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Une patrouille mixte sera bientôt déployée dans la communauté innue d’Ekuanitshit. Elle réunira des agents de la Sûreté du Québec (SQ) et de la Sécurité publique de Uashat mak Mani-utenam (SPUM).
Cette entente d’un an, qui a été signée par le chef d’Ekuanishit et les deux corps policiers, pourrait être renouvelée si toutes les parties donnent leur accord.
C’est le ministre de la Sécurité intérieure du Québec, Ian Lafrenière, qui a annoncé la signature de l’entente sur les réseaux sociaux vendredi.
Il s’agit de la première étape d’un projet visant à offrir des services policiers plus culturellement sécurisants, dans la région, écrit-il. C’est tous ensemble qu’on réussira à mieux lutter contre le crime organisé sur la Côte-Nord.

Le ministre Ian Lafrenière ainsi que Carl Jourdain, directeur du service de Sécurité publique de Uashat mak Mani-utenam. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Nicolas Bougeard
Une solution immédiate
L’entente avait été validée par le Conseil des ministres en juillet. Il ne manquait plus que l’accord du conseil de bande d’Ekuanitshit, qui refusait de la signer.
Le conseil demandait d’abord un engagement formel de Québec pour remettre en place un corps de police local dans la communauté.

Le chef Jean-Charles Piétacho continue parallèlement ses efforts pour qu’Ekuanitshit puisse avoir de nouveau son propre corps de police à long terme. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Même si cette demande n’a jamais été acceptée par le gouvernement, le chef d’Ekuanitshit, Jean-Charles Piétacho, a indiqué samedi que l’entente de collaboration a finalement été signée en raison des besoins de la communauté.
À ses yeux, il s’agit d’une solution immédiate et temporaire.
Il y a comme une intransigeance à une politique établie, puis qui semble être imposée à des communautés. Pour le moment, nous, on le refuse.
Il rappelle l’intervention tendue d'agents de protection de la faune en février dernier, qui impliquait aussi des policiers de la SQ.
Ils avaient alors encerclé un chalet du secteur d’Ekuanitshit à la recherche d’une carcasse de caribou forestier. Une membre de la communauté a été blessée à l'œil lors de cette opération.
Une entente sous-financée, selon le chef
Jean-Charles Piétacho raconte que la communauté d’Ekuanitshit avait son propre service de police, qui a dû être fermé en 2008 après plusieurs années de sous-financement.
Pourtant, il affirme que la situation demeure la même : l’entente de collaboration entre la SPUM et la SQ ne prévoit pas de financement supplémentaire pour soutenir les agents qui viendront patrouiller à Ekuanitshit.
Selon lui, les corps policiers qui ont signé devront donc puiser dans leur propre budget pour assurer le service à la communauté, ce qui inclut la SPUM.
C’est un des problèmes qu’on rencontre actuellement, constate le chef. On doit trouver des modalités de patrouilles pour la SPUM malgré que le financement n’est pas au rendez-vous.
Il est néanmoins reconnaissant envers le corps policier autochtone d’avoir permis de mettre en place rapidement une solution avec la SQ. Je pense que les gens apprécient le fait que la SPUM, maintenant, viendra, estime-t-il.


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