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Une nouvelle coalition formée d'agriculteurs, de groupes environnementaux de communautés autochtones ainsi que de communautés rurales s’oppose au projet de capture et de stockage du carbone de l’Alliance des sables bitumineux, anciennement Alliance nouvelles voies.
Le groupe nommé No CO2 Pipelines Alberta s’inquiète notamment de la sécurité de ce projet de capture carbone dans le nord de l’Alberta, explique Nigel Robinson, coordonnateur de l’engagement communautaire des Gardiens de l’eau et membres de la communauté autochtone de Cold Lake.
Nous partageons des inquiétudes par rapport à la sécurité en cas d’explosion et de fuite dans nos terres et notre eau, dit-il.
Il ajoute que le manque de consultation, l’absence d’étude d’impact environnemental et des demandes de milliards de dollars en subventions provenant de six entreprises profitables, dont la plupart sont américaines, font aussi partie des aspects litigieux.
Il précise que le futur site de capture et de stockage carbone s'étend sur le territoire des autochtones des Traités 6 et 8.
Pour Amil Shapka, détenteur d’une propriété à proximité du tracé, le projet de l’Alliance des sables bitumineux est une mauvaise idée.
Transformer une zone qui fait trois fois la taille de l’Île-du-Prince-Édouard en la plus grande décharge de carbone met notre eau et nos communautés à risque. Ça vaut la peine de se battre et on va se battre .
Penny Fox, une propriétaire foncière dans le comté de Saint-Paul à environ 200 km au nord-est d’Edmonton, qualifie l’Alliance de déconnectée et irrespectueuse . Elle se rappelle s’être intéressée au projet lorsque des gens se sont rendus dans le voisinage pour demander l’accès aux terrains.
Toutefois, elle soulève qu’à une exception près, la communauté n’est pas informée de ce qui pourrait bientôt être développé sur son territoire.
[L’Alliance] nouvelle voie a complètement disparu, elle n’a pas de présence communautaire, elle ne tient pas de rencontre et elle n’a pas fait d’envoi postal, clame-t-elle.
Le vice-président de l’Union Nationale des fermiers, Glenn Norman, note que l'on s’attend à ce que nous les fermiers, ainsi que les Premières Nations et les communautés rurales, acceptions tous les risques
En cas de bris, nous serons asphyxiés et empoisonnés .
Anna McIntosh, une avocate travaillant pour Ecojustice, explique que le plan de l'Alliance des sables bitumineux n’est pas évalué dans son ensemble, puisque le projet aurait été fragmenté en une soixantaine de portions.
Elle illustre la chose en disant que c’est comme approuver un avion en analysant ses ailes et le moteur, sans confirmer si l’avion peut voler ou non.
L’avocate revendique qu’il est absolument nécessaire que le gouvernement fédéral exige une évaluation d’impact [environnemental] fédéral.
Selon elle, il y a un grand potentiel de conflit puisque les communautés autochtones affirment avoir les droits sur les souterrains alors que [le gouvernement de l’Alberta] croit avoir ces droits .
Les réactions du gouvernement
Le ministre provincial de l’Environnement, Grant Hunter, croit que le développement de ce projet de capture carbone et le pipeline qui y est associé sont sécuritaires et que les inquiétudes des populations touchées seront prises en considération.
Par contre, il observe que la majorité des Albertains et des Canadiens veulent que l’on construise de grandes choses, si nous ne le faisons pas, les États-Unis vont le faire.
Rajan Sawhney, la ministre des Relations autochtones, assure que le projet est soutenu [par les communautés autochtones] puisqu’il fait partie de protocole d’entente énergétique et cadre avec le pipeline vers la côte ouest, qui a un soutien énorme.
Même s’il reconnaît l’importance de ce type d’initiative pour décarboner le secteur pétrolier, le chef de l’opposition officielle, Naheed Nenshi, clame que le gouvernement n’a pas consulté les peuples autochtones.
Sa collègue du caucus néo-démocrate et porte-parole en matière d’énergie, Nagwan Al-Guneid, a d’ailleurs souligné que l’Agence de réglementation de l'énergie et le gouvernement doivent faire des consultations robustes avec les communautés autochtones pour s’assurer de respecter le droit des traités.
Rejoint par courriel, l’Alliance des sables bitumineux a souligné que la capture et le stockage de carbone est une technologie éprouvée et que l’Alberta a de l’expérience dans ce genre de projets.
Le conglomérat affirme consulter les communautés autochtones et rurales touchées depuis 2023. Il indique que des séances ont eu lieu à Fort McMurray, Lac la Biche et Bonnyville l’année dernière et que d’autres sont à venir dans la prochaine année.
Avec les informations de Alice Burgat, Janet French et Vincent Mcdermott


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