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Itinérance et logement : des organismes attendent les engagements des candidats

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Des intervenantes du milieu communautaire de l'Abitibi-Témiscamingue s'accordent à dire que la crise du logement aggrave le phénomène de l'itinérance.

Les plus récentes données de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) indiquent que le taux d'inoccupation se situe à moins de 1 % dans plusieurs villes de la région.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec mentionne de son côté que l’itinérance visible a augmenté de près de 120 % en trois ans en Abitibi-Témiscamingue.

À la Maison du Soleil levant, la directrice générale, Marie-Ève Giroux observe la hausse de l'itinérance depuis quelque temps.

Marie-Ève Giroux pose pour la photo.

Marie-Ève Giroux, directrice générale de la Maison du Soleil levant de Rouyn-Noranda.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Harvey

Son organisme offre une cinquantaine de places d'hébergement, mais le plus dur est à venir, avec les temps plus froids. On est vraiment dans la préparation pour l'hiver. Est-ce qu’on est prêt? Ben non, on n’est pas prêt, explique-t-elle.

Selon la responsable, cette situation est accentuée par le grand nombre de personnes atteintes de troubles mentaux, mais aussi par la hausse des loyers. Il y a le coût du logement, mais l'accessibilité au logement aussi, dit-elle. Quand le propriétaire a le choix de louer, c'est sûr, c'est plus intéressant des fois de choisir quelqu'un d'autre que quelqu'un qui vit dans une maison d'hébergement en itinérance ou qui vit dans la rue.

Val-d'Or vit la même réalité, selon la directrice adjointe de la Piaule, Anna Dagenais, qui explique que son organisme constate une hausse du nombre de nouvelles personnes qui frappent à sa porte.

Ce qu'on voit aussi, c'est beaucoup de nouveaux visages, énormément à l'approche de l'automne et de l'hiver, a-t-elle expliqué, ajoutant qu'elle appréhende l'hiver parce que c'est difficile pour la clientèle, c'est difficile aussi pour les employés. Ça demande beaucoup de patience et d'empathie, de tolérance.

Selon elle, durant les deux dernières années, il y a eu une hausse des demandes pour ses services, de personnes provenant des grands centres, des demandeurs d'asile, des jeunes issus de la direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

Anna Dagenais pose pour la photo.

Anna Dagenais, directrice adjointe de la Piaule de Val-d'Or

Photo : Radio-Canada / Marc-Andrré Landry

Elle précise qu'en plus de l'itinérance visible, il existe aussi l'itinérance cachée qui va toucher davantage les femmes et aussi les jeunes.

Les femmes ne vont pas nécessairement venir chercher des services chez nous parce qu'elles sont hyper vulnérables. C'est un peu plus difficile pour les femmes dans la rue, a-t-elle dit.

La coordonnatrice à L'Accueil d'Amos, Kathy Roy-Racicot, affirme que son organisme déborde souvent puisqu'elle dispose de moins de lits d'urgence et s'attend à ce que ça augmente durant les temps froids.

La raison? La hausse des loyer [...] Mais on voit aussi beaucoup dans notre clientèle des gens qui vont avoir un dossier avec le Tribunal administratif du logement (TAL), avec le peu de logements qui sont offerts sur le marché, soit que les prix sont exorbitants, puis ils ne peuvent pas se le permettre ou soit aussitôt que les propriétaires voient qu'ils ont un dossier au TAL, ils sont refusés, puis là ils tombent en situation d'itinérance, a-t-elle dit en entrevue à Ça vaut le retour.

Anna Dagenais de La Piaule croit qu'il faut encourager des initiatives telles que l'approche Logement d’abord (nouvelle fenêtre), qui permet de fournir un logement permanent à des personnes en situation d’itinérance et de leur donner accès à des services de soutien en matière de santé.

Donc, on va regarder les défis, que ce soit au niveau de la santé mentale, de la toxicomanie. Puis on va travailler à ce que cette personne-là soit capable de s'adapter à son nouveau milieu, a-t-elle mentionné.

Elle croit que cette avenue est viable si les moyens financiers sont disponibles. Nous autres, on a le Château Marie-Ève où est-ce qu'on a intégré 40 logements, donc il y a 40 personnes qui sont sorties de la rue pour aller habiter là. Mais il n'y a pas assez de fonds, pas assez d'argent, regrette la responsable.

La porte d'entrée de l'organisme La Piaule.

L'organisme La Piaule pour les personnes itinérantes. (Photo d'archives)

Photo : La Piaule

À Amos, Kathy Roy-Racicot parle du coût du logement qui est un frein à la réinsertion des personnes en situation d'itinérance.

Elle croit qu'il est possible d'aller loin avec le Programme de supplément au loyer Québec en permettant à plus de personnes d'avoir accès aux aides du gouvernement.

Moi, ça ferait mon bonheur. Je trouve qu'on réglerait plusieurs problèmes côté itinérance, côté personne qui pourrait vous faire une belle réinsertion sociale, a-t-elle dit.

Anna Dagenais attend des candidats aux élections du 5 octobre des engagements financiers pour aider les organismes à assurer leurs missions. Les intervenantes soutiennent par ailleurs l'idée d'organiser un sommet sur l'itinérance pour trouver des solutions à ce phénomène, toujours en hausse dans la province.

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