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En Colombie-Britannique, les travailleurs de l'industrie du film et de la télévision demandent à Ottawa de modifier sa façon de calculer le Crédit d'impôt pour services de production cinématographique. Selon eux, ce crédit d’impôt rend l'industrie canadienne du film moins compétitive à l'échelle internationale.
La section locale 891 de l'Alliance internationale des employés de scène de la Colombie-Britannique a lancé une pétition (nouvelle fenêtre) pour appuyer la demande cette semaine.
Dans leur pétition, les membres du syndicat critiquent la formule de réajustement à la baisse du crédit d’impôt fédéral en disant qu’elle réduit la valeur combinée des mesures incitatives fédérales et provinciales .
Selon Crystal Braunwarth, représentante du milieu des affaires pour le syndicat, l’aide fédérale à la production cinématographique devrait s’additionner, au taux de 16 %, à notre aide provinciale pour les films [de 36 %]. Mais ce n’est pas le cas .
À la place, on finit par perdre 5 à 6 % du crédit d’impôt fédéral, ce qui affecte notre compétitivité , et le taux fédéral finit par être de 10 ou 11 %.
D’après le syndicat, la formule de réajustement à la baisse du crédit d’impôt est en cause. Cette méthode de calcul vient réduire les dépenses de main-d’œuvre admissibles d’un montant équivalent à l’aide fiscale provinciale à la production.
Mme Braunwarth soutient qu’avec la pétition, le syndicat veut non seulement aider la province à être plus compétitive à l'échelle internationale, mais souhaite aussi appuyer le Canada en ce sens.
Dans l’exercice financier 2024-2025, l’industrie du film et de la télévision soutenait 181 360 emplois, selon un rapport de la Canadian Media Producers Association (CMPA) qui représente les producteurs canadiens. L'industrie a également contribué 12 milliards de dollars au PIB canadien.
Sans changement, le pays risque de perdre des parts de marché dans l’industrie du film et de la télévision, ce qui signifie moins d’emplois, croit Mme Braunwarth : Le Canada perd activement des productions [cinématographiques] au bénéfice d’autres pays à cause de cette formule.
Omari Newton, chef du département d'interprétation à la Vancouver Film School, constate que d’autres facteurs expliquent cet exode des productions vers d’autres pays. Désormais, c'est surtout la tension entre les États-Unis et le Canada, dit-il.
Toutefois, malgré la tension entre les deux pays, le Canada garde un avantage. Le dollar américain vaut plus que le dollar canadien, c’est encore moins cher pour une production américaine de tourner ici , explique Omari Newton.
L’industrie a subi d’autres coups ces dernières années, en raison de la pandémie de COVID-19, puis de la grève des scénaristes, en 2023, rappelle M. Newton.
Les gens pensent que seuls les acteurs ou des gens travaillent sur les tournages, mais [les producteurs] louent des espaces, ont besoin de maquillage, de costumes. Cela génère beaucoup de revenus quand des films tournent ici.
Pour le moment, la pétition de l'Alliance internationale des employés de scène de Colombie-Britannique a reçu le soutien du député libéral de Burnaby-Centre, Wade Chang.
Dans un courriel, le ministère des Finances du Canada dit accueillir les points de vue de diverses parties prenantes, allant des associations de défense des droits aux organisations professionnelles, afin de contribuer à l'élaboration de politiques et de programmes.
Cela étant dit, il ne serait pas approprié que le ministère spécule sur tout changement éventuel ou envisagé en matière de politique fiscale, y compris en ce qui concerne le Crédit d'impôt pour services de production cinématographique.
Le gouvernement du Canada procède à un examen continu du système fiscal, affirme le ministère.
Avec les informations de Poornima Francis


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