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Après une soirée tardive marquée par plusieurs dizaines de témoignages témoignages devant le Conseil municipal, dont certains provenaient de personnes résidant en Californie, le maire de Vancouver, Ken Sim, dénonce ce qu'il qualifie d'obstruction, s’inquiète « d’une ingérence étrangère » et réclame au gouvernement provincial des changements pour empêcher que des citoyens étrangers puissent intervenir dans les débats municipaux.
Avez-vous déjà visité Vancouver?, demande le conseiller municipal de Vancouver Mike Klassen à une femme appelant de Californie pour s’exprimer sur un plan de rezonage de la ville de Vancouver.
Non, pas encore, répond celle qui dit s’être déjà exprimée lors des réunions d’autres conseils municipaux, notamment en Ontario. Elle n'était pas seule à ne pas avoir de lien avec Vancouver. Des dizaines d'autres personnes s’étaient inscrites pour donner leur avis sur le plan d'aménagement des Villages (nouvelle fenêtre) (en anglais) au Conseil de la Ville, mercredi soir.
Les audiences publiques sur un projet de zonage du plan d'aménagement officiel de Vancouver ont débuté le 14 juillet et se sont poursuivies du 20 au 22 juillet, tard en soirée.
Quand il y a des gens qui ne sont pas de ce pays, qui n'ont aucun lien avec nos pratiques gouvernementales, cela ressemble à une ingérence étrangère et c'est ainsi que je le perçois, estime le maire de Vancouver, Ken Sim.
C’est très bizarre [...] De tout mon parcours en tant que maire, je n’ai jamais vécu cela.
Prudent quant à l’utilisation du terme d’ingérence étrangère, le conseiller municipal et candidat à la mairie, Pete Fry, souhaite que les audiences publiques portent réellement sur le sujet en question et ne se résument pas à un simple appel à témoignages ouvert à tous.
Dans une lettre adressée au gouvernement provincial, le maire réclame donc un amendement à la Charte de la Ville pour limiter la possibilité de non-résidents canadiens de s’exprimer lors des audiences publiques.
Le maire Sim croit qu’autoriser des personnes qui n'habitent pas Vancouver à se prononcer revient à engorger le système démocratique.
Que demande Ken Sim à la province?
Faire de la résidence au Canada une condition d'admissibilité pour les membres du public souhaitant s'inscrire afin de prendre la parole lors d'audiences publiques et d'autres délibérations du Conseil.
Doter le Conseil du pouvoir de fixer les exigences raisonnables en matière de vérification et de procédure nécessaires à l'application de cette restriction.
Source : Lettre du maire Ken Sim au premier ministre de la province, David Eby, et à la ministre des Affaires municipales, Christine Boyle.
Dès jeudi, le Conseil municipal a donc modifié temporairement la procédure d'audience publique afin de placer les personnes ne résidant pas au Canada à la fin de la file d'attente des intervenants lors de l'audience publique. Le maire précise dans sa lettre que cette modification reste temporaire et que seule la modification de la Charte de Vancouver par la province peut rectifier la situation.
En réalité, tout le monde peut prendre la parole lors de ces audiences publiques, résume Max Cameron, professeur de sciences politiques à l’Université de la Colombie-Britannique.
En effet, la disposition de la Charte de Vancouver stipule que toute personne s'estimant concernée par le projet de règlement municipal aura la possibilité d'être entendue sur les questions visées par ce projet.
Un processus à moderniser
M. Cameron croit cependant que des changements s’imposent pour garantir le fonctionnement de la démocratie municipale. Il croit aussi qu’un processus de filtrage ou de vérification des personnes qui se manifestent pour prendre la parole devrait être instauré.
Je pense qu'il est raisonnable de dire que, dans la sphère publique, lorsque nous offrons aux citoyens la possibilité de participer au processus décisionnel, ils ne devraient pas être évincés par des voix extérieures à la ville.
Il croit également que le processus d’audience publique en lui-même est imparfait et doit être revu pour être plus efficace.
Au lieu d’organiser une série d’interventions individuelles devant le conseil municipal, mettons en place un format s’apparentant davantage à des tables rondes. Laissons de petits groupes de riverains se réunir pour débattre des enjeux, élaborer des recommandations et désigner des délégués, propose M. Cameron.
Avec des informations de Meera Bains


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