Emilie* et Arthur* sont ensemble depuis vingt ans. Ils avaient respectivement 15 et 18 ans quand ils se sont rencontrés chez une amie commune et ils n’avaient jamais eu de relations sexuelles auparavant. Ils ont vécu leur «première fois» ensemble et ont construit leur vie à deux. Aujourd’hui, cette juriste de 35 ans et cet économiste de 39 ans originaires du canton de Fribourg ont deux enfants et sont mariés depuis huit ans. «N’avoir qu’un seul partenaire n’a jamais été une volonté de notre part, les choses se sont faites comme ça. On s’est connus très jeunes et on n’a jamais eu de pause dans notre relation. On est catholiques pratiquants, mais ce n’était pas une motivation en lien avec la religion non plus», retrace Emilie. Le couple a grandi et évolué ensemble, avec un désir commun de conserver une exclusivité sexuelle dans leur relation. «On se demande régulièrement comment améliorer notre couple, si on est toujours bien ensemble, etc. Mais comme ça fonctionne toujours, on ne va pas changer une équipe qui gagne!», dit-elle.
Emilie constate toutefois une différence de perception à ce sujet entre eux: son mari a plus de difficultés qu’elle à en parler avec autrui. «De mon côté, c’est assumé, j’en parle même aux personnes que je ne connais pas bien si cela se présente. Mon mari est moins à l’aise à l’idée que son entourage sache qu’il n’a connu qu’une seule femme», remarque-t-elle. L’intéressé confirme et constate un écart dans le regard social porté sur leur situation. «Je ne l’aborde pas facilement, car je ressens dans les cercles masculins que ce sujet du partenaire unique est plus tabou. Avoir eu plusieurs partenaires véhicule une image de succès, à l’inverse, n’en avoir eu qu’une peut sembler inhabituel, donc c’est un encore un sujet qui me met légèrement mal à l’aise. En revanche, si je dis que mon épouse n’a connu que moi, ce sera vu comme quelque chose de positif.»


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