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La Ville de Charlottetown prévoit 6 millions $ dans son budget pour une nouvelle caserne et 2 millions $ pour un camion d’incendie. Elle n’alloue toutefois aucun financement pour augmenter les effectifs à temps plein, ce que déplore l’association des pompiers municipaux.
On se bat déjà depuis des années maintenant, dit John Bell, le président de l’Association professionnelle des pompiers de Charlottetown. Nos chiffres sont presque embarrassants si l’on compare à d’autres municipalités dans les provinces de l'Atlantique qui ont des populations similaires.
Il précise que 12 employés à temps plein desservent actuellement la capitale de l'Île-du-Prince-Édouard. Bien qu’il souhaite l’ajout initial de quatre pompiers, il espère que ce nombre sera revu à la hausse à l’avenir.

John Bell, le président du syndicat des pompiers de Charlottetown.
Photo : Radio-Canada / Raphael Caron
Selon le maire de Charlottetown, Philip Brown, la Ville n’exclut pas l’embauche de pompiers supplémentaires à l’avenir.
De l’avis de John Bell, le fait qu’il n’y a que trois pompiers par camion contribue au manque d'efficacité du service municipal d’incendie.
Notre métier est risqué et dangereux. Nous aimerions atténuer certains de ces risques et, pour ce faire, il faudrait ajouter un pompier de plus à bord du camion.
Il souligne que la taille d’un incendie peut doubler toutes les 30 à 60 secondes, et que l’ajout d’un pompier par camion permettrait de réduire le temps d’intervention d’environ 6 minutes.
Le calcul est simple. Être présent dès ces premières minutes, c'est crucial pour optimiser l’efficacité des opérations. C’est tout l’intérêt d’avoir quatre pompiers dans le premier camion.
Effectif minimal recommandé
Selon Chris Ross, vice-président du 15e district de l’Association internationale des pompiers, les normes internationales recommandent un effectif minimal de quatre pompiers par camion.
Les études démontrent très clairement qu’en bas de quatre [pompiers], on n’arrive pas à compléter l’ensemble des tâches lors d’une intervention. On prend plus de temps pour accomplir celles dont nous sommes capables, dit-il. À la fin de leurs tâches, les pompiers ne sont plus capables de travailler, ils sont essentiellement à un point mort physique.
Chris Ross observe que ce problème n’est pas propre à Charlottetown, mais estime que cela n’empêche pas la Municipalité de viser à respecter les normes de base et de prioriser l’embauche de personnel plutôt que la construction d’une nouvelle caserne.
Qu’est-ce qui atteint les incendies et qu’est-ce qui sauve les vies? Ce ne sont pas les camions et les casernes, ce sont les pompiers, c’est la main-d’œuvre, dit-il. Ça demeure encore un métier très exigeant, très physique, qui nécessite une quantité importante de pompiers qu’on peut mobiliser.
Avec des renseignements de Laura Meader et de l'émission Le réveil Île-du-Prince-Édouard


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