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L’industrie albertaine des jeux vidéo continue d'avoir du succès, mais la situation est différente au Canada et ailleurs alors que les mises à pied se succèdent et les investissements se font plus timides.
D’après Ronnie Villanueva, spécialiste des médias numériques et de la technologie pour Edmonton Screen, on assiste à un rééquilibrage du secteur.
Les studios indépendants albertains ont le vent en poupe
Dans ce contexte général de l’industrie du jeu vidéo, Isaël Huard, fondateur franco-albertain de Cadera Interactive croit que le momentum est une très belle opportunité pour les studios indépendants, car leurs projets sont moins dispendieux, donc moins risqués pour les investisseurs.
Les studios indépendants se différencient dans le style artistique. Alison Czarnietzki de Game Camp Edmonton et directrice générale du studio Only By Midnight est convaincue que les studios indépendants élargissent les imaginaires et les narratifs par rapport aux jeux à gros budget.
Les jeux indépendants sont moins soumis aux dynamiques de marché et peuvent développer des histoires puissantes et magnifiques.
Jawdat Toume a créé Daisy Chain Games avec quatre amies. Pour elle, intégrer ce marché [des jeux vidéo] et se faire une place est très difficile. Surtout quand autant de jeux sortent chaque jour : La plateforme Steam sort 25 jeux nouveaux par jour! déclare Alison Czarnietzki.
Edmonton Screen, Alberta Interactive, Game Camp Edmonton, ces gens sont géniaux et m’ont grandement aidé dans la création de mon studio. On a de la chance en Alberta d'avoir cette communauté.
Elle tient toutefois à souligner à quel point la communauté à Edmonton et en Alberta a joué un rôle important dans son entreprise.
Le secteur est confronté à la fuite des cerveaux
Professeur à l’Université NAIT à Edmonton, Kyle Kulyk voit passer sur les bancs de sa classe les futurs talents des studios albertains. S’il reconnaît que l’Alberta représente un incubateur du secteur pour le Canada, il regrette amèrement que beaucoup doivent quitter la province pour trouver du travail.
Les étudiants diplômés qui ne trouvent pas d’emploi tout de suite ont deux choix : quitter le milieu des jeux vidéo ou bien quitter la province pour aller en Colombie-Britannique ou au Québec. C'est très dommage, car l'Alberta a misé sur ces talents et ce sont nos impôts qui y ont été investis!
M. Kulyk est persuadé que, si l’Alberta avait une politique culturelle pour attirer des studios, les cerveaux cesseraient de fuir vers l’Ontario ou la Colombie-Britannique qui proposent un crédit d’impôt respectivement de 40 % et 25 %.
Le retour du crédit d’impôt, une voie possible?
Parmi les pistes envisagées pour endiguer cette fuite des cerveaux, plusieurs intervenants appellent au retour du crédit d’impôt, basé sur les dépenses salariales.

En septembre 2025, la Colombie-Britannique a fait passer son crédit d'impôt pour les studios de jeux vidéo de 17,5 % à 25 % pour rendre la province plus attrayante. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Olivier Croteau
À l’instar de Ronnie Villanueva d’Edmonton Screen ou Alison Czarnietzki de Game Camp Edmonton, beaucoup de gens y voient l’occasion de rendre le secteur plus attrayant pour les travailleurs et les entreprises. Quand ce crédit d’impôt a été instauré en Alberta, en un an seulement, on a vu des studios s'installer ici ou d’autres s’étendre encore davantage, affirme Kyle Kulyk.
Ces derniers regrettent que le gouvernement de Danielle Smith ait supprimé ce crédit d’impôt en 2019, lui préférant des partenariats et des investissements stratégiques, une manière plus durable et pérenne de soutenir le secteur, selon le ministre de l’Innovation, Nate Glubish.

En 2022, trois ans après la suppression du crédit d'impôt, Danielle Smith a confié au ministre de la Technologie et de l'Innovation, Nate Glubish, le soin de penser à son possible retour.
Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos
D’autres voix soutiennent que le retour d’un crédit d’impôt n’est pas forcément la politique publique la plus efficace pour le secteur.
Comme un crédit d’impôt repose sur les dépenses, Isaël Huard a peur que cette politique n’avantage que les plus dépensiers du secteur, donc les grandes entreprises et non pas les studios indépendants.
C’est également la réponse que le ministre de la Technologie et de l’Innovation, Nate Glubish, a envoyée à Radio-Canada. Dans un communiqué, il stipule que le gouvernement albertain porte une stratégie de garder les impôts aux taux les plus bas pour tout le monde et laisser les entreprises rivaliser entre elles. Le secrétariat du ministre voit d’un mauvais œil la dépendance créée entre la création d’emploi et une subvention gouvernementale.
Quoi qu’il en soit, les acteurs dans le secteur restent confiants. Ronnie Villanueva prend en exemple le Sommet nord-américain de l’Industrie des jeux vidéo (nouvelle fenêtre) qui a choisi Edmonton pour sa prochaine édition, les 18 et 19 juin 2026. Un signe de plus que l'industrie dans la province a une grande portée.


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