Sur le champ de bataille moderne, celui qui frappe le plus loin et le plus précisément dicte les règles du jeu. Consciente de cet enjeu crucial, la France a discrètement accéléré la modernisation de son artillerie. Le fruit de cette ambition vient d’être dévoilé : le FLP-T 150. Ce système de lance-roquettes nouvelle génération, fruit d’une alliance entre les géants ArianeGroup et Thales, promet non seulement de décupler la puissance de feu de l’armée de Terre, mais surtout de lui offrir une indépendance stratégique totale vis-à-vis de Washington.
Une frappe chirurgicale au-delà des lignes ennemies
Fini le temps où l’artillerie se contentait de pilonner la ligne de contact. Le cahier des charges du FLP-T 150 (pour Frappe Longue Portée Terrestre) est clair : il doit pouvoir anéantir des cibles stratégiques situées à 150 kilomètres de distance. Dépôts de munitions, postes de commandement ou systèmes antiaériens adverses, rien ne doit échapper à son rayon d’action.
Pour réaliser cette prouesse, ArianeGroup s’est appuyé sur son expertise spatiale. Les munitions tirées par ce système atteindront des vitesses faramineuses, calquées sur les technologies des missiles balistiques. Thales, de son côté, apporte la finesse du guidage : malgré la distance et d’éventuels brouillages électroniques massifs, la roquette est conçue pour frapper sa cible avec une marge d’erreur d’à peine un mètre.
S’affranchir de la tutelle américaine (la norme ITAR)
Au-delà de la performance purement balistique, la véritable révolution de ce projet est politique. Historiquement, de nombreux équipements militaires européens intègrent des composants électroniques américains. Cela les soumet à la redoutable norme ITAR (International Traffic in Arms Regulations), qui donne à Washington le droit de veto sur l’exportation ou l’utilisation de ces armes.
Le FLP-T 150 a été pensé dès le premier coup de crayon pour être « ITAR-free ». En développant une architecture électronique et matérielle 100 % européenne, la France s’assure une totale liberté d’action sur les théâtres d’opérations et s’ouvre d’immenses perspectives pour l’exportation de son matériel sans avoir à demander l’autorisation au Congrès américain.
150 kilometres. Controlled range.
ArianeGroup, in partnership with @Thalesgroup, is developing the FLP-T 150 rocket, capable of reaching 150 km.
✔️ Sub-decametric precision
✔️ Resilience in jammed environments
✔️ ITAR-free solution
✔️ Mobile and scalable system
First… pic.twitter.com/vBOTKQa9Ed
— ArianeGroup (@ArianeGroup) March 10, 2026
Une course armée à 600 millions d’euros
Sur le terrain, la mobilité sera le maître-mot. Le système reposera sur des modules conteneurisés montés sur des camions blindés 8×8. Cette conception permet de tirer une salve de plusieurs roquettes, puis de recharger en un temps record grâce à des blocs modulaires, tout en changeant rapidement de position pour éviter les tirs de contre-batterie.
Le calendrier est d’ores et déjà extrêmement serré. Alors qu’un premier prototype fonctionnel est attendu pour ce premier semestre 2026, l’enjeu financier est colossal. L’État français prévoit d’investir 600 millions d’euros pour acquérir au moins 13 lanceurs d’ici 2030, afin de remplacer ses vieillissants Lance-Roquettes Unitaires (LRU).
Mais le duo ArianeGroup-Thales n’a pas encore gagné la partie. Le ministère des Armées, qui rendra son verdict final dans les mois à venir, étudie également le projet concurrent « Thundart » porté par MBDA et Safran, sans s’interdire de regarder du côté des HIMARS américains ou du Pinaka indien. La bataille pour la souveraineté de l’artillerie française ne fait que commencer.


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