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« J'ai grandi ici et j'ai amené ma fille d'Ottawa pour qu'elle puisse les voir ». Bien que le détaillant historique, La Baie d'Hudson, ne soit plus en activité, les installations festives de ces anciennes vitrines au centre-ville de Toronto sont de retour. Les passants s’en réjouissent.
Sa fille Éloïse dans les bras, Jaason Geerts admire les décorations festives de la devanture de l'ancien magasin La Baie au coin des rues Yonge et Queen. Je suis tellement heureux que cette tradition se perpétue, dit-il.
Accompagnée de ses deux filles, Amye St. John contemple aussi les jouets miniatures disposés telle une scène de spectacle immobile. Même si ce n'est pas comme la Baie d'Hudson, d’autrefois, c'est amusant.
Le trio montre un objet ou un autre du bout des doigts. Par moments, des sourires foisonnent. J'adorais venir ici , raconte Mme St. John. Je ne pense pas avoir amené mes enfants depuis très longtemps, mais c'est agréable... Jusqu'à présent, elles s'amusent bien, dit-elle.
La mère de famille sonde l’opinion de ses filles : Vous vous amusez bien?
Ces dernières acquiescent. J’aime ces petites choses, c’est très Noël, dit l’une d’elles.
Dans un courriel adressé à Radio-Canada, la compagnie propriétaire des locaux désormais vacants, Cadillac Fairview, se dit fière de contribuer à faire revivre l'expérience des vitrines des Fêtes dans l'ancien bâtiment de la Baie d'Hudson et d'honorer une tradition torontoise chère à tous. L’entreprise indique vouloir transformer cet espace historique en une plateforme marketing accessible aux marques et aux organismes caritatifs durant toute l'année.
J’aimerais voir des installations artistiques. S’il vous plaît, faites-le! . Mme St. John avoue prêcher pour sa paroisse et lance un cri de cœur. Je suis artiste, donc j’ai un parti pris.
Donnez-le aux artistes, ne leur faites même pas payer. Laissez-les simplement s'amuser, ce serait génial.
Je pense qu'ils pourraient l'utiliser pour toutes sortes d'événements, comme le festival du film ou d'autres fêtes, ce serait formidable pour les touristes et les résidents, estime M. Geerts.
Alex Floris est d’ailleurs un touriste du Mexique. Il s’est arrêté pour regarder les éléments de décor de la devanture de l’ancien magasin. Les couleurs, les lumières sont vraiment intéressantes à regarder pendant un moment, dit-il. Il ajoute que c'est attrayant pour les enfants.
Même son de cloche pour le Torontois Sebastian Guglietti qui observe les vitrines en marchant. Ça a l'air très festif et ça a probablement demandé beaucoup de travail, pense-t-il.
L'origine des vitrines festives
Gilles Huot, guide à la Société d'histoire de Toronto, explique que cette tradition remonte à des siècles et est profondément ancrée. Les premiers grands magasins à faire ça [en Europe] étaient les magasins à Paris, comme Le Bon Marché et les Galeries Lafayette [...] l'idée c'est justement d’attirer le regard.
On met beaucoup de couleurs, des petits personnages. On a des automates aussi, jusqu'à un certain point [...] On a électrifié les choses au cours du dernier siècle […] Et puis les grands magasins dans les derniers 20 ans ont perdu beaucoup de plumes comme on dit.
M. Huot note qu'à Paris, encore aujourd'hui, des files de gens attendent pour voir ces vitrines, ce qui explique pourquoi Toronto souhaite perpétuer cette expérience, point de convergence entre le commerce et l'émerveillement public.
Quand j’étais enfant, mes parents nous emmitouflaient dans nos manteaux d’hiver pour aller voir les vitrines , dit-il, rappelant les périodes de gloire des vitrines festives.


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