamine par 1000 habitants, en mars 2026, était de 2002,77 mg à Prince Albert, et de 957,52 mg à Saskatoon, contre 55,86 mg à Halifax, la dernière ville au classement.

Pour ce qui est de la cocaïne, en mars 2026, Prince Albert enregistre 5296,48 mg par 1000 habitants, suivi de Saskatoon avec 1774,89 mg contre 884,48 mg à Toronto.

Selon Kora DeBeck, professeure à l’école de politique publique de l’Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, les données permettent de comprendre les marchés locaux de la drogue et les tendances régionales.

Il y a plusieurs facteurs favorisant la consommation de drogue et, parmi eux, la disponibilité sur le marché, explique-t-elle.

Changer la manière de faire les choses

Le chef de police de Prince Albert, Patrick Nogier, dans son bureau.

Le chef de Police de Prince Albert explique que les données de Statistiques Canada peuvent rendre le travail de la police plus efficace. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Albert Couillard

Le chef de la police de Prince Albert, Patrick Nogier, estime que les données de Statistiques Canada permettront à ses agents d’être plus efficaces sur le terrain.

L’étude ] permet de valider la pertinence de nos actions en réponse à l’offre et de la demande. Quand je dis ''offre'', je parle des efforts menés auprès des personnes qui consomment des drogues au sein de notre communauté.

Patrick Nogier affirme également que la police se focalise sur les trafiquants de drogue à Prince Albert. Il évoque aussi le lien entre la consommation de drogues et la présence d’armes à feu, et de phénomènes, tels que la victimisation et les traumatismes qui sont liés.

Le chef de la police estime qu’il est nécessaire de travailler à partir de preuves comme celle que fournissent les données de l'étude pour contrer ce problème.

Aide à la collecte de données

À Saskatoon ,la fermeture de Prairie Harm Reduction a créé un vide quant à la collecte des données, liées aux tendances de consommation de la drogue.

Ces données difficiles à recueillir peuvent dorénavant être remplacées par celle de l’étude, estime Barb Fornssler, professeure agrégée et chercheuse à l’école de politique publique de l’Université de la Saskatchewan.

C’est vraiment important de comprendre ce qui se passe dans nos communautés , souligne l'experte. Elle estime qu’il est nécessaire de continuer à développer ces études.

Barb Fornssler explique que la consommation de drogue repose sur de nombreux facteurs sociaux. La consommation de méthamphétamine se fait pour rester éveillée la nuit par absence de logement ou pour réduire l'appétit par absence de nourriture.

Ces données pourraient donc permettre de mieux comprendre la situation à Saskatoon et mettre en place des politiques et des systèmes de planification qui sont spécifiques aux substances consommées aux moments de l'étude, affirme Barb Fornssler.

Avec les informations d’Eric Michael Johnson et de Randi LaRocque

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