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«Une très très longue histoire» : le procureur de Mulhouse retrace le calvaire de l’enfant séquestré dans une camionnette

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Les gendarmes ont découvert le jeune garçon le 6 avril à Hagenbach (Haut-Rhin), après avoir été alertés par une habitante qui avait entendu des «bruits d’enfant» provenant d’une camionnette garée dans une cour.

Plus de pyjama ni de brosse à dents et des affaires jamais lavées... Le procureur de Mulhouse a livré mercredi des détails supplémentaires concernant la «très très longue histoire» de séquestration subie par un jeune garçon dans une camionnette en Alsace.

Pour sa première conférence de presse depuis qu'il a révélé l'affaire vendredi, le procureur de la République Nicolas Heitz a précisé que le père de l'enfant, poursuivi pour séquestration et privation de soins et d'aliments, encourait jusqu’à 30 ans de réclusion criminelle. L'homme de 43 ans, placé en détention provisoire, a reconnu les faits.

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Les gendarmes ont découvert le jeune garçon le 6 avril à Hagenbach (Haut-Rhin), commune de 800 habitants à quelque 20 km au sud-ouest de Mulhouse, après avoir été alertés par une habitante qui avait entendu des «bruits d'enfant» provenant d'une camionnette garée dans une cour.

L'enfant, «pâle et manifestement dénutri», était «couché en position fœtale, nu, recouvert d'une couverture sur un monticule de déchets et à proximité d'excréments», avait annoncé Nicolas Heitz dans un communiqué. Il est depuis hospitalisé à Mulhouse.

«Une très très longue histoire»

Mercredi, le procureur a donné des détails complémentaires concernant les déclarations des protagonistes, à commencer par celles de l'enfant, qui a évoqué «une très très longue histoire» en racontant son calvaire à des enquêtrices spécialisées. Vivant dans une famille recomposée, il a expliqué avoir eu «de très mauvaises relations» avec sa belle-mère, qu'il qualifiait «de sa pire ennemie et de méchante» et qui voulait l'interner dans un hôpital psychiatrique.

Son père «a dû» alors le «mettre dans la camionnette» en septembre 2024 car il «n'avait pas le choix», a poursuivi l'enfant, disant ne pas vouloir aller vivre chez sa mère, souffrant de problèmes psychologiques. Son «père lui apportait de l'eau et de la nourriture deux fois par jour, en général des aliments froids», a-t-il encore raconté. Il disposait d'un baluchon de vêtements et devait uriner dans des bouteilles vides.

Son père vidait régulièrement les déchets. Mais le garçon a dit aussi «que son papa ne lui lavait plus les vêtements et qu'il n'avait plus de pyjama». Il dormait sur un matelas et n'avait plus de brosse à dents. Dans sa chambre, ses jouets étaient rangés dans un carton.

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Les grands-parents paternels ont de leur côté décrit le petit garçon comme «dur», «qui faisait des crises, ayant probablement mal vécu la séparation de ses parents et l'hospitalisation de sa mère», selon des affirmations rapportées par Nicolas Heitz. Sa sœur, âgée de 12 ans, a précisé que son petit frère «avait changé de comportement» quand son père s'était installé avec sa nouvelle compagne, «en devenant violent et en proférant des insultes, notamment contre sa belle-mère».

«Je n’en peux plus»

«Elle pensait que son frère avait été interné, sans savoir où, à l'automne 2024», a dit le procureur. Une ancienne voisine a aussi entendu la belle-mère de l'enfant dire à son conjoint, «si tu ne fais rien, c'est moi qui vais placer ce gosse parce qu'il est intenable, je n'en peux plus», a-t-il encore relaté.

La belle-mère âgée de 37 ans, encourt sept ans de réclusion pour non-assistance à mineurs de (moins de) 15 ans en danger et non-dénonciation de mauvais traitements et privations infligées à mineurs de (moins de) 15 ans. Elle nie les faits. Également entendue, la mère de l'enfant a reconnu avoir été hospitalisée en psychiatrie entre mai 2022 et janvier 2024. Le couple s'est séparé définitivement en octobre 2022.

En octobre 2024, elle a saisi la justice d'une demande d'exercice de l'autorité parentale et s'est vue accorder en mai 2025 un droit de visite à l'égard des enfants en présence de tiers professionnels, sans avoir pu, selon elle, exercer ce droit. Les investigations en cours permettront de déterminer le niveau de responsabilité de chacun et, éventuellement, de savoir si d'autres personnes ont pu avoir connaissance de la situation de l'enfant sans lui porter secours.

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